LE MAROC














DU 04/01/2012 AU 17/03/2012

74 jours -5800 kms



Le Maroc est un pays d'Afrique du Nord

Superficie : 710'850 km²
Habitants : 31,5 Millions
Capitale :Rabat (les principales villes sont Casablanca, Marrakech, Agadir, Meknès, Fès, Tanger)
Langues officielles : l'arabe et le berbère (autres langues : le français et l'espagnol)
Monnaie : le Dirham

Le Maroc est une monarchie constitutionnelle de droit divin.


Mercredi 04 janvier 2012 à 12h, nous embarquons à Algéciras sur un ferry de la compagnie Baléaria, pour une traversée de 45mn en direction de Ceuta, petite enclave espagnole sur le territoire marocain.



en attente d'embarquement
Au revoir l'Europe!!!

Notre ferry
Le Port d'Algeciras
partout dans le monde on croise des bretons

Arrivée à Ceuta


Après une petite pause déjeuner, nous nous décidons à passer la douane marocaine. Et là nous entrons dans la 3ème dimension!!!!! Sur 1km, derrière de hautes barrières, des centaines de personnes lourdement chargées de ballots se pressent vers le poste de douane. Nous avançons difficilement au milieu des voitures qui klaxonnent à tout va, des piétons, des bénévoles qui sont là pour nous faciliter les formalités douanières.

Les douaniers nonchalants crachent par terre sans vergogne!!!! Nous sommes bien loin de nos douanes européennes bien policées. Nous sommes trop abasourdis pour faire des photos et nous n'avons qu'une hâte, c'est de sortir de ce foutoir. Nous ne sommes pas au bout de nos surprises!!!!!

Dès les premiers kilomètres, nous découvrons la vie marocaine dans toute sa splendeur. Si les européens vivent à la verticale, érigeant des buildings grimpant toujours plus haut dans le ciel, les marocains sont indéniablement adeptes de l'horizontalité. Les étals des marchands sont à même le sol. La plupart des gens sont assis ou couchés, même au bord des routes dans les campagnes. Ils pratiquent facilement la marche à pieds et il n'est pas rare de croiser des hommes marchant sans but sur les routes. Il est même imprudent de rouler la nuit car humains et animaux déambulent la nuit même sur les nationales.



notre premier panneau marocain


Ceuta depuis la route vers Tanger
notre première traversée de chèvres!!!

ASILAH



Nous arrivons à Asilah en fin de soirée. Nous passons notre première nuit sur un parking gardé. Nous choisirons souvent cette solution pour nos nuitées, car il est interdit maintenant de faire du camping sauvage au Maroc, surtout dans les agglomérations. C'est surtout, pour le moment, pour nous la sécurité d'avoir des nuits tranquilles sans risquer de se faire voler. Notre sentiment d'insécurité disparaîtra bien vite, car au Maroc les touristes n'ont rien à craindre surtout hors des grandes villes. De plus le vol est très sévèrement puni.

Au matin nous faisons la connaissance de Zackarian et de sa femme, un couple de marocain camping-caristes vivant en France et descendant visiter leur famille à Casablanca. Avec eux, nous irons visiter Asilah la cité blanche. Entourée de hauts remparts ocres, cette cité est depuis les années 70, le rendez-vous des artistes.


Nous sommes littéralement tombés sous le charme de ses ruelles, de ses boutiques et de la vue que l'on a du haut des remparts ( il faut faire abstraction de la saleté des plages!!!).Nous avons ici dégusté notre premier tajine marocain, avec les doigts comme il se doit!!!!!!



apprentissage de la dégustation du Tajine


En début d'après-midi, nous reprenons la route, en direction de Larache, mais cette ville n'a rien d'attirant et nous préférons continuer en direction de Rabat. Nous passons la nuit à La Plage des Nations, au bord de l'océan, juste après Kenitra. Là, un marocain nous déconseillera de visiter Rabat tout comme Casablanca, ces villes étant impossibles pour des camping-car. Il y a tellement de chose à voir au Maroc que nous préférons descendre plus rapidement vers le sud. Il faut aussi admettre que nous ne sommes pas adeptes du tourisme urbain et que nous préférons le contact avec la population des campagnes. Au Marjane (supermarché) de Rabat, nous sympathisons avec Jean et Monique deux jeunes camping-caristes comme nous et nous décidons de faire un bout de route ensemble. Nous faisons escale à El Jadida.


La banlieu de Rabat

la Garde Royale
sur la Route d'El Jadida


l'effigie du Roi omnipréente dans le Maroc

EL JADIDA

El Jadida est une une ville portuaire et balnéaire très prisée des Marocains aisés. La Médina est cachée derrière les remparts de la cité portugaise, joyau d'architecture militaire du XVIe siècle. Nous visitons tout d'abord la Citerne Portugaise, immense salle souterraine de 34m de côté, aménagée en 1514 pour accueillir l'arsenal. En 1543, elle constitua la réserve d'eau d'El Jadida, souvent assiégée. La Citerne a été redécouverte par hasard en 1916, par un épicier qui voulait abattre un mur de sa boutique pour l'agrandir. Cette salle nous a surpris par son architecture, et son acoustique à faire rêver les amateurs de chants grégoriens.

La Citerne Portugaise
retour du souk
rêve d'ailleurs face à la mer


retour de pêche
la Porte de la Mer



Du haut des remparts une bonne odeur de feu de bois attire notre curiosité, tout comme le va et vient des femmes marocaines portant des plateaux recouvert de torchons. En les suivant, nous découvrons le four collectif du quartier servant à cuire le pain et le poisson. Du temps de l'occupation portugaise, ce four était une fonderie pour les boulets de canons. Aujourd'hui, deux hommes occupent les lieux travaillent pour la communauté. Ce four fonctionne au bois d'eucalyptus.



Aujourd'hui samedi, c'est jour du souk, et nous décidons d'aller acheter des fruits et légumes. Et là, il est impossible de décrire ce que nous avons vu, ni même les odeurs et le bruit. Nous entrons dans un autre monde et nous avons l'impression de reculer de plusieurs années, et même de rentrer dans la cour des miracles. Nous sommes bien loin des règles d'hygiène très strictes de l'Europe!!!!! Les réparateurs de vélos et d'ordinateurs côtoient les maraîchers et les bouchers qui abattent les moutons et les poulets sur l'étal devant les clients. Au milieu de tout cela vous pouvez aller chez le coiffeurs ou bien vous faire arracher une dent sur le trottoir!!!!




Dans l'après-midi nous reprenons la route pour être en soirée à Oualidia, petite ville touristique à mi-chemin de Safi. A Sidi Bouzid, nous achetons nos fruits et légumes au bord de la route. Les étals sont tellement bien achalandés que l'on achèterait tout!!!! Cela nous change radicalement du souk. Voulant de la menthe, la marchande va nous en cueillir directement dans le champs. Là on ne peut pas dire que ce n'est pas frais!!!! Après Sidi Bouzid, nous passons au dessus du Port minéralier de Jorf-Lasfar.






OUALIDIA


Cette station balnéaire est réputée pour sa production ostréicole. On peut y déguster nombres de crustacés comme des oursins, des huîtres et des araignées tout comme du poisson fraîchement péché et grillé sur la plage. Nous nous laissons tenter par un repas sur la plage. Au menu : poisson grillé et salade de tomates-poivrons-oignons.. Autour de nous, les gens flânent sur le sable, font du cheval ou une balade en bateau dans la lagune pendant que les mouettes attendent en criant les restes de notre festin.


Restaurant sur la plage


SAFI


Lundi 09/01 nous partons à Safi. Sur la route côtière, encore beaucoup d'enfants à mendier ou à vendre des coquillages. Safi est surtout connu pour ses conserveries de poissons et son port minéralier, spécialisé dans l'exportation des phosphates. Nous déjeunons à l'entrée de la ville face à la mer. Malgré la brise marine, il fait 40°. Difficile de croire que nous ne sommes que début janvier. L'après-midi, toujours en compagnie de Jean et Monique, nous visitons le Musée de la Céramique et la colline des potiers.


Un couple de Sobra Bella (400 ans)
dure la vie de baroudeurs
visite du musée

la colline des potiers vue depuis le musée



Les potiers occupent une colline entière en face de Bab Chaâba, "la porte de l'argile". On y trouve 140 ateliers dont certains utilisent encore des fours à bois. Un guide nous explique les différentes étapes de la fabrication des poteries. Ces artisans n'ont pas des conditions de vie très faciles. Ils travaillent souvent dans l'obscurité et la saleté. La terre utilisée vient d'une carrière d'argile située à 14 km de Safi, alors que le Kaolin servant au faïençage, vient de Limoges en France.

des blocs d'argile

une boutique sur la colline
la pâte d'argile
un four à bois

bain de kaolin
la fabrication - ici des cendriers

pinceaux en crin de cheval pour les décors
prêt pour la cuisson




Allez un petit tour à la Médina et un bon resto avant de reprendre la route. Au menu, couscous pour les gazeaux et tajine pour les gazelles!!!






couscous au poulet
Tajine de pruneaux
Tajine de poisson

MOULAY-BOUZERKTOUN



​Quittant Safi en fin de journée, nous bivouaquons pour la nuit au bord de la mer à Moulay-Bouzerktoun, un petit village au bord de la mer. Nono a presque les roues dans le sable et le coucher de soleil sur la mer est magnifique. Par contre notre sommeil ne sera pas des plus idyllique!!!! En effet, nous connaissons pour la première fois les joies du camping au milieu des meutes de chiens errants qui aboient toute la nuit!!!! Le matin les enfants viennent nous vendre du pain frais fabriqué par les femmes du village. Nous avons ensuite longé la côte jusqu'à Essaouira.










ESSAOUIRA



Cette ville ne restera pas dans nos souvenirs les plus marquants. La Medina située dans l'enceinte de la vieille citadelle est surnommée "la ville bretonne", car ses remparts ont été construits selon le concept de Vauban. Nous la trouvons dénaturée par l'explosion immobilière liée au tourisme. Même les rues principales de la Médina font plus penser à nos rues de sites touristiques, avec ses crèperies et ses boutiques de bibelots berbères.




les berbères bretons débarquent à Essaouira
Essaouira a aussi eu sa période hippie




Nous avons pu visiter un atelier d'ébénisterie marqueterie où l'on travaille principalement avec les racines et le tronc du thuya. Ce metier demande précision esthétisme et un goût prononcé pour le travail artistique. Tout comme pour les potiers de Safi, nous n'avons pu que  constater, les conditions difficiles de travail des artisans. De plus avec la crise économique qui sévit en Europe, il doit être actuellement moins facile de vendre aux touristes de passage qui serrent de plus en plus leur budget vacances.




Malgré tout la vue du haut des remparts est imprenable tant sur la corniche que sur le petit port de pêche. Les ruelles les moins commerçantes sont agréables à découvrir et offre un parfum d'authenticité. Encore beaucoup de boutiques de bijoux berbères fabriqués par les nomades dans le désert!!! Jean-Paul devra s'acharner pour repartir avec son tee-shirt sur le dos car il fait sensation et tous les vendeurs veullent le lui échanger contre un bijoux!!! Dommage, j'aurais bien aimé un bracelet en argent, mais bon difficile pour ma moitié de visiter le reste de la ville torse nu!!!






SIDI KAOUKI


Nous faisons escale deux jours sur cette longue plage dédiée aux surfeurs. Au programme, balades, poisson grillé et détente. La plage doit son nom au mausolée qui la domine, celui de Sidi Kaouki, un saint qui, selon la légende, guérirait la stérilité féminine. Cette région est aussi l'endroit de prédilection des investisseurs Saoudiens qui viennent y construire de magnifiques riads





ENTRE SIDI KAOUKI ET AGADIR



Nous sommes en plein dans la région des arganiers et nous en profitons pour aller voir la fabrication de la précieuse huile tirée de ses fruits. Le fruit de l'arganier, appelé "affiache" ressemble à une petite noix enveloppée dans une bogue. De couleur jaune-brun à maturité, l'amande contient deux à trois amandons. L'arganier étant un arbre recouvert de longues épines, il faut attendre que le fruit tombe et sèche pour pouvoir le récolter. Un arbre produit en moyenne une dizaine de kilos de fruits par an.

L'huile d'argan est en majorité fabriquée dans des "coopératives féminines d'huile d'argan". Ces coopératives sont le résultat d'un projet social qui visent à faire vivre des femmes veuves ou divorcées. Lors de visites souvent gratuites, on peut assister à toutes les étapes de fabrication, du dépulpage au filtrage. L'huile d'argan sert à la fois en alimentaire et en cosmétique. 










La fabrication de l'huile se fait en plusieurs étapes longues et fastidieuses pour les ouvrières qui travaillent à même le sol. D'abord on libère la noix de sa bogue, puis on casse le fruit pour dégager l'amande. Cette-ci est ensuite grillée pour la fabrication de l'huile. Après, on écrase les amandes pour en extraire le suc. On ajoute de l'eau chaude pour séparer l'huile de la pâte obtenue. Cette dernière est destinée à la fabrication de produits cosmétiques.


AGADIR



Que dire de cette ville sinon que c'est le lieu de prédilection de la haute société marocaine et de tous ces touristes en manque de soleil et d'exotisme!!!! Le long de la plage s'étalent les grands complexes hôteliers pour un tourisme de masse pendant que les hauteurs de la ville tentent de survivre misérablement!!! Même le grand souk n'est pas aussi pittoresque que ceux que nous avons déjà vu, et que dire de l'insistance des rabatteurs qui vous suivent et vous harcèlent même au rayon des épices!!!!. Nous resterons seulement le temps d'une nuitée et d'un passage chez le coiffeur!!!! On peut avoir l'esprit baroudeur on en reste pas moins tributaire de ses cheveux qui poussent!!!!




un petit taxi
la Grande Mosquée
loin des plages...



Nous délaissons la côte atlantique pour nous enfoncer dans les montagnes berbères et ainsi rejoindre Tiznit en passant par Tafraoute. A peine sortis d'Agadir, le paysage change et fait place aux reliefs montagneux. Les villages se font plus rares, et les enfants doivent parfois faire plusieurs kilomèrtres à pieds pour aller à l'école. Nous faisons escale à Aït Baha pour une pose déjeuner. Et à notre grand étonnement, le patron nous invite dans sa cuisine pour choisir notre tajine. Pour nous ce sera tajine à la chèvre, un vrai régal. Sans oublier bien sûr un excellent café.









LE PAYS BERBERE


La route qui mène à Tafraoute est très escarpée et en mauvais état. Il est difficile de croiser les véhicules qui viennent en face et les ravins sont profonds!!!! Plusieurs familles nomades vivent dans ces montagnes et les enfants sont rarement scolarisés. La plupart des hommes travaillent à la ville et les femmes restent souvent seules plusieurs mois avec le bétail et les enfants. Les campements sont en général installés à proximité des points d'eau ou sur un plateau herbeux.



AUTOUR DE TAFRAOUTE




Tafraoute est campée dans un spectaculaire cirque de granit rose. Les paysages montagneux comptent parmi les plus beaux du Maroc. La Vallée des Ammeln est habitée par les Berbères Chleuhs. Cette vallée qui s'étire sur une vingtaine de kilomètres, est une immense palmeraie où on cultive l'amandier, le palmier-dattier, l'olivier, le figuier et l'orge. Dans cette région, les femmes sont drapées dans un voile bleu foncé ou noir orné de fines broderies qu'elles tiennent entre leurs dents pour cacher leur visage. Tafraoute est réputée pour ses babouches en cuir à bout arrondi et à languette, traditionnellement jaune vif pour les hommes et rouge pour les femmes.

la Tête de lion, fierté de Tafraoute


Le doigt d'Agard-Oudad








TIZNIT

Après une nuit passée en pleine nature au Col de Kerdous, nous arrivons à Tiznit. Cette ville, d'emblée, nous plait beaucoup. Il est très agréable de se promener dans les dédales de sa médina. Nous sommes dans la ville du vélo!!!!! C'est ici le mode de transport le plus utilisé et il faut être vigilant pour ne pas se faire percuter à l'angle d'une ruelle. Nous commençons aussi à voir les jolis tissus mauritaniens dont savent si bien se parer les femmes du sud du Maroc.





Tiznit est une ville assez récente malgré ses allures de vieille cité fortifiée, au milieu de ses remparts aux créneaux réguliers, jalonnés de 36 tours et percés de 9 portes. La Source Bleue est l'objet d'une légende selon laquelle elle aurait jailli à l'endroit où une prostituée repentie aurait fait retraite et rendu l'âme. Les gens aiment à se réunir sur la Place Méchouar pour écouter des conteurs et des musiciens. Ils aiment tout aussi passer la porte Bab Jdid pour aller flâner et jouer aux dames sur les esplanades le long de la grande avenue. Tout un quartier de la médina est spécialement dédié au souk des bijoutiers qui fabriquent de beaux bijoux d'inspiration berbère. Nous avons pu visiter "Les Trésors du Sud", une superbe boutique musée, où sont exposées les plus belles pièces de collection.





La Source Bleue



Place Méchouar
Un grand taxi
Bab Jdid (les trois portes)



Nous reprenons la route côtière en direction de Sidi Ifni. Nous retrouvons par hasard au bord de la plage de Sidi-Mohamed-ou-Abdallah, le couple de camping-caristes avec qui nous avions fait la traversée en ferry. Le temps d'une pause déjeuner, nous en profitons pour échanger nos impressions et nos belles découvertes dans ce pays.





LES FALAISES EL GHEZIRA


Nous arrivons en fin de journée à El Ghezira. Un grand complexe hôtelier commence à envahir les lieux et il est difficile d'acceder au petit port. Nous réussissons à trouver un emplacement juste au sommet de la falaise qui domine l'océan. lles lieux sont réputées pour leurs falaises rouges sculptées dans la roches par l'érosion. Par un sentier qui descend à la plage, nous découvrons ces merveilles de la nature. Le soleil dans son déclin, ajoute à la magie des lieux.










SIDI IFNI


Après ce magnifique bivouac face à l'océan, nous arrivons à Sidi Ifni. Cette ville porte encore l'empreinte de la colonisation espagnole qui prit fin en 1969. Ici on y parle un arabe mêlé d'espagnol. On y retrouve le long de sa corniche un grand nombre de monuments de style colonial dont certains comme le palais du gouverneur, muré et abandonné. Même l'ancienne église espagnole a été reconvertie en tribunal. Les européens viennent ici pour s'y ressourcer ou d'adonner au surf. Pour nous, ce sera une escale dégustation d'un délicieux poulet rôti accompagné de lentilles, pois chiches et sauce aux olives. Un vrai régal!!!


le palais du gouverneur
l'Hôtel-de-Ville

Hum!!! je commence par quoi ???
le tribunal

Vite, j'ai faim!!!



Lors de notre passage à Sidi Ifni, nous avons découvert des manifestants qui occupaient la place de l'hôtel de ville. Installés là depuis 15 jours ils demandaient un travail décent. Nous avons essayé de discuter avec certains de leurs revendications et c'est alors que nous avons vu des membres de l'armée venir vers nous d'un air peu engageant pour nous faire comprendre que nous n'étions pas les bienvenus. Les problèmes du Maroc restent au Maroc!!!

Petite anecdote typique du Maroc : demandant notre route à des policiers en sortant de la ville, nous avons été gentiment invités à partager le couscous qu'ils étaient en train de déguster assis sur le trottoir. C'est ça aussi le Maroc!!!



Nous délaissons la côte Atlantique pour entrer dans les terres et traverser le sud Maroc d'ouest en est. Ayant entendu vanter les bienfaits des thermes d'Abeyno,juste avant Guelmin, nous optons pour une escale dans ce village. Nous trouvons un bivouac sympa juste à côté de la source et nous nous offrons une soirée trempette. Quel bonheur!!! Une eau à 39°, avec le plaisir de partager cette soirée avec de jeunes marocains. En fait il existe deux bains bien séparés, un pour les femmes et un pour les hommes. Celui réservé aux hommes devient mixte dès 19h et comme il se trouve à l'intérieur d'un camping, les touristes y vont bien volontiers et choisissent même d'y séjourner plusieurs jours pour mieux bénéficier des bienfaits de cette eau de source riche en soufre. Les enfants de la région quand ils arrivent dans l'eau, plongent au fond du bassin à la sortie même de la source pour la boire. Il paraît que cela protège des maladies. On en ressort avec la peau aussi douce que celle d'un bébé avec une drôle de sensation de pesanteur. Et croyez nous on dort après 2h de trempette comme des bébés aussi!!!!



GUELMIN SUD-MAROC



Nous arrivons le samedi à Guelmin, jour de souk aux dromadaires. Et on se dit "chouette on va pouvoir voir ces charmants animaux de plus près!!!" et bien "walou!!!! nada!!! que neni!!!!! C'est même l'horreur!!! Il n'y a au souk que quelques malheureuses bêtes efflanquées, accompagnées d'un vrai faux touareg qui vous harcèle pour se faire prendre en photo, moyennant finances!!! Nous assistons impuissants à la maltraitance de chèvres, taurillons, ânes et volailles de toutes sortes. Ici, on coupe les oreilles des moutons pour se servir de leur sang afin de les marquer!!!! Les pauvres bêtes sont tellement entravées qu'elles n'arrivent même plus à se tenir debout, on les tire dans tous les sens et le pire de tout c'est qu'elles subissent tout cela sans broncher!!!!! C'est aussi le lieu de commerce de la région pour la paille et le foin, et on peut y voir d'immenses chargement sur des camions dont on se demande comment ils font pour que cela tienne sur les routes cabossées du Maroc.
A l'extérieur de l'enclos aux bestiaux, il y a un immense marché aux fruits et légumes avec un bon achalandage, où nous avons eu plaisir à y faire nos courses. Nous ne nous attarderons pas plus dans cette ville et préférons reprendre la route en direction des oasis dont on a tant entendu parler.









TIGHMERT ET SA KASBAH


nous prenons donc la route qui traverse le Maroc, d'ouest en est, afin de nous rendre dans le désert. A l'oasis de Tighmert, notre chemin croise celui d'Ali un touareg sédentarisé qui nous invite à visiter une ancienne kasbah vieille de 325 ans, qu'il a réhabilitée en musée. Il parcourt le désert à la recherche d'objets et de bijoux retraçant l'histoire des nomades touaregs. Son musée est une véritable caverne d'Ali Baba et nous y découvrons une multitude de choses étonnantes allant des accessoires servant à équiper les dromadaires, aux costumes de cérémonies en passant par tous les objets utiles à la vie des gens du voyage. Dans la cour de la kasbah, Ali a installé une tente touareg où il nous prépare le rituel thé à la menthe. Et voilà notre berbère breton transformé en touareg pour la circonstance!!!! Un grand honneur et un grand moment de plaisir.




Après la visite, Ali nous invite à partager le tajine en famille. Nous y faisons la connaissance de sa femme et de ses trois enfants, deux filles et un petit garçon de 4 ans prénommé Saïd, dont l'histoire nous touche beaucoup. En effet Saïd est sourd profond. Il pourrait bénéficier d'une lourde opération qui lui permettrait de pouvoir entendre et ainsi avoir une vie normale, aller à l'école et par la suite avoir un métier. Malheureusement, ses parents doivent réunir la somme de 40.000dh (4000€), ce qui est une chose impossible pour des gens si modestes. Saïd a été pris en charge par Handicap Maroc, une association qui financerait l'opération à hauteur de 25% mais cela est long pour récolter des fonds de généreux donateurs. Malgré cela, cette famille nous a ouvert sa porte et nous a accueillis avec le coeur comme savent si bien le faire les habitants de ce pays. Nous espérons de tout coeur que le petit Saïd pourra bénéficier de cette opération et ainsi entendre la voix de sa maman et le chant des oiseaux de la palmeraie.






Aïssa AMTOUDI ET LA SOURCE D'ID AÏSSA


Amtoudi, nom magique dans la bouche de tous les voyageurs au Maroc, nous décidons d'aller vérifier cela par nous même!!!!! Effectivement le site vaut le déplacement. La route s'arrête à l'entrée de l'oasis d'Amtoudi. Ce village, où vivent 300 familles, est situé au fond d'un canyon. La végétation y est constituée de figuiers, d'amandiers, d'abricotiers, d'oliviers, d'orangers et de palmiers. Les villageois vivent principalement de l'agriculture : petits champs de maïs et d'orge, jardins potagers plantés de carottes, tomates, piments...








L'oasis est alimenté en eau par la source d'Id Aïssa, située à deux heures de marche au fond du canyon. En visitant le village, notre route croise celle d'Ahmed, un enfant de 11 ans. Comme ce sont les vacances au Maroc en ce moment, il accepte de nous servir de guide pour aller découvrir la palmeraie et la source. Cet enfant est un passionné de nature et il connaît sa vallée comme sa poche. De plus il est drôle et espiègle et cette petite balade en sa compagnie est un pur moment de plaisir.







​Après la source, nous ne pouvons pas quitter Amtoudi sans visiter le magnifique agadir, un des mieux conservés du Maroc, qui le domine. Le rendez-vous est donc pris avec Ahmed, pour le lendemain matin.

Un agadir était un grenier collectif qui servait à stocker les récoltes de céréales et certains biens contre les éventuelles agressions. On ne peut y entrer que par une porte appelée barbacane. Il était construit à partir de pisé, matériau rudimentaire composé de terre argileuse, moulé pendant la construction à l'aide de branches.

Chaque famille disposait d'une pièce particulière, fermée par une porte basse, pour y déposer les récoltes, les bijoux et les documents officiels. Les biens de la communauté étaient entreposés dans un espace prévu au rez-de-chaussée .
L'agadir d'Amtoudi date du XII ème siècle et il a été utilisé jusqu'en 1956. Pour le visiter, il faut être accompagné par le gardien des clefs. Il faut savoir que lors de guerres tribales, les habitants du village venaient se réfugier avec le bétail, dans l'enceinte de la forteresse, pendant le temps que durait le conflit. Pour cette raison, on y trouve les vestiges d'une mosquée. Dans l'agadir, nous y découvrons aussi une multitude d'anciennes ruches. et des réservoirs d'eau de pluie.

Pendant notre visite, Nadine en discutant avec le gardien, un vieux sage du village, lui fait part de son regret de ne pouvoir se rendre dans une mosquée. Et c'est là que se produit le miracle de la générosité marocaine!!!! Arrivés devant un long couloir très bas de plafond, l'homme lui demande d'avancer dans la pièce qui se trouve au fond. Pourquoi???? simplement pour lui offrir l'immense privilège de pénétrer seule dans les vestiges de la mosquée, lieu sacré de l'agadir.


Ahmed et le gardien des clefs

abreuvoir pour les abeilles



les ruches



En descendant de l'agadir, nous sommes invités chez Ahmed à boire le thé. Sa maman est en train de cuire le pain et Nadine est invitée à venir voir le four. Comme le mari n'est pas là, Jean-Paul doit attendre avec Ahmed dans le salon en regardant la télé. Une fois le pain cuit, nous prenons le thé avec les soeurs, les cousins et la maman d'Ahmed. Le thé est accompagné des ingrédients habituels destinés aux invités, huile d'argan, huile d'olive, miel que l'on déguste avec le pain, sans oublier les fruits secs et les petits gâteaux. Nous passons un agréable moment tous ensemble et Ahmed nous sert d'interprète. Nous leur proposons de les photographier tous ensemble, chose qu'ils n'ont jamais fait. Bien sûr, dès que possible nous leur enverrons les clichés en souvenir. Ahmed et ses cousins font des économies pour acheter un ballon (20dh), chose difficile quand on sait qu'ils donnent tout à leurs parents quand ils récoltent un peu d'argent en emmenant les touristes en balades. C'est alors qu'au moment du thé, nous sortons un simple ballon en caoutchouc que nous avions caché dans notre sac à dos pendant toute l'excursion à l'agadir. Nous vous laissons imaginer les sourires et les yeux brillants de plaisir des enfants. Un grand moment d'émotion partagée, surtout quand on sait que jamais ces enfants ne nous ont demandés quoi que ce soit. C'est avec regret que nous quittons cette belle famille pour reprendre la route. Nous espérons qu'un jour nous pourrons revenir et voir si Ahmed a ouvert sa boucherie comme il en rêve.





TATA ET SES ENVIRONS


Tata, située au coeur d'une palmeraie, entre les chaînes montagneuses et le Sahara, est une ville de passage sur la route du Sud-est du Maroc. Elle est très prisée des touristes pour son climat sec et chaud et aussi pour la possibilité qu'ils ont d'obtenir auprès de la gendarmerie royale une prolongation de séjour au delà de trois mois. Les environs de Tata offrent de superbes paysages, allant de regs (d'où le nom de désert noir) en canyons, avec un étonnant dégradé de formes et de couleurs.





Durant notre séjour à Tata, nous avons été pour la première fois au Hammam avec d'autres camping-caristes rencontrés sur place, les femmes en premier et ensuite les hommes. Ici on ne se mélange pas!!!!! Le soir nous avons été déguster une soupe Harira et flâner dans le souk. Nous y avons acheté un superbe tajine en alu (moins fragile en CC!!!) et tous les ingrédients pour nous lancer dans la cuisine marocaine.











 TISSINT ET LES CASCADES D'ATIQ


Cette petite bourgade paisible est située dans une des rares passes qui transpercent la muraille presque parfaite du jbel Bani. Nous avons bivouaqué juste au dessus des cascades Atiq qui donnent sur une grande retenue d'eau légèrement salée. Un aqueduc conduit l'eau au centre de la ville. Le lendemain, nous avons été admirer le paysage lunaire qui surplombe l'oued Tissint et pu descendre nous promener dans le lit de l'oued, à sec à cet endroit.





Entre Tissint et Agdes, nous traversons de vieux villages par une route très escarpée. Nous faisons une halte à Foum Zguid, le temps de déguster une succulente omelette kefta ( boulettes de viande épicée). C'est aussi pour nous le plaisir de voir passer ces gros camions marocains qui roulent on se demande comment. Nous poursuivons notre route à travers la région des mines de cuivre et de nickel. Nous pouvons voir dans quelles conditions travaillent et vivent les familles sur les sites. Vu la largeur et l'état de la chaussée, nous devons souvent négocier le croisement avec les camions transportant le minerai d'extraction.


logements des mineurs


AGDES ET LA KASBAH DU CAÏD ALI



Nous arrivons à Agdes pour voir le soleil se coucher sur le jbel Kissane. Nous passerons deux jours au camping de la Palmeraie, qui appartient à une famille de la région qui possède entre autre une ancienne Kasbah familiale, celle du Caïd Ali. La vallée du Drâa était une région très riche de par sa situation sur la route des caravanes. Elle attirait donc toutes les convoitises et la population devait se protéger en construisant des châteaux forts (Kasbahs) et des villages fortifiés (Ksars).




La partie haute de la kasbah du caïd Ali date d'il y a 250 ans. La partie basse a 150 ans. Cette partie abritait autrefois les appartements réservés aux invités. Derrière la Kasbah, on peut voir les ruines du Ksar, ancien village vieux de 350 ans et désaffecté depuis les années 80. L'ensemble est classé monument historique au niveau du patrimoine national Marocain. Aujourd'hui, la Kasbah qui est habitée par 15 personnes, appartient à trois générations de la famille du Caïd. Dans les années 50, plus de 200 personnes y logeaient, sans compter le personnel.

Le Caïd, dans le système féodal marocain, était un seigneur puissant qui représentait le Roi. La famille du Caïd Ali a ainsi détenu le pouvoir dans la région d'Agdes durant 450 ans. La tradition exigeait que le titre de Caïd soit transmis au frère aîné à condition qu'il soit sain d'esprit. Un vote avait lieu dans la famille afin de désigner le successeur. Le cas échéant, le titre revenait à un cousin, ou, à défaut, à la génération suivante. La transgression de certaines règles éliminait tout droit de succession, comme par exemple le fait d'abandonner la Kasbah familiale.




Le Ryad (Le verger en arabe), dans lequel se trouvent actuellement les chambres d'hôtes fut construit il y a 100 ans afin d'accueillir les visiteurs de passage, la Kasbah étant devenue trop petite pour accueillir les nombreux membres de la famille, les domestiques et les invités. A l'origine, pour des raisons de sécurité, les bâtiments du Ryad ne comportaient aucune fenêtre donnant sur l'extérieur. Toutes les ouvertures donnaient sur le patio. Les grilles en fer forgé aux fenêtres ont pour but de tamiser la lumière et d'accentuer ainsi la sensation de fraîcheur durant les saisons chaudes. Les décorations en forme de coquille surplombant les fenêtres représentent des queues de paons, leur forme permet de mettre en valeur le faux plafond. Toutes les formes sont d'abord gravées dans la plâtre afin que la finition du dessin soit parfaite lors de la pose des pigments. Il convient que le Caïd montre clairement son pouvoir économique aux visiteurs, à travers la décoration de leurs appartements. Une pièce remarquable de la Kasbah a été décorée avec des céramiques importées il y a 150 ans d'Espagne et du Portugal.






​Durant notre visite de la Kasbah, nous irons aussi faire un tour dans la palmeraie avec la maitresse des lieux. Nous y apprendrons la culture en étage. Cela consiste, non seulement à exploiter l'espace à l'horizontale, mais aussi à la verticale. Au plus près du sol nous trouvons la luzerne, les céréales et les légumes. Puis vient plus haut la culture des arbres fruitiers comme les abricotiers, les citroniers et les orangers. Et enfin au-dessus de tout, les datiers. L'irrigation des palmeraies se fait une fois par mois en été et une fois par trismestre en hiver. Elle est gérée par l'état qui ouvrent pour cela les barrages pour remplir les oueds asséchés.

Nous reprenons la route en direction de l'est, pour rejoindre Tazzarine et le désert de Serdrar. Nous traversons une fois de plus des paysages magnifiques surtout sous le soleil couchant, et nous avons la chance de voir l'Oued Draa en eau, car il y a eu une ouverture du barrage la nuit précédente. Il fait déjà bien nuit quand nous empruntons la piste qui nous mène au bivouac à la ferme dans le désert de Serdrar.





LE DESERT DE SERDRAR



Nous étions venu au camping à la ferme de Serdrar sur les conseils d'autres camping-caristes très enjoués sur les lieux. Mais nous ne pensions pas à notre réveil découvrir un véritable petit coin de paradis. Non seulement par le paysage mais aussi et surtout par l'accueil de cette famille chaleureuse qui gère les lieux.

Jardin et camping ne font qu'un et c'est pour nous l'occasion de voir le travail des cultures au jour le jour et le système ingénieux d'irrigation utilisé dans une région où l'eau vaut de l'or. A l'extérieur du camp, il a fallu forer un puits et installer une station de pompage afin d'alimenter le site et pouvoir irriguer les cultures qui nourrissent toute la famille et le bétail. Chaque parcelle de culture est délimitée par une rigole qui est ouverte au moment de l'arrosage. On libère l'eau pour inonder la parcelle. Ensuite l'eau est déviée vers la parcelle suivante. L'arrosage ne se fait qu'une fois par semaine en hiver et deux fois en été.




Ce qui fait aussi le charme des lieux, c'est son isolement total au milieu d'un magnifique désert de pierres et de dunes. Le lendemain de notre arrivée, nous allons faire une longue marche jusqu'aux dunes de sable. Tout parait si proche et pourtant nous marchons pendant plus d'une heure pour atteindre notre but. Et surtout quel bonheur pour notre mascotte de retrouver son terrain de jeu favori!!!!!




Dans le désert de Serdrar, se trouvent des carrières de blocs de pierre contenant des fossiles d'orthocères. Ibrahim, le fils de la famille, propose des randonnées à dos de dromadaires pour visiter les sites et rechercher des fossiles. Excellente idée!!!!! C'est pour nous l'occasion de découvrir ces vaisseaux du désert que sont les compagnons des nomades. A 9h, nous levons le camp avec Ibrahim, Larsen le chamelier, Greg un touriste comme nous et trois gentils dromadaires. Sylia pour l'occasion, restera nous attendre au campement, car monter sur un dromadaire non merci et marcher pendant 14 kms encore moins!!!!! baroudeuse oui, mais folle non!!!!!







​Après plusieurs heures de marche, la pause déjeuner est bienvenue. Nous pique-niquons à l'ombre des palmiers à côté des carrières. Pendant que les brochettes cuisent, nous ne pouvons pas commencer le repas sans l'incontournable whisky marocain!!! Les dromadaires eux en profitent pour aller reprendre des forces en mangeant des acacias. Ibrahim nous prépare une délicieuse salade marocaine avec les légumes du potager accompagné d'un pain maison cuit au four à bois. Des oranges bien juteuses pour finir le repas et nous sommes requinqués pour commencer les fouilles à la recherche de fossiles.




Nous ne pensions pas qu'il puisse y avoir autant de fossiles dans un endroit aussi restreint!!!! Nous qui pensions devoir chercher longtemps, il suffit de se baisser pour les ramasser!!! dans les carrières, sont extraits d'énormes blocs de pierre qui sont ensuite envoyés à Erfoud pour être transformés en plans de travail, lavabos, fontaines, plats et autres objets décoratifs. Même le plus petit déchet est travaillé pour devenir bijou ou breloque pour les touristes!!!! Nous découvrons aussi d'énormes pierres rondes qui, une fois cassées, recèlent un trésor de cristaux. Et là c'est le bonheur d'Ibrahim!!!!



Le temps passe vite dans le désert et il est temps pour nous de retourner au camping. Au passage d'endroits très empierrés, nous devons quitter nos montures afin de les aider à passer. dans les dunes de sable, Ibrahim nous fera une belle démonstration de son agilité. Arrivés au camp, la nuit tombe et il faudra encore une bonne heure de marche à notre ami Larsen pour rentrer chez lui avec ses dromadaires. Nous avons passé une excellente journée et vécu une belle aventure humaine en compagnie des hommes du désert.











​Le lendemain, Ibrahim nous invite à venir voir la cuisson du pain. Nous faisons ainsi connaissance de deux de ses plus jeunes soeurs et de son frère cadet. Le four à pain se situe dans un appentis à côté de la maison. Le matin, le pain est pétri et mis à lever. Pour une famille de 8 personnes plus les résidents du camping, il faut préparer au moins une quinzaine de pains. Au départ les pâtes ressemblent à de grandes galettes toutes plates mises à lever entre des couvertures afin d'éviter que la pâte gonfle trop. Le four est alimenté au bois d'acacia et de palmier et doit être très chaud. Ensuite la galette est posé sur une plaque contenant un fond de gravier. Le pain gonfle et cuit rapidement et il faut tourner régulièrement le pain afin qu'il ne brûle pas. Une fois cuit il est posé à nouveau entre deux couvertures afin qu'il dégonfle doucement et ne sèche pas.






​Le désert de Serdrar a aussi sa princesse qui porte le doux prénom de Saîda, 9 ans, fille des propriétaires du camping. C'est la période des vacances scolaires et Saïda va nous emmener à son tour rechercher des ammonites.

Avec elle et son cousin Ibrahim, nous irons aussi voir son école et rencontrer les enfants du village et un instituteur qui nous expliquera la dure tâche des enseignants avec des enfants qui ont tant à faire en rentrant chez eux et surtout avec le manque de motivation des parents par rapport à l'enseignement scolaire, surtout en milieu rural. De plus comme c'est la date anniversaire du prophète Mohamed, les enfants ont revêtu leurs habits de fête et Saïda s'est décorée les mains au henné.

Saïda veut plus tard être institutrice et elle a toutes les aptitudes requises pour y arriver et surtout la chance d'avoir des parents qui l'y encourage. D'ailleurs elle s'entraîne déjà en apprenant à lire et à écrire à sa maman qui n'a pas eu la possibilité comme elle d'aller à l'école.


Il est temps pour nous de quitter Serdrar, pour partir vers d'autres horizons. Nous reprenons la route toujours plus à l'est, où un autre désert nous attend : Merzouga. Nous traversons encore de bien beaux paysages. et la lune se lève sur les dunes de l'Erg Chebby pour saluer notre arrivée, pendant que le soleil se couche dans notre dos.



MERZOUGA



​Les dunes sont toujours aussi belles au lever du jour et on ne se lasse pas de les admirer. Nous prenons notre courage à deux pieds, et décidons d'escalader la grande dune qui domine le village d'Haasi Labiel. Nous suivons les conseils des gens du cru et essayons au maximum d'emprunter les crêtes des différentes petites dunes qui mènent au sommet. Facile à dire, plus difficile à appliquer!!!!! surtout quand les chaussures se remplissent de sable à chaque pas!!!! Nous finissons par les ôter.



Le sable est très chaud en surface et incroyable frais en dessous. Nous sommes surpris de découvrir une activité animale importante dans un environnement aussi hostile. Les dunes sont le domaine des scarabées, lézards, rongeurs, fourmis et nous pourrons aussi voir des oiseaux dans la partie désertique le lendemain avant la frontière algérienne, ainsi que des fleurs.
Le panorama au sommet nous récompense de tous nos efforts. Simplement grandiose!!!








​Le lendemain, nous partons en 4x4 avec Mohamed le chauffeur et Ali le gérant du camping voir les nomades dans le désert, pour mieux connaître leurs conditions de vie et surtout pour leur apporter des vivres. Paul et Christiane, deux camping-caristes  bretons sont de la sortie avec nous. Notre véhicule est des plus épique et la piste n'existe que dans la tête de Mohamed!!!! Durant la journée, nous allons faire le tour de l'Erg Chebby et longer la frontière algérienne, cela au son d'une seule et unique chanson marocaine qu'Ali nous passe inlassablement sur le radio-cassette. Pas de rembobinage automatique, rien ne vaut le petit doigt pour cela!!!!!Folklore marocain quand tu nous tiens!!!!!



Durant notre journée dans le désert, nous allons découvrir la dure vie des nomades, en particulier celle des femmes. Marcher pendant des heures pour trouver un point d'eau pour laver le linge ou tout simplement faire les ravitaillements. Cuisiner, s'occuper des enfants, du bétail, tisser les bandes de tissu qui vont servir à faire les tentes, confectionner des tapis avec des habits usés et même faire des bijoux qui seront ensuite vendus au village voisin ou aux touristes de passage.





​Le lendemain matin, il ne fait que 7°. Le ciel est chargé et menaçant. Nous poussons jusqu'à Merzouga, mais le village n'est vraiment pas attirant. Beaucoup d'hôtels en tout genre, Il est même difficile de sortir du camping-car pour acheter du pain, sans devoir repousser les rabatteurs touristiques. Inutile de rester plus longtemps. Pour tout arranger, quand nous prenons la route en direction de Rissani, un vent de sable se lève. Nous voulions faire une halte dans cette ville pour y visiter le Mausolée, mais c'est jour de souk et de guerre lasse, ne trouvant pas de place de stationnement, nous achetons vite fait un sandwich dans une petite échoppe et nous traçons en direction de la Vallée du Ziz. Dommage!!!!





LA VALLEE DU ZIZ



Nous laissons derrière nous le désert, en empruntant la Vallée du Ziz et son immense palmeraie longue de plus de trente kilomètres. Ne riez pas mais pour votre information, les habitants de la vallée s'appellent les Zizis. Nous faisons escale au camping d'Hakkou, dans le village du même nom, au milieu de la palmeraie. Pendant 2 jours, Ahmad le maître des lieux va nous faire visiter la palmeraie au bord de l'oued Ziz, le ksar qui domine le nouveau village ainsi que le moulin à huile, qui par chance, fonctionne en ce moment.


C'est en février qu'a lieu la fabrication de l'huile d'olive. Chaque exploitant apporte en tas ses olives noires. Celles-ci sont d'abord écrasées à la meule tirée par un mulet. Ensuite la pulpe est pressée pour en extraire l'huile. La qualité se fait par décantation dans des bassins en pierre. Chaque propriétaire récupère ensuite sa quote-part dans des bidons. Les déchets d'olives servent, quant à eux, de nourriture pour les animaux, mais aussi de combustible pour le chauffage. Nous aurons le privilège de nous faire offrir un litre de première pression, c'est-à-dire le haut de gamme, par les meuniers, en échange de portraits photographiques de ces sympathiques personnes.




Le dimanche, c'est le Moussem Sidi Bentalha, une fête spirituelle en l'honneur de Sidi Bentalha. La dépouille du Saint homme est enterrée à Oulad Chaker, alors que son mausolée est à Oulad Issa. C'est l'histoire de deux tribus, les Oulad Chaker et les Oulad Issa qui ont longtemps été en guerre, chacune revendiquant le droit d'enterrer le saint sur ses terres. Ces disputes n'étant pas du goût des sages, il fallut trouver un accord. Une nuit, le saint homme apparût à un des sages, lui demandant de l'enterrer à Oulad Chaker, alors que son mausolée devant accueillir offrandes et ziaras le jour du mawlid du prophète sera construit à Oulad Issa.

​C'est pour cette raison que le moussem a lieu chaque année à cet endroit. Cette fête spirituelle réunit quatre Taîfas (tribus berbères) qui fêtent le wali, au son de tamtams, tambours et ghaitas (hautbois traditionnels). Certaines personnes entrent en transe au son des rythmes de plus en plus rapides. Alors la musique doit continuer jusqu'à la fin de la transe.

Ce jour-là, on vend du pain pour récolter des fonds permettant de conserver le mausolée. Celui qui arrive à obtenir un pain ou seulement un morceau, aura la baraka. Nadine a eu la chance d'en avoir deux. C'est alors qu'une femme âgée lui en a demandé un bout. Comment ne pas lui en donner un entier!!!!! Au Maroc, le partage est une chose essentielle. Et puis c'est ça aussi la baraka : Le sourire épanoui d'une petite mamie!!!
En tout cas, c'était une très belle fête et elle ressemblait de beaucoup à nos fêtes religieuses. Différents mais tous pareils.







Malgré tout, le temps passe et il est temps de quitter notre ami Ahmad. Mais nous savons que nous allons rester en contact. Ahmad sera bientôt papa et il nous a promis de nous donner des nouvelles de sa petite famille. Nous décidons de pousser jusqu'à Meski et sa source bleue. Malheureusement, grande sera notre déception. Si le vieux ksar est magnifique, il en est tout autre de la source. Il paraît que les marocains viennent s'y baigner pour bénéficier de ses vertus. Nous n'y avons trouver qu'une eau sale où les femmes font leurs lessives et où tout le village déverse ses ordures. Il est triste de constater que ce beau pays a de magnifiques ressources qu'il ne sait pas protéger, entretenir et exploiter pour les bienfaits de tous. Nous n'y resterons que le temps d'une pause déjeuner et d'une balade digestive dans la palmeraie de la vallée du Ziz qui finit en ce lieu.






LES GORGES DU ZIZ


Après une halte rapide à Errachidia, ville jeune et moderne, nous partons faire les gorges du Ziz. Il a fait -4° dans la nuit et nous découvrons de la neige sur les hauteurs. Notre route va nous mener jusqu'au Tunnel du Légionnaire, où nous rebrousserons chemin pour déjeuner au bord du lac Hassan Addakhil, au dessus du barrage du même nom, qui assure le double rôle de protection des oasis et de la vallée de Ziz contre les crues et de soutien d'étiage.


La toilette des femmes



Nous repassons par Errachidia pour nous rendre à Goulmina. A la sortie de la ville, nous sommes éffarés par le spectacle que nous découvrons : des détritus à perte de vue. Sur plusieurs kilomètres, nous roulons au milieu des sacs poubelles. Le Maroc est loin de connaître le tri sélectif et Errachidia la belle moderne a encore beaucoup à faire!!! Mais bientôt la splendeur du Maroc reprend ses droits et nous traversons alors un immense plateau désert aux paysages magnifiques.





GOULMIMA



Nous passons deux jours super à Goulmima, à visiter le vieux ksar et la palmeraie, qui est sûrement, une des plus belles que nous ayons vues à ce jour avec plus de 100 000 palmiers. On y cultive essentiellement des céréales comme le blé et l'orge et aussi de la luzerne. Elle est arrosée par l'oued Ghéris. Comme nous arrivons au moment de l'irrigation, pour notre plus grand plaisir, nous assistons au bal des aigrettes huppées.



Goulmima, comme d'autres localités du Tafilalet, possède de nombreux villages fortifiés. L'un des plus importants et encore habités, Ighrem n'Igoulmimen, est en cours de "réhabilitation", mais cette architecture de terre, fragile, risque de disparaître ou d'être dénaturée, du fait de l'abandon, des adjonctions parasites et des "restaurations" maladroites. Ses rues étroites et couvertes sont un vrai labyrinthe. Allez, venez et suivez nous!!!







LES GORGES DU TODHRA



Vous êtes toujours avec nous??? Alors la balade continue. Nous quittons Goulmima et prenons la route des Mille Kasbahs en direction de Ouarzazate. A Tineghir, nous bifurquons en direction des Gorges du Todhra. Notre route va nous mener aux villages de Tamtatouchte et d'Imilchil, en traversant les gorges du Todhra, hautes falaises de calcaire, impressionnantes par leur à-pic spectaculaire plongeant jusqu'au lit de la rivière. Leurs cimes s'élèvent jusqu'à 300m au dessus du Todhra qui serpente depuis sa source dans les montagnes du Haut Atlas. Le septième art a immortalisé la beauté des gorges en y tournant plusieurs scènes des films "Lawrence d'Arabie" et "Cent Mille Dollars au soleil".








Il nous est souvent arrivés de voir les conditions de vie difficiles des femmes au Maroc, mais c'est vraiment dans ces montagnes, qu'elles ont pris toute leur signification. Ici les femmes marchent pendant plusieurs kilomètres pour aller chercher de la nourriture pour les animaux ainsi que du bois pour le chauffage. Elles sont souvent accompagnées par de jeunes enfants, exclusivement des filles. L'apprentissage de la vie de femme commence très jeune!!!















LES GORGES DU DADES


Après les Gorges du Todhra, nous redescendons dans la vallée, jusqu'à Boumalne-Dadès, où cette fois-ci nous reprenons la route des montagnes, via les Gorges du Dades. La route serpente au fond d'une vallée riante, plantée de peupliers, d'amandiers et de noyers, pour atteindre les gorges vertigineuses taillées dans des roches rouge oranger. Arrivés à Tamlalt, de l'autre côté de la rivière apparaissent des roches rouges érodées en forme de doigts de singe, surnommées aussi "vallée des corps humains" ou "cerveau de l'atlas".





La balade dans les gorges s'arrête à M'semrir, faute de route. Nous constatons que pour les habitants du Dades, comme pour ceux du Todhra, les conditions de vie sont très rudes. Malgré tout, les habitants y restent très accueillants et le sourire est toujours présent. Nous sommes vendredi et c'est le jour de repos hebdomadaire. C'est surtout celui où les femmes partent par petits groupes à la Mosquée vêtues de leurs belles tenues de sortie.

à chaque village sa tenue




LA VALLEE DU DADES

Nous voici dans la "vallée aux mille casbahs", mais bien sûr il est impossible de toutes les voir. Elles offrent tout de même de bien jolis paysages, avec en toile de fond les sommets enneigés du Haut Atlas.
Cette vallée à la végétation luxuriante s'étend de Boulmane-Dadès à Skoura en longeant l'Oued Dadès.
C'est la région de la rose et de son village de Kelaat Mgouna qui la met à l'honneur et où on fabrique la précieuse eau de rose. A la sortie de Kelaat Mgouna, à Azlag, des artisans perpétuent la confection de poignards dans laquelle s'était autrefois spécialisée la communauté juive du village.








OUARZAZATE



Rien que le nom donne envie d'aller voir cette ville!!! Mais avant de nous y rendre nous faisons une pause déjeuner au bord de la retenue d'eau du Barrage El Mansour Eddahbi. Cet ouvrage fut construit en 1971 en aval de l'oued Draa. L'objectif de ce barrage est de lutter contre la désertification et d'améliorer en conséquence les niveaux de vie des populations environnantes. Ce qui est impressionnant, c'est qu'à cet endroit le sol contient une grande quantité de sel qui quand le niveau d'eau du barrage est au plus bas, et que la terre s'assèche, cela donne à l'environnement un semblant de manteau neigeux.



Ouarzazate, ville remontant du temps du protectorat, est à l'origine un village berbère, Taourirt, plus connu pour sa célèbre casbah, ancienne résidence du Glaoui, Pacha de Marrakech. Elle est surtout renommée pour ses studios de cinéma où furent tournés de nombreux films à succès, comme Gladiator, Astérix et Obélix, Ben Hur, Prince of Persan, Jérusalem, et tant d'autres. Durant notre passage, nous avons pu admirer les véhicules du Student Challenge 2012, une équipe de jeunes baroudeurs, partis sur les pistes du Maroc.

​Comme à chaque fois que nous visitons une ville, nous nous offrirons une petite pause Place Al Mouahidine. Rrien de mieux que de s'asseoir à une terrasse devant un bon jus d'orange pressé et regarder, écouter, profiter de l'instant présent et du soleil et surtout du spectacle de la vie marocaine qui passe sous nos yeux...













 ENTRE OUARZAZATE ET MARRAKECH



Pour nous, il est temps de quitter le sud du Maroc. Nous prenons la route de Marrakech qui grimpe à travers les montagnes enneigées du Haut Atlas. Le Col Tizi-n-Tichka, qui culmine à 2260m sépare les provinces de Ouarzazate et de Marrakech. C'est la route la plus élevée et la plus dangereuse du Maroc. Elles est souvent fermée l'hiver car impraticable quand il neige trop fort. Avant d'entamer la grimpette, nous faisons un détour par Aït Benhaddou, vieux ksar se situant sur la partie gauche de l'Assif Mellah, et qui a inspiré beaucoup de cinéastes, en particulier David Lean qui y tourna plusieurs scènes de Lawrence D'Arabie en 1962. Ce village avec ses maisons en pisé ocre, semble littéralement sortir de terre. Les ruelles grimpent en un véritable labyrinthe jusqu'au sommet de la colline d'où un donjon en ruine domine la vallée de l'Ounila. On se rend au ksar en traversant l'oued à gué sur des sacs de sable. A notre arrivée, nous retrouvons avec un grand plaisir, quelques équipages du Student Challenge, et c'est ensemble que nous partons visiter le ksar.




Nous ne faisons qu'un bref passage à Marrakech, car nous pensions pouvoir y faire réparer notre chaudière. Mais nous devons retourner à Agadir pour trouver un réparateur. En effet, entre Tighmert et Amtoudi, nous avions dû passer dans un oued asséché, à cause du mauvais état de la route, et les secousses avaient occasionné une micro fuite d'eau sur l'électrovanne de gaz. Cela ne nous avait pas empêchés de continuer notre route, tout au plus obligés à passer plus de nuits dans des campings afin d'avoir de l'électricité pour chauffer Nono avec un radiateur d'appoint. Pour l'eau de la toilette et de la vaisselle, la bonne vieille méthode... la casserole sur le gaz. Et pour avoir chaud la nuit, opération bouillotte pour nous mais aussi pour notre petite Sylia. Les petits aléas mécaniques ne gâchent en aucun cas les grands plaisirs du voyage.




depuis notre projet de voyage, nous sommes en contact avec Isabelle et Francis qui partent en juin pour deux ou trois ans en Amérique du Sud (voir "Soif de Bougeotte" dans notre page Liens). Ils sont comme nous en ce moment au Maroc. Ni une, ni deux nous décidons de passer un moment ensemble. Nous avons deux jours devant nous avant notre rencontre et nous en profitons pour aller faire un saut à Taroudant (qui n'était pas sur notre route initiale), à l'est d'Agadir.



Taroudant



Située au cœur de la plaine du Sous, Taroudant, appelée aussi ""la Petite Marrakech", fut la première capitale des sultans Saadiens au XVIe Siècle.
Plus de 7 km de remparts ceinturent la médina. Le souk est réputé pour son artisanat du cuir, du fer forgé et de ses bijoux berbères en argent. Les mines d'argent toutes proches fournissent la matière première. Etape obligée des caravanes commerciales reliant le Sahara au port d'Agadir, Taroudant est depuis le Moyen-âge la destination de tous les grands voyageurs. C'est aussi la région de la production et du conditionnement d'agrumes et de jus de fruits.






​comme convenu, nous retrouvons notre joyeux duo de baroudeurs et leur maison Roulott', devant le camping d'Agadir. Nous partons ensuite nous installer au bord de la mer pour un déjeuner improvisé, où voyage au Maroc et anecdotes sont au menu. Et quel menu!!!!!
Nous allons ensuite voir notre réparateur de chaudière, pendant que nos amis se rendent pour refaire un lifting à Roulott', chez Lahoussine, le spécialiste de la réfection d'intérieur de camping-car. Nous les y retrouverons ensuite pour un bivouac fort sympathique devant le magasin. Ensemble, nous passerons une super soirée à parler encore une fois de....voyages!!!
Nous laissons nos amis, pour remonter à Marrakech. Nous optons pour la route côtière, en passant par Essaouira, parcours bien plus agréable et surtout parce que la mer nous manque un peu. Nous faisons une halte à Terre d'Océan, un camping à Aourir, proche d'Agadir, pour y faire les lessives. Et c'est là que nous rencontrons Rachid Nabil, un artiste peintre qui s'est spécialisé dans les décors de camping-car. Et pourquoi pas une petite gâterie pour notre cher Nono???? De plus Jean-Paul n'a pas trouvé son autocollant de touareg. Alors ce sera cadeau!!! Merci Nabil.


​Entre Agadir et Essaouira




Que cela fait du bien de revoir la mer!!!!! il n'y a pas, un breton sans l'océan ce n'est plus tout-à-fait un breton!!!! Nous en profitons pour nous rendre dans la vallée du Paradis et à Imsouane que nous avions oubliés lors de notre premier passage dans ce secteur et faire un sympathique bivouac sur la plage de Tafedna, au Cap Tafelnet, où nous avons failli avoir un locataire pour la nuit!!!. Nous retrouvons aussi Monique et Jean, nos premiers compagnons de route à Sidi Kaouki, pour un après-midi bavardages.




​La Vallée du Paradis



Cette vallée de verdure longe l'Oued Ankrim pendant plusieurs kilomètres. Elle est envahie par les lauriers roses et les palmiers. Dans les années 60, elle était le paradis des hippies adeptes du nudisme. Elle doit surtout son nom à un couple d'allemands qui, gravement malades et condamnés par la médecine, auraient séjourné pendant six mois dans cette vallée et en seraient revenus totalement guéris. La légende perdure encore!!!






​Imsouane



En arrivant à Imsouane, la route longe la falaise et donne une vue imprenable sur la baie et son point break. Ici, c'est le soleil 300 jours par an, un climat idéal, jamais au-dessous de 15 degrés avec une baie majestueuse. Ce petit port est spécialisé dans la pêche au tassergale, un poisson qui peut peser jusqu'à 7 kg. On y pêche aussi langoustes, homard, poulpe, sar, congre, sole, et calamars. C'est aussi le paradis des surfeurs, mais aujourd'hui, pas question de prendre ou de jouer avec la mer. La météo annonce plusieurs jours de vents violents. Ce sera l'occasion pour les marins de rafistoler les filets ou de repeindre les coques, ou encore de jouer aux cartes dans une des multiples petites gargotes du port.




​Plage de Tafedna



Après plusieurs kilomètres au milieu des arganiers, des oliviers et des thuyas, nous arrivons à l'embouchure de l'oued Igouzouln, sur la plage de Tafedna. Tout comme à Imsouane, nous nous retrouvons au milieu des barques bleues. Il y a juste un petit café-restaurant et un four à pain pour apporter un peu de vie à ce petit hameau. Le vent se lève et nous avons du mal à rester sur la plage balayée par le sable. Au soleil couchant, nous avons un invité de marque, qui viendrait bien passer la nuit avec sa copine sylia. Le matin, au réveil, nous avons la chance de pouvoir assister au ferrage des ânes.









​Essaouira




​C'est notre deuxième passage dans cette ville. La première fois, nous avions été un peu déçus, mais nous y étions passés trop rapidement. De plus certaines ruelles de la médina étaient en travaux, ce qui empêchait un peu d'y flâner en toute tranquillité. Nous décidons donc de nous y arrêter pour une pause déjeuner et une balade au port. La plage est bien plus propre et les tranchées dans les ruelles ont été comblées. Il y a aussi moins de monde dans la médina, ce qui rend notre promenade encore plus agréable. Par contre c'est une des villes où nous avons vu le plus de personnes âgées mendier dans les rues. La pauvreté dans cette tranche d'âge est très importante, car le système de protection sociale est trop récent pour certaines personnes. D'autres n'ont jamais travaillé et se retrouve sans famille pour les accueillir et les nourrir.

Et puis un port, même de pêche, ça sent la mer et les voyages, et ça, c'est ce que nous aimons le mieux. Essaouira, avec ses remparts à la Vauban, est souvent appelée ""le Petit Saint-Malo". C'est vrai que de ce côté des remparts, les rochers et le décor, nous font un peu pensé à notre ville bretonne favorite, et le ballet des mouettes ajoutent leur cris au décor.




​Marrakech



Marrakech "la Ville Rouge" est, comme Rabat, Fès et Meknès, une cité makhzen "impériale". Elle se situe en frontière entre le nord et le sud aux portes du Haut Atlas. C'est la quatrième plus grande ville du Royaume. La ville est divisée en deux parties distinctes : la Médina ou ville historique (dix kilomètres d'enceinte) et la ville nouvelle dont les quartiers principaux s'appellent : Guéliz (créé par le Général Lyautey pendant le Protectorat) et Hivernage (quartier hôtelier). Le nom de Marrakech vient du tamazight « Mour » qui signifie « pays » et « Akouch » qui veux dire « dieu » ce qui donne la terre de dieu. Une autre étymologie donne l'interprétation de « terre de parcours. »

C'est une importante cité universitaire, qui s'est spécialisée depuis peu dans les métiers de l'audiovisuel. L'économie de Marrakech repose essentiellement sur le tourisme, le commerce et l'artisanat. On recense dix-huit souks à Marrakech, où exercent plus de quarante mille potiers, dinandiers, maroquiniers et autres artisans. Leurs productions traditionnelles sont aujourd'hui concurrencées par des sandales en plastique, des djellabas synthétiques ou de fausses écharpes palestiniennes fabriquées en Inde ou en Chine.

​Contrairement à "radio cancan CC", nous avons pu visiter cette superbe ville en toute tranquillité sans harcèlement aucun. Cela est certainement dû à la haute surveillance discrète de la police touristique en civil, mis en place dans la médina, pour protéger les touristes et lutter contre la délinquance, le trafic de drogue et les arnaques de certains vendeurs. Par chance, nous trouvons une place au parking de la Koutoubia au plus près de la Place Jemaa El Fna et de l'effervescence de la médina.












La mosquée Koutoubia, ou mosquée des libraires, fut débutée sous la dynastie berbère des Almoravides en 1120, mais fut profondément remaniée à partir de 1162 sous l'émir Almohade Abu Yusuf Yaqub al-Mansur, et devint l'un des édifices les plus caractéristiques de ce style. Son nom vient du fait qu'elle se situait dans le souk des marchands de manuscrits.

Son minaret hispano-mauresque est le repère le plus fameux de la ville et est devenu le monument emblématique de la ville. Il mesure 69m de haut et 12,80m de côté à la base. Il est composé de six salles superposé et du chemin de ronde au sommet, le regard porte à plus de 80 kms.C'est le rendez-vous préféré des Marrakchis, qui s'y retrouve en famille le vendredi soir, pour fêter le début du week-end.




La Place Jemaa El Fna
s'appelait jadis "l'Assemblée des trépassés" car les sultans y exposaient en exemple les têtes des suppliciés. Elle attire sans cesse beaucoup de visiteurs venus pour assister aux spectacles animés des charmeurs de serpents, dresseurs de singes, conteurs et musiciens, et porteurs d'eau, cela du début de la soirée jusqu'à l'appel de la prière de l'aube. Et nous avons pu le constater, dormant non loin de là, que la fête chez les marocains n'est pas un vain mot.

« L'espace culturel de la place Jemaa el-Fna » a été inscrit par l'UNESCO en 2001 en tant que patrimoine culturel immatériel de l'humanité. Lors de notre passage en début de matinée, la place est encore assez calme, ressemblant à n'importe quelle place de marché. Et au moment de notre retour en fin de journée pour nous rendre à notre parking, le spectacle est tout autre. De nombreuses gargotes ambulantes se sont installées et la place' grouille de monde venu faire la fête jusqu'à l'aube au son de musiques entraînantes endiablées. C'est le point de départ aussi pour entrer dans la médina, ses souks et ses ruelles.






Nous profitons de la matinée, pour partir en repérage dans la médina afin de revenir visiter les principaux monuments après déjeuner. Notre petite virée va nous emmener à travers les souks et les ruelles ombragées qui sont un véritable labyrinthe.Au programme de l'après-midi, visite du Palais de la Bahia, des Tombeaux Saadiens et du Palais El Badi.






Le Palais de la Bahia est un chef-d'œuvre de l'architecture marocaine dont la construction remonte à la fin du XIXe siècle. Comme la plupart des palais arabo-andalous, il renferme de beaux jardins et de jolis patios, et comporte 150 chambres richement décorées. La construction du palais a été entreprise par l'architecte marocain El Mekki pour le compte du grand vizir Ahmed ben Moussa dit Ba Hmad (1841-1900) pour y loger ses 4 épouses et ses 24 concubines. Sous le Protectorat français, le général Lyautey, alors résident général, en fit son domicile. Le Palais de la Bahia, comme beaucoup de bâtiments historiques de cette époque au Maroc, était dans un état de conservation très dégradé. Un programme de restauration, commencé en 2011, a permis de lui redonner tout son éclat. Il reste encore quelques travaux et nous n'avons pas pu voir la grande cour et la grande salle. Le Palais est un ensemble de maisons et d'annexes accolées les unes aux autres sans ordre préétabli, sur une superficie de 8 hectares. Il témoigne de l'architecture marocaine du XIXe siècle, notamment par la peinture sur bois qui illumine les plafonds, les linteaux, les portes et les fenêtres. Il a été construit de plain-pied pour faciliter les déplacements du grand vizir handicapé par son obésité. Le Palais est souvent utilisé pour des concerts de musique arabo-andalouse ou pour des expositions d'art.






Le palais El Badi
a été édifié à la fin du XVIe siècle par le sultan saadien Ahmed El-Mansour Dhahbî pour célébrer la victoire sur l'armée portugaise, en 1578, dans la bataille des Trois Rois. La construction de ce fastueux palais dura de 1578 à 1603. Les matériaux les plus riches furent utilisés pour décorer les 360 pièces du complexe princier. Aujourd'hui, il ne reste qu'une immense esplanade creusée de jardins, plantée d'orangers et entourée de hauts murs. En effet, en 1696, le sultan alaouite Moulay Ismaïl a pris ce qu'il y avait de plus riche dans ce palais embellir ses palais de Meknès. Aujourd'hui, la muraille d'enceinte en pisé fait les bonheur des nids de cigognes. La conception de ce joyau de l'art islamique a été influencée par l'alhambra de Grenade (Espagne).



Les tombeaux Saadiens ne furent découverts que vers 1917, car le Sultan Moulay Ismaïl en avait fait muré l'entrée. Ils furent restaurés par le service des Beaux-arts. La nécropole abrite une centaine de tombes et deux mausolées. Le premier se compose de trois salles en enfilade : Une salle oratoire, la salle des douze colonnes (la plus prestigieuse) qui abrite la tombe du sultan Ahmed El Mansour, avec son fils et son petit-fils. Sa coupole en bois de cèdre ouvragé, et les stucs sont finement travaillés, les sépultures y sont en marbre de Carrare d'Italie. La troisième, la salle des Trois Niches, accueille les sépultures des jeunes princes saadiens, des épouses et de concubines des sultans. Ce mausolée constitue un très bel exemple de l'art décoratif hispano-mauresque. Le second mausolée abrite le tombeau de Lalla Messaouda, mère du sultan El-Mansour. À l'extérieur, se trouvent les tombes des soldats et serviteurs et un jardin de la nécropole.




Nous avons beaucoup aimé cette ville et surtout la facilité avec laquelle toutes les catégories sociales se côtoient. Chacun circule a son rythme selon ses moyens de transport dans un joyeux tintamarre de klaxon, de sonnettes de vélo, de pétarades de mobylette et de martèlement de sabots des chevaux tirant les calèches. Malheureusement, nous devons poursuivre notre route. Nous remontons vers le nord en direction de Fès, en faisant un détour par les Cascades d'Ouzoud et la vallée des cèdres à Azrou, en espérant y voir les singes magots.




​Les Cascades d'Ouzoud




A environ 40 km au sud-ouest d'Azizal, l'oued Ouzoud se jette dans le canyon de l'oued El-Abib en formant une gigantesque cascade de plus de 100m de haut, alimentant une succession de piscines naturelles.Nous décidons d'accéder aux cascades du côté le plus sauvage de l'oued et aussi le plus escarpé. Un passage à gué permet de franchir l'oued et de remonter sur l'autre versant du canyon. Cette partie du site est plus touristique et le long des 560 marches qui grimpent au sommet de la falaise jusqu'au parking, gargotes et magasins de souvenirs se côtoient sans prétention.Au cours de notre balade, nous avons pu voir quelques familles de singes magots. Mais la vue de Sylia ne les mettaient pas de très bonne humeur. En effet, dans cette région, le chien est le premier prédateur de cette espèce en voie de disparition.




​La forêt de cèdres et les singes magots




Entre Ouzoud et Azrou, le paysage nous donne vraiment l'impression d'être dans les Alpes. Nous bivouaquons au dessus d'Aïn Leuh, auprès d'un village de vacances désaffecté, et il y a encore de la neige dans les prés. Les chalets en bois ne ressemblent en rien aux maisons traditionnelles marocaines mais plus aux typiques chalets suisses!!! Nous prenons une petite route de montagnes qui serpente au milieu de la célèbre forêt des cèdres, et là sous nos yeux émerveillés, toute une famille de singes magots prend le soleil à travers le sous-bois. Nous arrêtons Nono et décidons de tenter une sortie. Rien ne vient troubler le calme de notre petite tribu, ils sont tout au plus méfiants et nous veillons à ne pas sortir Sylia pour ne pas les effrayer et profiter au mieux du spectacle.






Nous aurons aussi l'occasion d'approcher encore de plus près ces primates, juste à la sortie d'Azrou. Là, des étudiants en primatologie étudient le comportement des touristes et des singes magots. Ils nous expliquent qu'ils sont en voie d'extinction à cause du tourisme massif dans cette région. Au contact des touristes qui les nourrissent à excès de friandises et de sandwichs, les singes souffrent d'obésité et de maladies transmises par l'homme comme la grippe.

Durant notre discussion, nous tenant un peu à l'écart de la cohue des touristes qui arrivent par cars, une femelle magot et un jeune sont venus tout naturellement s'allonger sur le muret où nous étions appuyés. Ils n'ont pas cherché à nous quémander de la nourriture car ils comprenaient bien par notre attitude que nous n'étions pas là pour ça. Ils s'épouillaient tranquillement et à un moment la femelle s'est même endormie tout contre nous. Ce fut un moment intense et pour ne pas troubler la magie, nous n'avons pas fait de photos, car pour eux télé-objectif veut dire touriste, donc nourriture. Mais croyez nous, ces images sont bien gravées dans nos têtes.







​Fès




Nous laissons nos singes magots pour poursuivre notre route en direction de Fès. Le paysage varie entre montagnes et plateaux, par une route sinueuse et pas toujours en très bon état. Nous traversons Ifrane et découvrons une ville à l'architecture typiquement française ayant encore les stigmates du Protectorat . Une ville certes très proprette mais nous n'y retrouvons aucunement l'esprit marocain. Heureusement, Fès est là pour nous rappeler dans quel pays nous sommes!!! Et il nous faut un bon moment pour trouver un parking proche de la médina afin d'y passer la nuit et pouvoir être au plus près du coeur de la ville. Tout comme pour Marrakech, nous partons le matin à la découverte de la médina afin de s'imprégner de l'atmosphère et de se repérer, et aussi pour mieux organiser nos visites.





Fès fut construit à la fin du VIIIe siècle et par cela en est la doyenne des quatre Villes Impériales. Elle est la capitale culturelle et spirituelle du Maroc. Elle se compose de trois cités distinctes : Fès El-Bali, la Vieille Ville ; Fès El-Jedid, la cité impériale; et la ville nouvelle aménagée au début du XXe siècle par le Protectorat Français. Cette une ville a su conserver sa gastronomie et son artisanat traditionnel, tout en adoptant un rythme de vie moderne.

Sa médina, classée au patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco, est la plus vieille et la plus grande du monde arabe. Le bleu profond de ses céramiques est l'un des symboles de Fès. Nous y accédons par l'entrée principale Bab Bou Jeloud, une porte monumentale de style hispano-mauresque. Et là nous sommes saisis par la vie intense qu'il y règne. La médina est construite de chaque coté de l'oued Fès. On descend jusqu'au quartier des tanneurs par la rue Talaa-Kebira et l'on revient sur nos pas par Talaa-Seghira. Les rues sont entièrement couvertes et de chaque côté se déploient les souks et foundouks. Les différents monuments sont souvent difficiles à trouver car leur entrée se perd au milieu des échoppes et font partie intégrante des souks.

















​La Medersa Bou Inania 
édifiée entre 1350 et 1355 par le sultan Abou Inan, est la seule de la ville comportant un minaret et elle jouxte aussi des boutiques qui permettait à l'époque son financement, ainsi que de vastes latrines, qui témoignent de son caractère public. En effet, elle fonctionnait aussi bien comme une école que comme mosquée du vendredi. Cette medersa est ouverte aux non-musulmans (hormis l'étage) et nous avons pu la visiter.

Une medersa est un établissement supérieur d'enseignement religieux. Derrière une porte à auvent, aménagée dans un mur aveugle, un vestibule en chicane débouche sur une cour à portique, agrémentée d'un bassin, sur laquelle donnent la salle d'enseignement et de prière et les cellules des étudiants, desservies, à l'étage, par une galerie. Nous avons visité la medersa, un vendredi, jour de prières. Ce qui fait que la grande salle de prières était fermée par un rideau pour protéger les femmes du regard des visiteurs. Les seaux autour du bassin servent pour les ablutions. Ce lieu est vraiment magnifique par ses décors et son architecture.





Notre visite s'est poursuivi jusqu'au quartier des tanneurs et nous avons pu voir les conditions de travail des artisans, depuis la terrasse d'un magasin de maroquinerie. Ce qui nous a tout d'abord surpris c'est l'odeur pestilentielle qui se dégage des foulons (cuves). Ce lieu fait vivre environ deux cent familles. Les méthodes de travail n'ont pas changé depuis des siècles. Tout d'abord, les peaux sont mises à trempées dans un bain de chaux pour en éliminer les poils. Ensuite elles sont trempées dans un bain contenant des fientes de pigeon et mises à sécher. Puis le cuir est assoupli et aminci à la main à l'aide d'un racloir. Vient ensuite le bain de teinture à base de pigments naturels tel le safran pour le jaune, le coquelicot pour le rouge, la menthe sauvage pour le vert, et l'indigo de Fès pour le bleu. Les peaux ainsi traitées, sont mises à sécher au soleil en dehors de la médina. Elles y reviendront enfin pour y être travaillées dans les souk par les artisans.






Après le quartier des tanneurs, nous passons devant la Mosquée Karaouiyine. Comme c'est jour de prières, la porte est grande ouverte et nous pouvons voir la beauté de la grande cour avec ses trois fontaines. Bien entendu ce lieu est interdit aux non musulmans et c'est tout ce que nous pourrons en voir. Nous rencontrons alors un jeune homme, qui nous conduit sur le toit d'un magasin, où il travaille comme gardien de nuit. De là nous pouvons voir les toits et le minaret de la mosquée ainsi que ceux du Mausolée de Moulay Idriss II.

La Mosquée Karaouiyine est un centre spirituel et universitaire qui s'étend sur 16'000m2 et qui peut accueillir 20'000 fidèles. Elle est considérée comme étant la plus ancienne université dans le monde, encore en activité et propose de nombreux enseignements tournés vers diverses sciences, parmi lesquelles l'étude de la religion islamique.

Le Mausolée de Moulay Iddriss II, considéré comme le fondateur de la ville, est exclusivement réservé aux musulmans. Toutes les rues qui cernent le sanctuaire, sont barrées par une poutre transversale placée à 1,50m de hauteur, invitant le pèlerin à se courber humblement et interdisant l'accès aux animaux de bât.






Sur le chemin du retour au bivouac, nous passons par la place Moulay Hassan dans le quartier du Palais Royal. Ceete place rectangulaire est considérée comme l'un des monuments les plus pittoresques de la ville. Elles est entourée de hautes murailles en pisé qui abritaient autrefois les cérémonies officielles. Elle a été restaurée récemment et chaque année s'y déroule le festival International des Musiques sacrées du Monde.





​Volubilis




Nous quittons l'agitation de Fès pour nous rendre aux ruines de Volubilis, ville antique romaine située sur les bords de Oued Khoumane, rivière de la banlieue de Meknès, non loin de la ville sainte de Moulay Idriss Zerhoun où repose Idrîs Ier. Le nom de la ville vient du latin volubilis signifiant "qui tourne, qui a un mouvement giratoire". La ville vivait du commerce de l'huile d'olive. On retrouve dans les ruines de nombreux pressoirs à huile.









C'est un site remarquable. On y trouve encore des mosaïques à décors géométriques ou figuratifs. La cité a été partiellement fouillée depuis 1915, sous le protectorat par des archéologues français et marocains. Aujourd'hui, ce sont 40 hectares de vestiges (seulement 17 accessibles au public) qui s'étendent au milieu des oliveraies et des champs. Quelques monuments prestigieux ont été restaurés pendant le XXe siècle. La qualité de conservation remarquable des mosaïques et l'exceptionnelle préservation du site ont incité l'UNESCO à le classer au patrimoine mondial de l'humanité.







Nous voici arrivés dans la dernière ligne droite de notre séjour marocain. Et nous ne pouvons pas partir sans visiter une des plus séduisantes cités du Royaume, celle dont tout le monde nous parle, tant les marocains que les touristes. Nous nommons ici :



Chefchaouen




Blottie sous les deux pics jumeaux du Jbel Ech-Chaouen ("les cornes en berbères"),c'est assurément une des plus belles cités du Royaume. Avec ses ruelles, ses fontaines et ces petites places ombragées, elle a vraiment des airs de paradis andalou. Elle est réputée pour la qualité de son artisanat mis surtout...de son kif issu des plantations de canabis du Rif!!! Mais c'est surtout pour sa tranquillité qu'elle est la destination favorite de tous. Dès notre arrivée nous tombons sous son charme. Mais c'est surtout au matin que le spectacle est le plus grandiose. Devant nous une mer de nuage vient baigner les pieds de la Belle Bleue. Nous partons dans les ruelles escarpées de la médina qui doucement se réveille.






Après déjeuner, nous découvrons un spectacle tout autre, avec les boutiques colorées et les enfants qui donnent vie à cette cité calme et tranquille. Nous avons même du mal à nous y retrouver car tout paraît changer depuis notre passage ce matin. Nous découvrons une boutique où un artisan tricote de bien jolis chapeaux. Tiens, justement il y en a un qui nous y attendait!!! Un chapeau de Nono!!! Une bien belle journée pour finir en beauté. Il est temps pour nous d'aller voir d'autres paysages.






Nous avons passé 10 semaines fabuleuses dans ce beau pays que nous ne connaissions absolument pas. Nous avons préféré le dépaysement total du sud tant par l'accueil de ses habitants que par le changement radical qu'offrent ses paysages désertiques. Nous avons été parfois un peu exaspérés par le comportement de certains vendeurs dans les souks, ou encore par le "bonbon-stylo-dirham" des enfants, mais la gentillesse et la disponibilité des autres effacent amplement ces petits désagréments. le comportement nonchalant des marocains nous a souvent fait sourire et comme ils savent si bien le dire "un homme pressé est un homme déjà mort".

Nous avons manqué de belles rencontres enrichissantes et cela à cause de notre méfiance d'européen. Quand certaines personnes ont voulu nous inviter chez elles pour le thé, nous avons décliné l'invitation pensant que c'était par intérêt. Sûrement un manque de discernement de notre part mais aussi dû au vécu de certains voyageurs camping-caristes.

Nous y avons découvert une autre façon et surtout notre façon de vivre et de nous organiser pour la suite du voyage. Nous savons que nous sommes capables de vivre avec peu en évitant le gaspillage. Et même la panne de notre chaudière, nous a montrés que nous pouvions nous en passer très facilement. Nous avons aussi appris à nous adapter en fonction des ressources, en particulier alimentaires que nous offre le pays visité. Il est aussi très agréable et très enrichissant de cuisiner local. Bien sûr nos petits plaisirs alimentaires nous ont parfois manqués. Hummm un bon fromage qui pue et du bon saucisson sec avec un petit verre de vin gouleillant ou alors une bonne galette saucisse avec une bolée de cidre et que dire du caramel au beurre salé!!!!! Mais bon nous avons aussi profité des bons couscous, tajines et omelettes berbères qui nous ont fait amplement oublier notre chère cuisine française.

Nous avons aussi fait de belles rencontres tant locales que de gens de passage comme nous. Certains nous suivrons sur ce site et nous espérons les faire voyager à travers nos récits et nos images. Nous en retrouverons d'autres sur les routes du Monde comme Isabelle et Francis qui partent bientôt en Amérique du Sud. Vous pouvez aussi les suivre sur leur site (voir "Soif de bougeotte" sur notre page "liens").

A aucun moment nous n'avons douté pour la suite de notre aventure, bien au contraire. alors...



Et pour finir avec le sourire, nous vous offrons quelques images insolites


​INFORMATIONS PRATIQUES

Décalage horaire         2h (été) à 1h (hiver) en moins avec la france
Monnaiele diram - 1€ = 10,8 Dir
Coût de la vietrès bas pour nous européens -  environ 50 Dir pour 2 pers pour un Tajine + jus d'orange+dessert+café
nourriture pour chien facilement trouvable dans les grands supermarchés Marjane
Languel'arabe, le berbère et le français mais aussi l'espagnol dans certains endroits du nord
VisaNous : passeport obligatoire - 90 jours renouvelables 1 fois
Syllia : passeport européen, carnet de vaccination, sérologie anti-rabique
Camping-car : permis d'importation de 180 jours
Nous avons pris le bateau à Algésira (E). La traversée coût environ 180€ A/R.
Le plus interessant est de prendre le billet chez Guttierez à Algesira (pres du centre commercial Carrefour) car
il fournit en plus tous les documents de passage en douane. Il est posible de débarquer à Ceuta ou à Tanger.
Douane EntréeCeuta (enclave espagnole)
Douane sortieCeuta
Assurance
​Camping-car
assurance française (pays de la carte verte)
Bivouacslibres partout. Campings très bon marché (50 à 70Dir/nuit) - parking gardés par marocains pour 10Dir la nuit
Diésel0,75€ le litre
Eaule plus gros problème !!! mais on en trouve dans tous les campings et parfois il faut aller au puits!!!
Electricité220V flutuant descendant souvent à 180V !!! prises françaises compatibles - prevoir onduleur
Gazle mieux c'est d'acheter les bouteilles (souvent cabossées!!!) sur place et de les échanger dans les commerces.
On peut aussi les remplir à la station de gaz de Marrakech
Interneten arrivant au Maroc, allez chez Maroc Telecom et acheter une clé 3G (20€ par mois) qui permet d'avoir internet haut débit en ilimité même dans le désert !!!!!
Laveriespenser à emporter le bon savon de marseille sinon on trouve des machines à laver dans crtains campings
Réseau routierles grands axes sont corrects, sinon très moyen avec souvent des portions de routes effondrées au niveau des oueds.
Eviter de rouler la nuit : risque de percuter des chèvres, des ânes ou pire des marocains !!!
Guides voyageGéo-Guide Maroc
​Guide Gandini : le Maroc en camping-car
Cartes routièresMichelin National
Marco Polo : achetée sur place à Sidi Ifni



​La suite c'est ici : ​​​L'ESPAGNE