La région des lacs




du 20/12/17 au 13/01/18
25 jours - 2837 km



Notre passage sur la Carretera Australe aura été bien court !!! Le 20/12/17, par la force des choses et surtout du mauvais temps, nous revoici une nouvelle fois à la douane à Los Antigos. La tempête annoncée dans la région de Coyaique ne nous a pas incités à rester passer les fêtes de fin d’année dans cette région que nous aurions bien aimé visiter, surtout pour Jean-Paul qui se faisait une joie d’aller y taquiner le saumon.

Pour le consoler, nous retournons au bord de l’océan atlantique, à Puerto Deseado. Si loin, nous direz-vous ??? Et oui, un breton loin de la mer est prêt à tout !!! Nous partons retrouver nos amis les Globe Trotters du Doubs, qui y sont depuis quelques jours. Lors de notre rencontre chez Tranquilo au Paraguay,  Nadine avait  promis  à Céline de passer les fêtes de Noël ensemble à Ushuaia. Les aléas du voyage ont fait que cette destination à cette époque était impossible.  Alors une promesse est une promesse et au diable les kilomètres !!!

Pendant deux jours nous allons rouler, pour une fois, le vent dans le dos et ainsi avaler les kilomètres traversant une région exclusivement dédiée à l’extraction du pétrole et qui n’a vraiment rien de bien folichon. Et c'est ainsi que nous débarquons à Puerto Deseado, un midi, pile poil pour se mettre les pieds sous la table !!! Cela tombe bien, Jimmy est un fin cuisinier.





​Nous allons ainsi gentiment préparer l'arrivée du Père Noël, entre balade sur le littoral et séance de pêche pour messieurs. Un petit bémol tout de même, avec plusieurs fois le passage de Céline à l'hôpital de la ville, pour cause de gastro carabinée. 

Puis, une fois de plus nous devons nous quitter. Nos amis rejoignent le Chili, traversant la Patagonie par Sarmiento pour aller voir les bosquets pétrifiés, et nous, nous remontons faire la région des lacs en passant par Trelew et la R25. Mais nous savons déjà que nous nous reverrons cet été lors de notre passage en France !!!






Après un bivouac à Rada Tilly que nous retrouvons avec plaisir, nous remontons à Gaiman. Nous voulions initialement rejoindre la RN 25 en empruntant la RN10, une piste  de 100 km qui traverse la steppe, mais à cause du vent nous décidons de rester sur la RN3. Grand bien nous en a pris car une fois arrivés à Gaiman, après un arrêt devant la banque, Frankiz ne veut plus redémarrer !!! Qu'aurions nous fait si nous avions fait un arrêt pipi en pleine brousse !!! 

On ne va pas se porter la poisse mais franchement ici c'est du bonheur de tomber en rade. La chaîne de solidarité fonctionne à merveille.

Nous partons à pieds voir un garagiste qui malheureusement ne peut pas venir voir notre grand malade. Un de ses amis se propose de nous accompagner avec des câbles et indique un vendeur de batteries qui après contrôle la déclare en "bonne santé" et soupçonne tout comme JP un problème d'alternateur. Tout cela nous a pris 1/2h.

No hay problema !!! Il y a Elvio, un électromécanicien, à 2 cuadras de là. Notre sauveur confirme le mal, et ni une ni deux, s'attaque à la réparation : Changement des charbons et rectification de l'induit. Bien sûr nous pouvons dormir dans notre coquille sur son parking. Et c'est ainsi qu'à notre réveil, Elvio est déjà la tête dans le moteur en train de remonter la pièce. Il n'y a pas à dire !!! Viva Argentina !!!




Allez, c'est reparti !!! Roule ma poule (dixit Nolan notre petit fils) !!! C'est parti pour la traversée de la Patagonie dans l'autre sens !!! Mais là ce n'est pas la joie, même si les paysages sont magnifiques, le vent nous vient de face et avec une violence que nous n'avions pas encore testé. Nous faisons une première halte à Villa Dique Florentino, un petit oasis au bord du Rio Chubut. La ville est née en 1943 au moment de la construction du barrage. Elle vit aujourd'hui principalement du tourisme et des sports nautiques : rafting, l'escalade, le trekking, sans oublier la pêche à la truite dans les eaux dormantes de la rivière. 





Après villa Dique Florentino, la route nous fait traverser la Vallée de Los Altares, bordée de hautes falaises, que les vents violents et les pluies ont façonnées au fil des millénaires. Puis ce sera une halte dans la ville du même nom, cette fois-ci forcée, pour nous mettre à l'abri  du vent derrière le terrain de sport.






Nous n'avons pas oublié la leçon du vent lors de notre dernier passage en Patagonie !!! Á 4h du matin, plus de vent, alors hop, hop, hop !!! Tout le monde sur le pont !!! On reprend la route et on avale les kilomètres, en ayant soin tout de même de remplir le ventre du chauffeur d'un bon petit déjeuner booster, car Jean-Paul sans son petit déj c'est comme un ours à la sortie de l'hiver !!!





Nous avions prévu de remonter jusqu'à Esquel en empruntant la RN12, une longue et magnifique piste de 300 km qui traverse un canyon tout aussi magnifique, mais la piste plus le vent, cela fait deux éléments qui nous font fuir. Alors c'est décidé, on file tout droit à Esquel et on passe le 31 décembre dans le Parc National Los Alerces.





Le Parc national Los Alerces, classé au Patrimoine Mondial par l’Unesco,  occupe 263 000 hectares de la province du Chubut. Il abrite  plusieurs lacs et est planté de forêts  d’alerces, sorte de mélèze géant,  dont le plus vieux a plus de 2600 ans et mesure près de 60 m pour un diamètre de 3 m.

En outre, on peut espérer y apercevoir plusieurs sortes de rapaces dont le condor des Andes, ainsi que des huemuls, des pumas ou encore des loutres de Patagonie.






Il est possible de bivouaquer librement dans le parc, dans des "campings libres", au bord des différents lacs. Nous élirons domicile au bord du Lac Futalaufquen, le plus grand et certainement le plus beau. Nous sommes en pleines fêtes de fin d'année et plusieurs familles argentines sont ici pour les vacances, parfois durant 3 semaines. Ils ont planté leur toile de tente et sorti les bateaux des remorques et vont régulièrement à Esquel pour faire les courses. Ils fuient souvent la capitale pour venir ici se refaire les poumons !!! Mais cette année, la chaleur n'est pas vraiment au rendez-vous, et il y a du vent ce qui réduit un peu les balades en bateau sur le lac.







Justement le mauvais temps des dernières semaines a fortement réduit les possibilités de randonnées dans le parc. Nous aurons tout de même l'occasion de faire quelques balades pour aller voir des cascades ou des peintures rupestres. Et surtout nous aurons le temps de nous reposer et de passer un excellent 31 décembre comme on les aime, en amoureux au milieu de la nature. 



Adieu 2017


​nous vous souhaitons une bonne et heureuse année 2018



Une fois de plus le vent s'invitera et le lendemain, les gardaparques viendront nous prévenir des risques de chutes d'arbres, raison pour lesquels bon nombres des sentiers de randonnées sont fermés. Il nous conseillerons même de changer de camping, puis nous demanderons de quitter le parc !!!  


Une des balades que nous voulions surtout faire est celle qui permet d'aller voir l'antique alerces, mais malheureusement le chemin est fermé après la passerelle qui traverse le lac. 




​La piste qui traverse le parc offre de jolis points de vues



Vu la tempête qui s'annonce, le 02/01/2018, nous quittons le parc en direction de Bariloche. Nous devions nous arrêter à El Bolson où nous espérions y faire du gaz. Mais nous tombons sur un escroc qui sous prétexte que les étrangers ont de l'argent, il veut nous faire payer le double du prix. Que nenni, on ne nous plume pas comme ça. Alors on trace la route. A Bariloche tous les fournisseurs de gaz à l'entrée de la ville ne vendent que des bouteilles et ne font pas le remplissage. Nous finissons par en trouver un en centre-ville qui nous propose de revenir le lendemain car son employé est en déplacement.

En arrivant à Esquel nous avions constaté une hernie sur le pneu arrière gauche et avions mis la roue de secours en d'arriver à Bariloche, seule ville où nous pourrions le remplacer rapidement. Nous trouvons effectivement notre bonheur là aussi et pour le lendemain De toutes façons, nous sommes là pour plusieurs jours en attendant une amélioration du temps. Pas question de faire la route des lacs sous la pluie.


sur la route de Bariloche



​San Carlos de Bariloche
, capitale nationale du chololat - rien que ça!!! - est une ville très surfaite sans grand intérêt : fabricants de chocolats typique « suisse » à chaque coin de rue, colonies suisses qui ont dû oublier les recettes traditionnelles de leur pays d’origine !!! Jeunesse continuellement en « fête ». Vous l’aurez compris, on n’a pas été conquis !!! 






Par contre, les paysages sont de toute beauté. Alors, une fois nos pneus changés, nous profitons de ce décor de montagnes et de lacs. Il ne fait pas chaud et il pleut souvent, mais à chaque éclaircie, nous sortons de notre coquille !!! Du tour de la Péninsule LLao LLao à la randonnée au Cerro Campanario - ça grimpe sec !!! - en passant par la Cerveceria Patagonia, nous n'avons pas vu passer la semaine.






Il paraît que le soleil fait fuir les escargots ??? Que nenni !!! A peine les premiers rayons revenus, nous revoilà sur la route ; à nous le Camino de los Siete Lagos !!! Nous faisons une première halte à Villa La Angostura sur la rive nord du Lago Nahuel Huapi. Cette ancienne station de villégiature de la famille présidentielle Perón est nettement plus authentique que Bariloche. 






Entre villa La Angostura et San Martin de los Andes, la Ruta  234  sur 107 km traverse une région de montagnes et de lacs d’origine glaciaire tous plus beaux les uns que les autres et traverse deux parcs nationaux : celui de Nahuel Huapi et celui du Lánin. Du sud au nord, nous allons ainsi découvrir les lacs Correntoso, Espejo, Escondido, Villarino, Falkner, Machónino et enfin Lácar.




le Lago Nahuel Huapi vu depuis la rive gauche

le Lago Espejo

le Rio Correntoso qui relie le lago Correntoso au Nahuel huapi est un des plus courts du monde !!!



​Nous nous posons sur la rive nord du Lago Correntoso, pour la pause déjeuner, les canards  nullement farouches viennent presque jusque dans notre assiette. Le coin nous plait et nous commençons à nous dire que l'on y resterait bien pour la nuit. Mais c'est sans compter sur un guardaparque qui vient gentiment nous dire que si l'on veut rester bivouaquer, il faudra nous rapprocher du camping payant ((pas de soucis) mais bruyant avec tous ces jeunes campeurs arrivés avec leur barbecues et leur... musique. Bon, trop peu pour nous, nous reprenons la route. Il est encore tôt et nous ne désespérons pas de trouver un coin plus calme.





En prenant les chemins de traverse – ou plutôt la piste !!! – nous allons poser notre coquille au bord du Lago Traful, certainement le plus beau de tous. Après une trentaine de kilomètre de piste, traversant forêts et pâtures, nous arrivons à Villa Traful, petit village endormi au bord du lac. 




​Nous trouvons une place les roues presque dans l'eau, le calme et la sérénité des lieux appellent à la contemplation. On est bien, il fait beau et chaud alors ce soir ce sera soirée crêpes, pour fêter la Chandeleure !!! On n'a pas de farine de sarrazin .... alors on improvise !!!






​Malgré la fraîcheur matinale, un petit déjeuner au bord de l'eau, quel bonheur !!! Nous quittons Villa Traful avec regret ; mais c'est vite oublié, vu la beauté des paysages que nous traversons.






Bien que nous soyons en janvier et que les vacances argentines et chiliennes déversent leur lot de vacanciers, les lieux de bivouacs ne sont pas surchargés. Tout au long de la route, il y a des belvédères qui permettent de faire halte, ou encore des campings libres. On a un peu, nous aussi, l’impression d’être « en vacances ».



Le Lago Escondido

le Lago Villarino



A l'heure du déjeuner, nous nous posons au camping libre, au bord du Lago Villarino. Nous sommes toujours dans le Parc National Nahuel Huapi et c'est relativement calme. Du coup, nous y restons pour la nuit. Une belle balade permet de musarder sur les rives du lac et de longer le Rio Vallarino qui se jette dans le Lago Falkner.



bivouac au bord du Lago Villarino

coucher de soleil sur le Lago villarino

le Lago Falkner


Et ce n'est pas fini !!!  Nous quittons le Parc Nahuel Huapi pour le Parc Lánin. Encore un nouveau lac, le Lago Hermoso, le temps d'une halte. Puis encore une échappée jusqu'au Lago Meliquina que l'on atteint par une piste sinueuse.


le Lago Hermoso

le Lago Machonico

le Lago Meliquina



Nous finissons par arriver au bord du Lago Lácar, à San martin de Los Andes. Après quelques courses, nous partons à la recherche d’un endroit où nous poser pendant la nuit, les bords du lac nous étant interdit à cette saison. Nous finissons par trouver notre bonheur dans une ruelle au nord de la ville. Il fait très chaud et l’ombre des arbres est vraiment la bienvenue.

San Martin vaut le coup de s’y poser quelques jours. Nous partons aux infos pour notre prochaine visite du Parc Lánin. Et de rues en avenues en passant par les bords du lac, nous faisons une belle balade en ville.



le Lago Lácar



Nous voilà arrivés au terme de notre virée dans la région des lacs mais avant, nous avons rendez-vous avec le Volcan Lanín !!! Après une halte rapide à Junin de Los Andes et plusieurs kilomètres de mauvaise piste, nous arrivons au pied du géant. Le volcan Lánin culmine à 3 777 m d’altitude. Il est en parti recouvert de neiges éternelles. Il a donné son nom à un parc national d’une superficie de 412 013 hectares, où l’on trouve les plus beaux spécimens d’Araucarias.



Il y a un camping à côté de l’office des garda-parques, mais les branches basses sur le chemin d’accès nous empêchent d’y aller. Qu’à cela ne tienne, les garda-parques nous invitent gentiment à nous poser sur leur parking, et mettent à notre disposition, eau, sanitaires et wifi. Nous allons donc profiter de cette aubaine pour nous reposer un peu avant de passer au Chili. Le temps souvent incertain, nous permettra tout de même de faire de belles randos, en particulier jusqu’au Lago Tromen​.



​les araucarias




Après ces quelques jours de repos, nous voilà d’attaque pour quitter l’Argentine et partir vers de nouvelles aventures au Chili. Au programme visite de la région de Villarica, ses lacs et ses volcans pour descendre gentiment vers Isla Chiloe.

Le 14/01/2018 au matin, nous nous présentons à la douane. Il y a foule et surtout beaucoup de militaires et de chiens qui grimpent dans les véhicules pour y rechercher drogues et armes !!! Des civiles nous accueillent avec le sourire et nous apprennent que ce déploiement de force est dû à la visite éminente du Pape François, à Temuco au Chili et surtout qu’il va y avoir beaucoup de monde dans le secteur !!!! Cela ne nous enchante guère !!! Que faire ??? Rebrousser chemin et patienter, ou passer tout de même au Chili et modifier notre route ??? Nous choisissons de passer la frontière. 





Alors si cela vous dit on vous retrouve au Chili …