Isla chiloé




du 14/01/18 au 29/01/18
15 jours - 1440 km



Voilà, nos jours de repos au Parc Lanín se terminent. Nous quittons l’Argentine pour un petit moment. Dans la matinée du 14/01, nous passons au Chili qui attend avec ferveur le Pape, venu en visite dans cette région pour quelques jours. Aïe !!! Il va y avoir beaucoup trop de monde à notre goût !!! Alors changement de programme, on file à Isla Chiloe et on remontera gentiment par la région des lacs. 





Une petite halte déjeuner pour admirer au passage le Volcan Villarica et nous prenons l’autoroute pour avaler les kilomètres. A la nuit tombée, nous arrivons à Pargua, à l’embarcadère du ferry. Trop tard pour passer de l’autre côté du Canal de Chacao ! Nous restons dormir sur le parking profitant ainsi d’un beau coucher de soleil sur l’Île en face de nous.






Il ne faut qu’une trentaine de minutes pour rejoindre l’île dans la matinée. Il fait un temps superbe et on espère de tout cœur que cela va continuer ainsi, le temps de notre séjour. Nous n’avons pas vraiment planifié d’itinéraire, sachant que la météo guidera notre route. En effet il pleut dans cette région une moyenne de 300 jours par an !!! De toute façon, la pluie ici fait autant partie du charme de l'île que ses maisons colorées, ses côtes déchiquetées, ses églises en bois ou encore ses mythes et légendes, alors...


¡Vamos a Isla Chiloé !




Isla Chiloé est la seconde plus grande île de l’Amérique du Sud après la Terre de Feu. Elle fait partie d’un archipel regroupant plus d’une trentaine d’îles, dont la Grande Île de Chiloé (Isla Grande Chiloé). L’île est dotée d’un climat de type océanique, humide et frais avec peu de différence entre été et hiver. Il existe cependant une différence entre la partie occidentale de l'île, côté Pacifique, plutôt pluvieuse et qui abrite la forêt valdivienne, l'une des rares forêts pluviales, et la partie orientale de l'île, protégée des pluies par la chaîne de montagnes centrale, avec un climat plus chaud et plus sec.

Chiloé est l’adaptation espagnole du terme chillwe, qui est un mot Mapudungun, la langue des Mapuches, et signifie « lieu de Chelles ». Les chelles sont des oiseaux blancs à tête noire, très communs sur les plages de l’archipel, semblable aux sternes de chez nous.​





Dès notre arrivée nous tombons sous le charme de l’île : des maisons colorées entièrement faites de bardeaux de bois en forme d’écailles de poissons, des plages et des routes escarpées qui nous rappellent un peu l’île de Madère. Après quelques kilomètres, nous atteignons Ancud, une des principales villes de l’île, avec Castro.





Ancud fut autrefois une riche bourgade aux élégantes demeures, dotée d'une voie de chemin de fer. Malheureusement, elle fut détruite par le tremblement de terre de 1960, ne laissant aujourd’hui que peu de bâtiments anciens. Dès notre arrivée, nous sentons que l’île a été aussi touchée par la crise économique, laissant dans la rue, des hommes et des femmes alcoolisés et clochards. Malgré cela, il fait bon arpenter ses ruelles escarpées, sa place principale avec son kiosque à musique et ses gargotes, sans oublier son marché couvert.





Après une première visite de repérage de la ville, nous décidons de pousser jusqu’au Faro Corona, espérant y trouver un bivouac plus sauvage et authentique. Construit par l'ingénieur danois Siemsen, ce phare haut de 9.50m et situé à Punta Corona fut mis en fonction en 1859. Un petit musée en explique l'histoire et surtout, il est possible de grimper au pied de sa lampe afin d'admirer le Canal de Chacao et les côtes déchiquetées par les vagues du Pacifique. Aujourd'hui, une station météorologique, installée dans l'enceinte du phare permet de surveiller le chenal et d'alerter en temps réelle la navigation. Malheureusement, il n'est pas possible d'y passer la nuit. Nos recherches vont nous amener jusqu'à Puñihuil.






La route traverse le petit village de Quetalmahue. Ici, on vit principalement du ramassage des algues qui sont ensuite séchées et vendues à l'industrie pharmaceutique et cosmétique asiatique. Il est fréquent de voir les algues sécher au bord des routes.




En arrivant à Puñihuil, c'est mieux que ce que l'on pouvait espérer !!! Nous découvrons un petit village les pieds dans l'eau. Seul issue pour rejoindre le petit parking on nous pourrons bivouaquer : passer un gué et longer la mer par la plage !!! Le soleil se couche nous offrant un beau panorama.

Des pêcheurs proposent des sorties en mer pour aller voir les manchots de Humbolt. Leurs tarifs nous en coupent rapidement l'envie ; de plus la mer est un peu agitée. Ce sera donc balades sur la plage et dans les rochers et grimpette jusqu'au mirador. Nous y serons récompensés par une vue panoramique sur le village et les collines environnantes. 






Située en Patagonie, l’archipel fut longtemps isolé et inaccessible.  Habité par les Chilotes, fruit d’un métissage entre les Chonos et les Mapuches Huilliches, il fut colonisé par les espagnols dès 1567. Environ 12000 chilotes occupaient l’île, vivant de la culture de la pomme de terre, du maïs et du quinoa. Ils pratiquaient aussi la pêche et le ramassage des fruits de mer. Après les guerres d’indépendance du Chili, Isla Chiloé devint un territoire chilien, et fut intégrée à la Xème Région de Los Lagos.






En 1608, les missionnaires jésuites arrivent dans l'archipel de Chiloé. Ils doivent faire de longs voyages afin de visiter annuellement les paroisses de l'archipel, pour ne séjourner finalement que quelques jours en chacune. Bien accueillis par les autochtones, ils fondent des communautés chrétiennes confiées durant leur absence à des laïcs (appelés « fiscaux »), chargés de la vie spirituelle de leur paroisse comme de l'organisation matérielle. Ils ont également un rôle civil reconnu par les autorités coloniales.
 
Sous la direction des jésuites, les Huilliches vont  construire  leurs églises paroissiales, choisissant dans leurs forêts le bois qui leur semble convenir le mieux. Ces églises, lieux de rassemblement de la communauté,  sont des exemples exceptionnels de l'intégration harmonieuse des traditions européennes et indigènes et qui donna forme à un style architectural unique de constructions en bois. 

Aujourd’hui, Il existe sur l'île une « école chilote d'architecture religieuse en bois ». Depuis 1990, le gouvernement chilien alloue également un budget pour la restauration des églises confiée aux artisans locaux. En 2000, seize de ces églises en bois sont inscrites sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO.




l'église de Quemchi



Pendant quelques jours, nous allons partir à la découverte de ce riche patrimoine. Depuis Puñihuil, nous retraversons l'île pour rejoindre la côte et la charmante ville de Quemchi. Le ciel est un peu menaçant mais toujours pas de pluie !!! Nous nous posons au petit port et en profitons pour goûter nos premiers empanadas aux fruits de mer. Puis nous partons visiter la ville.

Le nom de la commune qui signifie « terre argileuse », apparait pour la première fois dans un document de 1810. La ville s’étend le long  du canal de Caucahue et fait face à l’île du même nom. On peut y admirer une des plus petites églises de l'Isla Grande aux ravissantes couleurs éclatantes. Malheureusement lors de notre passage, elle est fermée et personne ne trouve la clé pour que nous puissions la visiter. Quemchi est aussi le lieu de naissance de l'écrivain chilien Francisco Coloane (1910-2002), prix national de littérature ; un buste à son effigie se trouve sur la place principale de Quemchi.









L’étape suivante se fera à Isla Aucar située à proximité de la ville de Quemchi. Également appelée la "isla de las almas navegantes", cette petite île, accessible par un pont un peu de guingois, abrite un jardin botanique on l’on retrouve plusieurs espèces de plantes et d’arbres endémiques de la région. Au milieu de l’île trône une charmante petite église en cours de rénovation et un cimetère tout en couleurs.





La route qui mène à Dalcahue, traverse de charmants petits villages nichés dans une campagne verdoyante. Nous faisons un détour jusqu'au hameau de Colo pour y visiter l'église, une fois de plus fermée et le gardien des clés est absent, puis une halte à Quicavi, et pour finir un petit détour à Tenaù. 



l'église Saint-Antoine de Colo

entre Colo et Quicavi

Quicavi



La suite, c'est pour bientôt !!!