La Carretera Austral

DU 17/12 AU 20/12/17
4 jours - 757 km




Le 17/12, nous revoici au Chili. Nous passons la douane à ChileCito, un dimanche et nous tombons en pleine dégustation de chupa chup !!! Autant dire que notre arrivée se fait dans la détente et la sympathie. La  ville n’a pas  grand intérêt, si ce n’est celui d’acheter des fruits et légumes. Et oui, messieurs et mesdames les douaniers, nous avions tout mangé avant !!! Les stands du petit supermarché ne font vraiment pas envie, mais il faut bien manger. Surtout que là où nous allons, il n’est pas sûr que nous trouvions quelques verdures à brouter !!!

Pendant plusieurs jours, nous allons sillonner la mythique Carretera Austral ou Ruta 7. Première étape Puerto Rio Tranquilo au bord du Lago General Carrera ; puis nous descendrons jusqu'à Caleta Tortel pour remonter ensuite jusqu'à Chaiten, porte d'entrée pour Isla Chiloe.





Une fois les réserves faites, nous prenons la direction de Puerto Rio Tranquilo. Nous allons longer le Lago General Carrera, qui n’est en fait que le prolongement du Lago Buenos Aires, mais qui change de nom selon de quel côté de la frontière on se trouve. Ce lac, de 1850 km², alimenté par les glaciers, est le deuxième plus grand lac d'Amérique du Sud, après le Lac Titicaca. La géologie de ses côtes est très variée, comprenant entre autre un socle datant du Paléozoïque, qui par les niveaux de calcaire métamorphisés sont devenu du marbre.


C’est parti pour 180km de ripio,  dans des conditions pas toujours confortables. Nos amis les Globe-Trotter du Doubs, nous en ayant dressé le portrait, nous nous attendons au pire !!!






En tous cas, les paysages sont à couper le souffle. Nous longeons d’abord la Laguna Verde, puis la route commence à serpenter, s'accrochant desespérément à la paroi rocheuse qui surplombe le lago.




vue sur le Lago General Carrera en arrivant à Puerto Rio Tranquilo




Il est déjà bien tard quand nous arrivons à Puerto Rio Tranquilo. Le vent souffle un peu, beaucoup et nous trouvons une place entre les bus devant les boutiques d’excursions. Pas glamour comme bivouac mais pour une nuit cela le fera. Nous partons voir le patron du restaurant El Condor, qui d’après des recommandations, est  un des meilleurs pour nous emmener voir l’attraction du coin : Les Capillas de Marmol !!! Le rendez-vous est pris pour 8H le lendemain matin.

Le lendemain, debout à 6h (pfff!!! ce n’est pas les vacances !!!) afin d'être prêt pour notre sortie. Nous sommes 7 touristes plus le pilote et un aide. On enfile les gilets et hop, hop, hop !!! On trace jusque sur le site à environ 1/4h de navigation sur le lago Général Carrera. Il fait bien frisquet ce matin et nous nous collons les uns aux autres.



Les capillas en images (enlever le pointeur de l'image pour permettre le défilement des photos)


Le site est magnifique, malheureusement, ici c'est l'usine et nous ne savons pas si c'est particulier à notre guide, mais nous n'avons aucune explication sur ces formations géologiques. C'est la course, à qui rentrera le plus vite possible pour pouvoir repartir encore plus vite. Inutile de dire à quel point nous avons étés secoués au retour !!!


Encore une fois, merci internet pour les infos que nous pouvons y trouver :

"Les Tehuelches, peuple indien qui vivait dans cette région, appelaient ce lac "Chelenko", ce qui signifie "eaux turbulentes". Pendant 6000 ans, les vagues et le mouvement permanent des eaux du lac ont progressivement fait apparaître ces sculptures de marbre monumentales."


Pour nous remettre de nos émotions tant visuelles que physiques, nous partons nous dégourdir un peu les jambes en flânant dans le village. Puerto Rio Tranquilo se trouve sur la rive ouest du Lago General Carrera, dans la région d'Aysen, dans une petite baie. Ici on vit principalement de l'élevage et du tourisme. Outre les cathédrales de marbre, il est possible d'aller voir le glacier Los Exploradores. 







Puis voyant que la météo est incertaine pour les jours à venir, nous décidons de filer à Caleta Tortel. De toute façon, nous devons repasser par ici pour remonter la Carretera Austral jusqu'à Chaiten, village où nous devons prendre le ferry pour aller à Isla Chiloe.

Et c'est reparti une fois de plus pour la piste, avec des paysages magnifiques : montagnes enneigées, lupins en fleurs, rio et lagos aux eaux turquoise ; nous en prenons plein les mirettes. Nous passons Cochrane, préférant tracer jusqu'à Caleta Tortel pour y bivouaquer.

C'est à Puerto Montt que démarre la Carretera Austral, prolongation de la Panaméricaine qui naît en Alaska. Commencée en 1976, sous le régime Pinochet souhaitant ouvrir cette région au reste du pays, ce fut un véritable travail de titan : tracer un chemin à travers  des bois impénétrables, traversant les rios et surplombant les falaises, sans négliger le climat difficile de la région. La Carretera Austral, entrecoupée de plusieurs ferrys, s'achève à Villa O'Higgins après 1200 km de paysages incroyables






La route est tout de même sinueuse et fatigante et la nuit arrive plus vite qu'on ne l'aurait cru ; Il n'y a que peu ou pas d'emplacement où nous pouvons nous arrêter. Nous finirons tout de même par trouver notre bonheur, sur un petit plateau au bord de la piste. Vu le nombre de voitures à passer par là, la nuit sera des plus tranquilles.






Au matin, malheureusement, le soleil sera bien timide et finira par laisser place à une pluie fine qui nous accompagnera jusqu'à Caleta Tortel.






La Carretera Austral est la destination favorite des voyageurs en deux roues ; en solo, en groupe ou en famille, nous croiserons et doublerons beaucoup d'équipages. Il faut vraiment en vouloir pour faire une route dans cet état et par ce temps. En tout cas, nous sommes admiratifs de tant d'acharnement à se frotter à ce serpent de terre !!! 







Caleta Tortel
est la ville la plus méridionale de la région d'Aysén et la sixième plus grande commune du pays. Pourtant c'est la moins peuplée. La géographie accidentée du lieu offre un paysage incomparable car elle est située entre deux champs de glace, dans une zone d'archipels, de canaux et d'estuaires, entre des montagnes escarpées et à côté de l'embouchure de la rivière Baker, la plus grande du Chili.






La rivière peut devenir un véritable torrent car nous sommes dans l'une des régions les plus pluvieuses du monde : les pluies peuvent tomber d'environ 4000 millimètres par an. Par son infrastructure élevée à flanc de falaise, la ville peut ainsi faire face aux crues de la rivière.






L'histoire de la ville remonte à 1520, lorsqu'elle était habitée par les nomades Kawesqar, aujourd'hui disparus. Sa fondation définitive remonte à 1955, après de nombreuses tentatives de peupler la zone dédiée principalement à l'exploitation du Cyprès de la Guaitecas.






La structure urbaine de la ville est très particulière. Les voitures n'y ont pas accès et des passerelles servent de rues et forment un réseau de plus de sept kilomètres de long. Jusqu'en 2003, l'accès n'y était possible que par voie fluviale. Actuellement, une route relie Caleta Tortel avec le reste du pays.





3 heures à arpenter les passerelles nous auront lessivés dans tous les sens du terme !!! Initialement, nous devions bivouaquer à Caleta Tortel, mais la construction d'un nouveau lotissement a supprimé le parking à l'entrée de la ville. La pluie nous décourage aussi un peu et nous décidons de retourner à Cochrane.





Cochrane, petite ville de 3000 âmes, située à une dizaine de kilomètres du Lago du même nom, sera pour nous une simple étape d’une nuit sur la longue remontée de la Carretera. Nous profitons de notre passage pour aller aux renseignements afin d’obtenir un permis de pêche. Et oui, comment ici, résister au plaisir d’aller taquiner la truite et le saumon quand on voit les eaux rapides et claires du Rio Baker !!!





Mais voilà la météo va en décider autrement. Au petit matin, nous sommes réveillés par de violentes rafales de vent, d’autant plus que nous sommes installés au mirador sur les hauteurs de la ville. Même les allemands, installés dans un gros camion à côté de nous, sont réveillés par les secousses. Vite, tout le monde descend autour de la place !!! Les nouvelles sont inquiétantes, une grosse tempête arrive. Que faire !!! Attendre des jours meilleurs où changer de cap !!! Nos amis les Globe Trotters du Doubs qui devaient nous rejoindre pour passer Noël avec nous sur la Carretera Austral, décident finalement de rester à Puerto Deseado.



La vue sur la ville est pourtant sympa du haut de notre perchoir !!!



Puerto Deseado ???? Là, plein de bons souvenirs remontent à la surface !!! Comment résister à un Noël entre amis au bord de la mer ??? Ni une, ni deux, la décision est prise. Adieu truites et saumons, les manchots nous tendent les bras !!!


Et c’est reparti pour la super route qui longe le Lago General Carrera. Dans le fond, elle n’est pas si terrible que ça quand on y pense. Comme quoi tout est possible pour des bretons quand la mer et les amis les appellent !!!






A l’heure où nous écrivons ces lignes, nous sommes heureux d’avoir changé nos plans. Tout dabord parce que nous avons passé de superbes fêtes de Noël avec nos amis ; mais cela c’est une page que nous vous raconterons plus tard. Mais surtout parce que la météo a vraiment été terrible dans la région de Santa Lucia au sud de Chaiten.

Un glissement de terrain causé par de fortes pluies a dévasté le village chilien de Villa Santa Lucia. Ces précipitations ont entraîné la crue d'un cours d'eau et une coulée de boue dévastatrice. La plupart des maisons de ce village isolé de 300 habitants, ont été englouties. Pendant plusieurs semaines les routes ont été coupées et les véhicules désirant remonter vers Puerto Montt déviés, avec une longue liste d’attente, sur Isla Chiloe.



photo d'archives de Ouest-France



Allez amis lecteurs, on vous dit à bientôt, pour une nouvelle aventure en Argentine !!!