LE CENTRE CANADIEN




​du 9/08 au 22/08/2013
14 Jours - 4397 kms






ONTARIO

MANITOBA

SASKATCHEWAN




Agréablement installés à Gatineau au Québec, c'est avec facilités et bonheur que nous débutons notre visite de cette nouvelle province. A pieds, en vélo ou encore en bus, choisissez votre moyen de locomotion. Pour notre part nous opterons pour une balade à vélo depuis le Parc Jacques Cartier, afin de découvrir la capitale et mettre en place notre itinéraire de visites. Puis nous prendrons l'habitude d'utiliser le réseau des bus, offrant une carte journalière permettant de circuler des deux côtés de la rivière à moindre coût sans limites de trajet.






OTTAWA


La capitale du Canada, située sur la rive sud de l'Outaouais, fait face à Gatineau. Tout, ici, est fait pour accueillir les touristes. Des visites gratuites, en anglais et en français, permettent de découvrir l'histoire, l'architecture et certaines parties intérieures du Parlement, comme la Chambre des Députés, la Bibliothèque et la Chambre des Communes. Nous allons aussi assister au passage des Ecluses du Canal Rideau, classées au Patrimoine Mondiale de l'Unesco. L'esplanade du Parlement, surplombant la rivière offre une belle vue sur d'autres monuments et lieux de la capitale, comme le Musée des Arts, dont la verrière s'est drapée d'un iceberg géant (réparations obligent), la cathédrale, les rapides de l'Outaouais, la Cour Suprême ou encore le Musée des Civilisations situé sur la berge nord.


Le Parlement
Le canal Rideau
Le château Fairmont
La Cour suprême
L'Île Victoria

Le Musée des Arts et la Cathédrale
Le Musée des Civilisations
L'aile ouest du Parlement



Nous sommes installés bien loin de la capitale et de Gatineau, mais les réseaux de transports desservent très bien les deux villes avec des horaires qui permettent de retourner à Ottawa tard le soir. Nous en profitons pour aller admirer le spectacle sons et lumières projeté en nocturne sur la façade du Parlement.Nous sommes étonnés d'y croiser des scouts de plusieurs nationalité. 

Nous apprendrons le lendemain, durant la relève de la garde, que le Canada accueille cette année le rassemblement des Scout du Monde. Ce sera pour nous, l'occasion de rencontrer plusieurs jeunes de diverses nationalités  parmi lesquels nos petillants français mais aussi de joyeux méxicains, tout cela dans une ambiance très festive. Après la grande parade, les scouts se rendront ensuite en fanfare à la gare routière en suivant la garde royale.

Puis pour clore en beauté, nous partons déambuler au coeur du Marché By, un des quartier réputé de la capitale. Nous n'étions jamais restés aussi longtemps dans une grande ville, préférant les grands espaces et la faune à la folie urbaine et le béton. Nous avons été subjugué par cette grande ville aux allures campagnardes avec ses vieux bâtiments et ces nombreux parcs.






TORONTO


Laissant la calme capitale, nous reprenons la route en direction cette fois-ci de la trépidante Toronto. Nous ne devions qu'y faire un bref passage afin d'apercevoir la Tour CN mais il en fut tout autre. Une fois de plus nous avons été envoûté!!! Pas question toutefois de visiter la Tour car les prix sont à faire tomber et il y a une heure, voir deux d'attente. Pas pour nous tout cela!!! Après un petit tour dans le quartier du marché et ses vieilles bâtisses en briques, nous allons voir le Temple du Hockey au pied de la Bay Wellington Tower, où nous nous offrons une petite pause, dans un café resto au coeur de la verrière.



le quartier du Marché Lawrence
au coeur de la Bay Wellington Tour

Le Temple du hockey


L'endroit nous semble tellement familier, que c'en est déroutant. Normal, nous sommes dans un restaurant de la chaîne Mövenpick, que nous avons fréquenté (surtout Nadine pendant 20 ans) à Genève. Nous partons ensuite pour voir la Tour CN et le Roger's Center. Et là nous constatons qu'il un a un match des Blue Jays et que la Tour est pratiquement déserte, ou tout du moins sans trop de queue. Dur dilemme!!! Allez on n'est pas prêt de revenir. Et c'est parti pour la grimpette en ascenseur jusqu'au belvédère. Sans regret, c'est géant et on a une vue à couper le souffle sur toute la ville. Nous pouvons même voir le match sous nos pieds depuis le plancher de verre!!! Après cette belle visite, nous faisons encore un petit tour sur l'esplanade et retrouvons Nono pour aller voir une autre merveille : Niagara Falls.



du haut de la Tour CN





Il est aisé de se rendre à Niagara Falls depuis Toronto en empruntant la voie rapide qui longe le Lac Ontario. Nous sommes ici dans la Péninsule du Niagara, entre le lac Erié et le lac Ontario. Située à la même latitude que la Californie, sur un sol riche en minéraux et qui plus est, dotée d'un microclimat, tout ici est réuni pour faire de cette région le paradis des vignobles et de la culture d'arbres fruitiers.

En passant à Sainte-Catherine, nous sommes étonnés de voir de gros cargos naviguer sur le lac Ontario. Et pour cause, nous sommes ici au Canal Welland. Reliant le lac Erié au lac Ontario, il sert à contourner les chutes du Niagara. Huit écluses réparties sur 43 kms permettent d'effacer 100m de dénivellation. Le Canal Welland fait partie de la route maritime du Saint-Laurent et est indispensable au transport international, reliant ainsi l'océan Atlantique au pole industriel de l'Amérique du Nord, entre autre. Une voiture fabriquée en Allemagne et vendue à Chicago, traverse l'Atlantique, remonte le Saint-Laurent jusqu'au lac Ontario, passe le canal Wellend pour arriver sur le lac Erié. Puis c'est la remontée du lac Huron pour redescendre le Lac Michigan. Nous avons pu assister au passage des écluses d'un cargo venant de Hong-Kong. C'est tout bonnement impressionnant de voir ces grosses masses flottantes et silencieuses s'élever au dessus du niveau de l'eau.









NIAGARA FALLS


Nous étions un peu soucieux de trouver une place pour bivouaquer, aux vues d l'affluence touristique sur les lieux. Mais les visiteurs s'entassant dans les hôtels, il nous fut facile de trouver une place pour garer notre escargot, au plus près des chutes, sur le plateau qui surplombe la rivière Niagara. Du Parking, un escalier rejoint le site en traversant un petit parc, et là, on entre dans le monde de la démesure. Beaucoup de monde circule le long de la promenade, sans toutefois paraître étouffant. On approche du bord et un spectacle grandiose s'ouvre devant nos yeux. Nous avons beaucoup de chance car il fait beau et le soleil en se jetant sur l'eau, forme un splendide arc-en-ciel.
Les chutes du Niagara forment une frontière naturelle entre l'Ontario et l'Etat de New York aux Etats-Unis. Côté américain les Bridal Veil Falls (voile de la mariée)s'écrasent sur d'énormes rochers. Tandis que du côté canadien, les Horseshoe Falls (chutes du Fer-à-Cheval),se déversent dans un fracas assourdissant et vaporeux, déversant plus de 2800 m3/seconde.





​Mais Niagara Falls ce n'est pas seulement la beauté des chutes. C'est une ville proche des "States", qui victime de son succès, est devenue une ville toute en démesure, avec ces petites rues tranquilles et désertes, son Temple Bouddhiste et... son Falls Avenue, transformée en petit Las Vegas débordant de casinos clinquants, attractions (ou attrape-nigauds!!!) de mauvais goût pour touristes, et royaume de la mal-bouffe. Autant vous dire que l'on a plus qu'apprécié le calme du Temple à la folie de l'empire du jeux.




Il est temps pour nous de prendre la route de l'ouest. Nous sommes à la fois ravis de partir à la découverte de cette partie du Canada, et inquiets par la longue distance que beaucoup qualifient d'interminable. Pas loin de 3500 kms séparent la péninsule du Niagara de Calgary, ville aux portes des Rocheuses, traversant les provinces de l'Ontario, du Manitoba et du Saskatchewan pour finir en Alberta. Nous allons tout d'abord remonter jusqu'à Sault Sainte-Marie en longeant le lac Huron. Puis nous nous dirigerons vers Thunder Bay en longeant cette fois le lac Supérieur. Viendra ensuite la traversée des Prairies tant redoutées par leurs soit-disantes platitude et monotonie, passant par Winnipeg et Régina et empruntant la Trans-Canada Highway qui sera "17" jusqu'au Manitoba, et "1"pour tout le reste de la traversée de l'ouest. Nous ne sommes pas des forçats de la route et décidons donc de prendre notre temps.


 DE NIAGARA FALLS A KENORA


Nous sommes encore bien loin des Prairies. Ici les paysages sont très vallonnés et la route serpente le long des grands Lacs Huron et Supérieur qui nous donnent parfois l'impression d'être au bord de la mer. Peu de villes ou de villages sur notre route et nous avons parfois l'impression d'être seuls au monde. Seuls les Inukschuk sont là pour nous montrer le chemin.

A Georgian Bay, nous traversons le pont qui permet de rejoindre la grande île pensant y visiter une communauté des "First Nations", mais il n'en est rien et seule une piste traverse l'île de part en part. Nous ne ferons qu'un bref passage à Sudbury, ville industrielle, sans grand attrait, mais nous apprécierons tout particulièrement la beauté du Lac Huron depuis le panorama de Spanish Bay.
Nous profiterons de notre escale à Sault Sainte-Marie pour croiser les pneus du camping-car, avant d'aller voir le canal qui relie le Lac Huron au Lac Supérieur. 


Georgian Bay et ses îlots
Sudbury

Spanish Bay
témoin de notre passage : notre Inukschuk
toujours droit devant!!!



​Puis viendra la longue remontée le long du Lac Supérieur. Nous traverserons des Grands Provinciaux, où il est possible de camper et de faire de belles randonnées ou encore du canoë sur les lacs. Les rares bougades qui jalonnent ce long parcours, se distinguent les unes des autres par un emblême propre à chacune d'elles. Ainsi nous verrons l'oie de Wawa ou Winnie l'ourson à White River. Nous apprécierons tout particulière notre halte déjeuner à Terrace Bay où nous rencontrerons des emmigrés croates très nostalgiques devant notre moteur Citroên. Nous regretterons même de ne pas y rester bivouaquer, mais il faut tout de même bien avancer de temps en temps.

Thunder Bay, nous dormirons au milieu des biches et des cerfs et irons flaner au bord du lac qui offre de biens belles couleurs au soleil levant. Thunder Bay sera notre dernière "grande ville" avant de sortir de l'Ontario et aussi la dernière fois que nous verrons le Lac supérieur.
Notre dernière escale se fera à Kénora, où nous passerons le week-end à papoter sur skype avec notre famille et à mettre le site à jour. Nous y serons choqués par les conditions d vie des amérindiens, qui ne se sont toujours pas intégrés - volontairement ou pas - vivant dans des squattes et fouillant dans les poubelles des restaurants à la recherche de nourritures.

Un seul petit inconvénient : le train!!! Car tout comme autour du Lac saint Jean au Québec, la route et la voix ferrée sont unies pour le meilleur mais surtout pour notre pire. Peu d'échappatoires, car il n'existe pas de routes secondaires. Nous trouverons tout de même de jolis endroits pour bivouaquer comme à Carling dans Georgian Bay, ou dans le Centennial Park à Thunder Bay où nous aurons la visite de cerfs de Virginie à notre réveil.


l'oie de Wawa
petit pause à Terrace bay

à Thunder Bay
Kenora




LÀ OÙ TOUT A COMMENCE



En Août 1914, un trapeur récupère une jeune oursonne orpheline et l'emmène à la gare de  White River afin de la vendre.
Le capitaine anglais Harry Colebourn, de passage ce jour-là, avec ses troupes, "tombe en amour" pour cette boule de poils et l'achète 20$, une forte somme pour l'époque. Il srnomme Winnie en souvenir de sa ville natale Winnipeg. L'animal devient vite la mascotte des soldats.
De retour à Londres, Winnie a bien grandit. Ne pouvant plus rester avec son maître, elle est confiée au zoo de de la ville.
En 1926, un jeune visiteur Christopher Milne, est faciné par les pitreries de l'animal qu'il compare à son ours en peluche. Il décide alors d'en raconter les histoires et c'est ainsi que commence les contes de Winnie-The-Pooh



En passant la limite qui sépare la province de l'Ontario de celle du Manitoba, la seule chose qui diffère c'est le nom de la route. Ici la Trans-Canada ne s'appelle plus HW17, mais HW1, et ce jusqu'à l'Océan Pacifique. Le paysage ne change pas vraiment jusqu'à Winnipeg, alternant entre lacs, vallons et pâturages. Nous faisons une brève halte à Winnipeg, capitale de province, dans le quartier Saint-Boniface et prenons le temps de déjeuner au bord de la rivière. Préférant fuir l'agitation et retrouver les grands espaces, nous reprenons la route. Dès la sortie de la ville, s'étalent devant nos yeux ces prairies immenses, aux couleurs chatoyantes de l'été et du blé qui mûrit.

Winnipeg - le Parlement
Winnipeg vue depuis Saint-Boniface
grandes prairies, nous voici!!!


Seuls, les silos à grains, dressés tels des cathédrales, rompent la monotonie du paysage. Nous sommes en pleine saison de battage et d'énormes camions, transportant le grain aux silos, circulent sur les pistes soulevant des nuages de poussières. Les silos sont la plupart du temps installés au bord de la voix ferrée. Ainsi le grain transite rapidement du champs au silo, pour ensuite être acheminé vers le reste du Canada et même du continent. Mais ces grands silos modernes n'ont pas toujours été ainsi et nous décidons de prendre les chemins de traverse à la recherche des derniers silos canadiens typiques des années 1920. Nous délaissons donc la HW1, pour remonter vers le nord de la province, jusqu'à Inglis.





​Cette région est un coin de paradis, au milieu des Prairies où il n'est pas rare de trouver des petits lacs, résidences d'été de colonies de pélicans. Entre Inglis et Russell, cherchant un bivouac (loin du trafic ferroviaire et routier!!!), nous découvrons une pure merveille, loin de tout : Spear Lake. Là nous assistons à la course du soleil comme jamais nous n'en avions vu jusqu'à présent. A tel point, que l'on ne sait plus s'il se lève ou se couche, tant il est rouge quand il apparaît le matin à l'horizon. Ici, nous sommes accueillis non seulement par des pélicans mais aussi des hérons, martin-pêcheurs, pics, écureuils et même coyotes noctambules. Inutile de dire que nous avons un réel coup de coeur pour cet endroit et surtout pour cette province. Mais d'autres horizons nous attendent, certainement tout aussi beaux et c'est, reposés et en pleine forme, que nous reprenons la route, et surtout la HW1, toujours plus vers l'ouest.








Vient ensuite la province du Sakatchewan. Là aussi, nous ne ferons qu'une brève escale dans la capitale de province, Régina, afin d'y admirer le superbe "Provincial Legislatur", édifice remarquable, situé au coeur du Wascana Centre, parc lui même tout aussi remarquable.

Par contre nous ferons une halte sympathique à Moose-Jaw, surnommée "Little Chicago" et fief d'Al Capone en son temps. La petite bourgade a su garder ses allures début du siècle et s'agrémenter de fresques murales racontant l"époque de la prohibition. Elle a surtout la particularité d'être construite sur un réseau souterrain, où l'on exploitait les travailleurs clandestins venus Chine dans l'espoir de faire fortune. Al Capone s'en servit, à l'époque de la prohibition, pour ses opérations de contrebande et pour échapper à la police.




balade dans Moose-Jaw



Tout comme au Manitoba, nous sommes dans une province céréalière, mais aussi d'élevage de bovins. Nous sommes étonnés de voir du sel au bord des lacs, ce qui nous fait supposer qu'ici, il y a longtemps la mer recouvrait tout. A Chaplin, nous découvrons des marais salants et une usine de conditionnement du sel. Mais le Saskatchewan, c'est aussi des puits de pétrole au milieu des Prairies, une faune très présente et toujours ce soleil qui donne ces couleurs si particulières à l'aurore et à l'aube.


les marais salants du Lake Chaplin

lever de soleil à Gull Lake




En quittant la province du Saskatchewan, nous sommes encore à environ 350 kms de Calgary en Alberta, ville qui clôturera pour nous la traversée des Prairies et qui surtout nous ouvrira une nouvelle porte, tant attendue, celle des Rocheuses.



​La suite c'est ici : ​​​L'OUEST CANADIEN