Le Mexique et ses anciennes civilisations





Souvenez-vous de notre arrivée à Coatzacoalcos, sous une pluie battante, nous faisant regretter amèrement notre départ de Zipolite !!! Notre brave Nono a encore été bien secoué pendant toute la nuit, mais heureusement à notre réveil le beau temps est revenu. Avant de prendre la route de Campeche, nous faisons un petit tour sur le Malecòn afin d'admirer enfin sous d'autres cieux les eaux bleues du Golfe du Mexique. Nous ne nous attarderons pas plus que cela dans cette grande ville portuaire, surtout aux vues des kilomètres que nous avons à parcourir. Si depuis notre arrivée au Mexique, nous avons le plus souvent traversé des paysages montagneux, arides et brûlés par le soleil, il n'en est rien des paysages que nous  découvrons en longeant la côte. Bocages et lagunes se succèdent depuis l'Etat de Veracruz jusqu'à celui de Campeche, en passant par le Tabasco. Ici, on cultive cacao, canne à sucre, ananas et bananes. Pour la première fois dans ce grand pays, nous voyons des vaches bien grasses paître paisiblement dans de grands pâturages. Et soudain, comme une grande bouffée d'oxygène, on se rend compte à quel point toute cette verdure nous avait manqué. Pour en ajouter un peu plus à notre plaisir, nous découvrons en pénétrant dans le Campeche, un Etat d'une incroyable propreté par rapport à ceux que nous avions jusqu'à présent traversés !!! Que cela fait du bien de ne plus voir tous ces immondices jalonnant notre route !!!



Campeche



Ancienne ville maya, Campeche fut découverte en 1517 lors des premières expéditions espagnoles dans le Golfe du Mexique. Soumise par Francisco de Montejo en 1540, elle devint jusqu'au 18ème s. le seul port du Yucatan d'où partaient le chicle (gomme), les bois précieux et de teinture, ainsi que l'or et l'argent des autres contrées. Célèbre pour le palo de tinte, bois très réputé pour la teinte des étoffes, Campeche était régulièrement pillée par les flibustiers des Caraïbes qui n'hésitaient pas à massacrer la population. Exaspéré, le roi d'Espagne décida de fortifier la ville vers 1686.





Inscrite au Patrimoine Mondial de l'Unesco, cette ville côtière fleure bon aujourd'hui le calme et la douceur de vivre. Les anciennes maisons coloniales ont été restaurées et affichent gaiement leurs façades aux couleurs pastel. Le soir, on y danse volontiers la salsa sur le Malecòn en regardant le soleil se coucher ou encore on va profiter de la fraicheur du soir pour flâner autour du Zocalo.






A cette étape de notre voyage au Mexique, bien que nous avions déjà eu un aperçu des anciennes civilisations comme à Teotihuacan ou encore à Cholula, nous plongeons, en quittant Campeche, dans le monde enfoui et mystérieux des anciennes cités mayas.



Un peu d'histoire


Les civilisations dites "précolombiennes" sont celles qui se sont développées en Amérique centrale et en Amérique du sud avant l'arrivée de Christophe Colomb en 1492. La plus ancienne de ces civilisations est celles des Olmèques (1200 a 500 av. JC) qui vivaient au Sud-est du Mexique actuel, à l'emplacement des Etats de Veracruz et Tabasco. Les plus connues de ces anciennes civilisations sont bien-sûr les Mayas, les Incas et les Aztèques. Elles furent anéanties au 16èmes s. par les conquistadores espagnols venus conquérir le "Nouveau Monde" au nom de la couronne espagnole.


La civilisation maya aujourd'hui disparue, s'étendait autrefois de l'actuel Yucatan au Honduras en passant par le Guatemala et le Belize. A l'apogée de leur culture (3e et 4e s.), les Mayas ne savaient pas utiliser la roue et les métaux pour fabriquer des outils, mais ils maîtrisaient l'écriture, l'astronomie et les mathématiques. Leur économie reposait sur l'agriculture, en particulier le maïs et le cacao dont les fèves servaient de monnaie d'échange. Ils tissaient le coton et travaillaient l'or, le cuivre, l'argent et le jade pour créer des bijoux et des parures. Leur société était divisée en classes sociales, et les villes étaient dirigées par des souverains héréditaires. Ils adoraient plusieurs dieux, liés à la naure (le Soleil, la Lune, la Pluie, le Maïs, etc.). Leurs prisonniers de guerre étaient sacrifiés ou réduits en esclavage.








Du 8e au 10e siècle, les grandes cités mayas sont abandonnées progressivement sans que l’on sache pourquoi (Tikal, Calakmul, Copan, Palenque). Les cités situées au nord (Chichén Itzá, Uxmal, Mayapan) continuent néanmoins à prospérer pendant quelques siècles. Ce déclin de la civilisation maya est probablement dû à une combinaison de facteurs (guerres, sécheresse, révoltes, prophétie...).

Comment quelques centaines d’Espagnols ont-ils pu anéantir plusieurs millions d’Indiens ? Les Indiens n’opposèrent que très peu de résistance aux conquistadores, qu’ils considéraient comme des êtres surhumains. Les armes à feu, les armures et les chevaux donnèrent un avantage décisif aux Espagnols. Lorsque les espagnols entreprirent la conquête de la Péninsule Mexicaine dans la première moitié du 16e siècle, ils trouvèrent la région en plein chaos culturel, politique et économique. Il n'a fallu que quelques années à une poignée d'hommes dirigée par Cortés, pour soumettre à la couronne espagnole toute la péninsule grâce à un jeu d'alliance avec des tribus ennemies entre elles.

Aujourd’hui, les descendants des Mayas vivent au Mexique, au Guatemala, au Belize, au Honduras et au Salvador. Certains vivent encore dans des maisons aux toits recouverts de feuilles de palmiers et les femmes portent encore la tenue traditionnelle.


​Uxmal



Au sud de Mérida, se trouvent le long de la "Ruta Puuc" plusieurs anciens centres urbains créés par des Mayas venus du Sud de la Péninsule du Yucatán. Uxmal en est le centre politique, militaire et religieux. Avec ses 20.000 habitants, il était l'ensemble le plus important du Yucatan avec Chichén Itzá. Nous savons que c'est un site très prisé des tours opérators et nous redoutons un peu de devoir jouer du coude à coude avec des groupes visitant le site au pas de course. A notre grande surprise, nous sommes pratiquement seuls et nous pouvons à loisir admirer les différents édifices et les nombreux iguanes qui se prélassent au soleil.

​Si à Teotihuacán, on vénérait le dieu-créateur Quetzalcóatl le Serpent à Plume, ici c'est Chaac le dieu de la Pluie qui est omniprésent. La plupart des noms donnés aux différents édifices comme celui du Carré des Nonnes ou encore le Pigeonnier l'ont été fait par les espagnols lors de leur découverte. Le premier ressemblait fort à un couvent et il est problable qu'il ait servi pour des cérémonies religieuses. Le second quand à lui était un palais résidentiel et c'est sa ressemblance avec un pigeonnier qui lui valu un tel nom.


la Pyramide du Devin

le Carré des Nonnes
Chaac le Dieu de la Pluie

le Pigeonnier



Laissant de côté Mérida, nous filons directement à Chichén Itzá. La route traverse des villages où la vie nous semble assez difficile. Des familles entières vivent dans une seule pièce, sans aucun confort : une table quelques chaises et un hamac pour seul lit. Pour les hamacs, vu le taux d'humidité ici, on ne croit pas que les literies tiendraient bien longtemps sans moisir !!! Ici on cultive, la canne à sucre, et plusieurs variété de fruits : papaye, pastèque et mangue.

Par contre, une fois de plus nous ne pouvons que constater les dépôts d'immondices au bord des routes. Certes, les déchets sont brûlés mais personne ne s'occupe de surveiller les feux et une fois les braises éteintes, les bouteilles de verres et les boites de conserves restent !!! Nous comprenons qu'il est difficile pour les mexicains d'éliminer les déchets quand ce n'est pas la préoccupation première du pays, mais tout de même, il en va de la responsabilité de chacun !!!

​Dans certains Etats, les ordures sont entassées au bord des routes autour des panneaux "No tire basura" !!! Là on sent bien la contestation. Mais ailleurs c'est simplement, à notre avis, un je m'en foutisme général et ce qui est le problème de tous n'est surtout pas le problème de chacun !!! Très dur à vivre quand  on est habitué au tri sélectif, en respect de l'environnement et de la planète !!!




​Chichén Itzá

Chichén Itzá avec Uxmal et Tulum est la destination première des mexicains et touristes internationaux venus passés les vacances de Pâques dans la péninsule du Yucatan. Et justement c'est en pleine semaine sainte que nous débarquons pour visiter ce magnifique site inscrit au Patrimoine mondiale par l'Unesco et depuis 2007 considéré comme une des sept merveilles du monde moderne !!! Autant vous dire qu'il y a le feu !!! Bon après les poubelles on reste pour ainsi dire ..."dans le feu de l'action" !!!

Il fait une chaleur étouffante et pour nous la seule chose qui nous importe c'est de garer Nono à l'ombre afin de ne pas retrouver notre bonne Sylia complètement cuite à point !!! Le parking est plein à craquer et on nous demande de nous garer avec les bus en plein soleil !!! Ça commence mal !!! Sans se démonter pour autant, on va directement trouver les agents de la police fédérale présente sur les lieux, qui déplaceront leur véhicule pour nous permettre de garer Nono sous les arbres et sous haute surveillance !!! Et cela sans bakchich !!!

Du monde il y en a partout !!! Dehors et surtout dedans !!! Nous avions lu dans le Routard, le coup de gueule des rédacteurs concernant les vendeurs ambulants installés partout dans les allées jusqu'au plus près des édifices !!! Nous les savons un tantinet critiques (normal pour des français !!!) mais la réalité dépasse largement ce qui est écrit dans le guide !!! A chaque pas nous sommes interpelés et pas toujours de façon aimable !!! Difficile de faire des photos sans avoir en ligne de mire un vendeur soufflant dans un appeau en forme de tête de jaguar émettant un pseudo rugissement fort désagréable. Nous sommes conscients que ces gens sont là pour gagner leur vie, mais un tel site devrait être mieux protégé, et nous trouvons dommage que l'Unesco ne fasse pas plus de contrôles et surtout n'interagisse pas vis à vis des pouvoirs publiques qui ne font rien pour améliorer les choses. Surtout que Chichen Itzá reste le site le plus cher, car ici nous payons une entrée double avec un billet pour l'état et un autre pour la communauté.



Le Castillo

l'entrée du jeu de pelote
le jeu de pelote
le Temple aux Mille Colonnes



Ancienne ville maya située entre Mérida et Valladolid. Chichén Itzá fut probablement, au Xe siècle, le principal centre religieux du Yucatán. La cité aurait été fondée par les Itzáes, tribu maya venue du sud vers 450 ap. JC. La construction d'une cité maya à cet endroit est due à la présence de deux puits naturels (cenotes) qui constituaient un trésor inestimable dans cette région dépourvue d'eau. Le site doit d'ailleurs son nom à cette source d'eau souterraine, Chichén signifiant "la bouche du puits".

La vie dans les cités mayas était ponctuée de cérémonies rituelles dont celle du jeu de pelote. Ce jeu opposait sept joueurs par équipe : six au centre du terrain et les capitaines sur les terrasses qui bordaient les murs. On utilisait genou, pied droit, hanches et même une batte pour faire toucher l'anneau adversaire, situé sur le mur à plusieurs mètres du sol,  par la balle en bois. La faire passer dans l'anneau était un exploit extraordinaire. Un match pouvait durer plus d'une journée et à l'issue du match, le capitaine des vainqueurs était sacrifié aux dieux par décapitation, un honneur chez les mayas.




la tombe du Grand Prêtre

El Caracol 
l'église
l'annexe du Temple des Nonnes





Depuis que nous sommes dans la Péninsule du Yucatan, il règne une chaleur étouffante et moite et il n'est pas rare de voir la température atteindre les 50° dans la journée, pour ne descendre qu'à un petit 35° la nuit. Heureusement, la région fourmille de cenotes, immenses trous naturels creusés au cours de longues périodes glaciaires sur des terrains calcaires et qui contiennent d'énormes quantités d'eau douce et une faune aquatique très variée, où il est possible de se baigner et même de pratiquer le snorkelling ou la plongée. 

En effet, les cenotes du Yucatán résultent de l’impact d’une météorite il y a 65 millions d’années. Elles se répartissent effectivement de manière concentrique autour de la trace du cratère d’impact. Le Yucatán est entièrement constituée de calcaire et pendant les périodes de glaciation, l’eau de pluie s’est infiltrée au travers de la roche poreuse, formant grottes, galeries et vastes voûtes.

Ces cenotes sont issues des rivières souterraines et forment le plus important réseau souterrain de grottes du monde. Par endroit, les voûtes se sont effondrées et ont ainsi donné naissance à ces pittoresques puits naturels, parfois de grande taille, que l’on trouve en pleine jungle (par exemple à Celestun) ou en ville (Valladolid). Les puits peuvent atteindre plusieurs dizaines de mètres de profondeur.

Les mayas appelaient ces trous d’eau « Dzonot » (puits sacrés), d’où le nom espagnol « cénote ». Ils considéraient ces puits comme un moyen de communication avec les dieux de l'inframonde, le gouffre représentant une bouche. Ils les utilisaient comme réserve d'eau douce, mais aussi comme lieu de culte dans lesquels étaient jetées des offrandes ou des victimes sacrificielles.



Valladolid et le cenote Zaci

Cenote Cabañas Suytun (en haut) - Gran Cenote de Tulum (en bas)



Chaleur humide et suffocante, vent et mer agitée, ça c'est pour la météo !!! Hordes de touristes mexicains et étrangers ça c'est pour l'ambiance loin d'être à notre goût quand nous atteignons la côte pacifique et Tulum !!! Mais bon tant pis pour nous, nous n'avions qu'à y venir en période plus creuse et non en pleine semaine touristique !!! Pour voir les tortues et nager avec elles c'est un peu raté car avec les vagues elles préfèrent rester un peu plus au large. Dommage car pour nous c'était notre seule chance de pouvoir les approcher de près. La région de Cancun n'ayant pas une bonne réputation et le temps nous étant un peu compté, nous décidons de visiter Tulum et de longer la côte jusqu'à Chétumal, en espérant une météo plus clémente.



Tulum




Tulum est l'unique site archéologique en bord de mer du Mexique. Son nom en maya signifie "forteresse".  Contrairement aux autres cites, on n'y trouve ni pyramides ni palais gigantesques. C'était en fait un port de commerce avec l'Amérique centrale. La fondation de la cité semble remonter à 564 ap. JC, mais la majeure partie des vestiges datent de la période postclassique tardive, c'est-à-dire après 1200. Certaines fresques découvertes à l'intérieur des bâtiments laissent suggérer une influence mixtèque. 

Tulum fut un centre religieux et commercial prospère à partir du XIIIème s. environ, jusqu'à la conquête espagnole. La cité était encore habitée par les populations maya lors de l'arrivée des conquistadors espagnols, mais elle fut abandonnée au cours du XVIe siècle. Tulum semble avoir été un site majeur dédié au culte du Dieu Plongeur. Jusqu'au début du XXe siècle, certains villageois des environs avaient l'habitude d'apporter des offrandes à Tulum, mais les visites continues des touristes provoquèrent la fin de cette pratique.




Chetumal, ville à la frontière du Belize, n'a pas grand intérêt mais nous savons grâce à des voyageurs rencontrés sur la route, que nous pouvons y faire une superbe halte au camping Yak Ha, les pieds dans l'eau, à l'ombre des cocotiers. La route qui longe la côte passe par la Laguna de  Bacalar, magnifique avec ses eaux turquoise. Quant au camping on ne nous avait pas menti !!! C’est un petit coin de paradis !!! Dommage que la mer soit toujours aussi agitée, mais bon il reste toujours la piscine !!! Nous y resterons trois jours avant de reprendre la route pour rejoindre le Chiapas.




les eaux turquoise de la Laguna Bacalar

les pieds dans l'eau au camping Yax Ha
lever de soleil sur la Mer des Caraïbes


​Chicanná 



Sur la route qui nous mène à Palenque, nous faisons étape pour visiter cette fois-ci  Chicanná, un site maya de style Rio Bec. Son nom signifie "la maison de la bouche du serpent". La cité dépendait beaucoup de Becán sa voisine et fut semble-t-il habitée de 100 av. JC jusqu'au XIIème s. Chicanná contient quelques-uns des bâtiments les mieux décorées dans la région. Pour arriver aux édifices, nous traversons une forêt semi-tropicale à la végétation luxuriante et peuplée d'une faune très riche que l'on entend certes sans toutefois pouvoir la voir. Très peu de touristes viennent visiter ce site et c'est bien dommage car l'environnement est agréable et le circuit à travers la forêt bien délimité.

Après cette visite bien sympathique, nous poursuivons notre route en profitant une dernière fois du plaisir d'être dans le Campeche. Et oui, on a omis de vous préciser que Chicanná se trouve au sud de cet état qui nous plait tant. Après une nuit dans le petit village de Mamantel, nous voilà d'attaque pour gravir les marches des grandes pyramides de Palenque !!!



Deux jours après avoir quitté Chetumal, nous voici dans un autre Etat du Mexique, le Chiapas, considéré comme un des états les plus pauvres du pays. C'est une région montagneuse au climat rude et à la végétation luxuriante. Elle est principalement peuplée d'indiens, pour la plupart descendants des Mayas. Ils sont Tzotziles, Tzeltales, Choles, Tojolabales ou encore Zoques, chacun parlant son propre dialecte et beaucoup ne parlant pas l'espagnol. Certains n'ont même jamais quitté la jungle pour se rendre ne serait-ce qu'à Palenque.

Le Chiapas produit 30% de l'énergie électrique du pays et il est une des plus grandes sources de richesse du Mexique grâce au café, au maïs et aux élevages qu'il produit. Son sous-sol regorge de pétrole et de gaz. Pourtant, plus de 80% des communautés indigènes n'ont ni eau potable, ni électricité, ni hôpitaux. Beaucoup d'enfants souffrent de malnutrition et le Chiapas occupe la première place du pays en termes de mortalité infantile. Très peu d'enfants sont scolarisés et on les retrouve au bord des routes à vendre des fruits et des bibelots ou encore à garder les voitures sur les parkings des sites alors que parfois ils ont à peine 4 ou 5 ans.



Agua Azul



En arrivant à Palenque, la météo incertaine, nous décide à pousser en premier, jusqu'aux cascades d'Agua Azul sur la route de San Christobal. Il sera ainsi plus pratique de revenir sur nos pas pour visiter le site archéologique et ensuite reprendre la route de Villahermosa. Agua Azul est un site d'une rare beauté : une succession de cascades aux eaux d'un bleu turquoise, enchâssées dans une forêt tropicale et ce que l'on a pu en voir sur les autres sites nous laisse imaginer le spectacle qui nous y attend.

Après plus de 50 kms de route tortueuse et par endroits défoncée, et plus d'un heure de queue où l'on décline sans cesse les assauts des vendeurs de galettes et agua de fruits de tout genre, nous arrivons enfin sur le parking des chutes d'Agua Azul. Les vacances ne sont pas terminées pour les mexicains et ils profitent d'un dernier week-end pour venir se baigner dans les cascades. Autant dire que nous ne sommes pas seuls !!! Le temps est orageux et nous apporte une chaleur moite difficile à supporter pour nous. Nous arrivons malgré tout à trouver une place à peu près plane et à l'ombre afin de bien nous installer dans l'intention d'y rester la nuit. Il paraît que les cascades sont magnifiques au lever du soleil...

Malheureusement, comme on le redoutait, un violent orage éclate dans la soirée. Les abords des cascades, les chemins et le parking se transforment en pataugeoire en quelques minutes. Ceux qui avaient monté des toiles de tentes pour la nuit se réfugient avec leur matériel à l'abri des sanitaires et sur le terrain de sport couvert. Tout ce qui peut servir à accrocher un hamac est réquisitionné et l'ambiance festive reprend !!! Nous, bien à l'abri dans notre coquille nous regardons le déluge un peu inquiets tout de même car avec l'état du terrain nous craignons de ne pouvoir sortir de ce bourbier le lendemain matin. Au petit jour la pluie a cessé, mais pour combien de temps ??? alors tant pis pour les cascades aux premières lueurs, de toute façon le ciel est gris et menaçant !!! Vite on déjeune et on reprend la route avant le rush en direction de Palenque.




Palenque



Situé aux pieds des montagnes du Chiapas, le site archéologique de Palenque est grandiose.  Inscrite au Patrimoine mondiale de l'Unesco, la cité émerge de la forêt vierge et malgré la foule de touristes, est vraiment agréable à découvrir. Même les guides ici, nous renseignent sans que l'on fasse partie de leur groupe, chose rare au Mexique.

Alors que les cités du Yucatan étaient en plein essor, Palenque sortait juste de terre. Elle ne connut son apogée que sous le règne du roi Pascal qui fit construire la plupart des édifices importants. Sa construction, très différente de celles d'Uxmal ou encore de Chichen Itzá, est plutôt de style classique. Le roi Pascal fit construire la plupart des édifices, notamment la pyramide du temple avec à l’intérieur une crypte funéraire pour son propre tombeau. Vers l'âge de 100 ans il mourut en transmettant le trône à son fils Chan-Bahlum (Jaguar-Serpent). Ces deux souverains marqueront l'histoire de la cité par leur grandeur, beaucoup de bas-reliefs leur rendent hommage. Après la mort de Chan-Bahlum, Palenque entre sans sa phase de déclin pour s'éteindre à la fin du Xème siècle.





Si nous avons beaucoup apprécié la journée passée à visiter l'ancienne cité de Palenque, ce n'est pas le seul souvenir mémorable que nous garderons de notre passage ici. En effet, pour ne pas être trop loin du site archéologique, nous décidons de poser notre coquille au Quiloma Hôtel, qui accueille aussi les camping-cars. L'endroit est calme, ombragé et bucolique, nous avons en plus la wifi. Et alors, nous direz-vous quoi d'extraordinaire en cela ??? Et bien tout simplement parce qu'une gentille famille de singes hurleurs vient matin et soir se nourrir de baies dans les arbres de la propriété. Un vrai bonheur, car ces gentils primates sont très curieux et une fois qu'ils ont compris qu'on ne leur veut aucun mal, ils viennent très près de nous et il s'en est fallu de peu pour qu'un jeune ne chaparde la tablette de Jean-Paul !!! Prise de bec entre deux primates !!!






​Palenque restera aussi un moment douloureux de notre périple. Après beaucoup de discussions, de nuits agitées à peser le pour et le contre, c'est décidé nous rentrons en France pour fin juin 2014. Pourquoi ??? Pour plein de raisons !!! 

Primo, et ce n'est pas des moindres, nous commençons à avoir des doutes sur la possibilité d'aller jusqu'en Amérique du Sud avec notre camping-car. Nous constatons chaque jour ses limites et nous ne sommes encore pas sur des parcours difficiles. Arriverons--nous seulement à traverser le Guatemala. Rappelons que notre brave Nono est traction, ne possède pas de suspensions pneumatiques et de plus nous sentons bien que son moteur fatigue déjà en altitude. Alors à quoi bon continuer en risquant à chaque instant de le casser.

Secundo, en poursuivant notre route plus au sud, nous allons commencer à rencontrer des difficultés au passage des frontières avec notre petite mémère et cela nous ne le voulons, ni pour elle ni pour nous. Elle commence aussi à vieillir et nous voyons bien que cela devient de plus en plus diffilce pour elle. Nous ne voulons pas la laisser au bord de la route et préferons la ramener sur ses terres.

Alors c'est décidé nous allons remonter gentiment vers le Canada et rentrer en France pour les grandes vacances afin de profiter de notre petite famille. Et surtout pour tout liquider et repartir cette fois-ci sans date de retour fixe. Car c'est sûr cette vie-là, nous l'aimons trop et ce n'est plus possible pour nous de vivre autrement.




de Palenque à El Tajin



Nous décidons de remonter vers les USA en longeant la côte est du Mexique. Encore un peu sous le choc de notre décision, nous aspirons au calme et décidons de ne pas nous attarder du côté de Coatzacoalco. Nous trouvrons ce que nous cherchons dans la petite ville de Tlacotalpan, au bord du Rio Papaloapan. Ce port fluvial, classé au patrimoine de l'Unesco, fut fondé au milieu du XVIe siècle. Tout son caractère apparaît dans ses rues larges, aux maisons à colonnades bâties dans une exubérante diversité de styles et de couleurs, aux nombreux arbres anciens ornant les espaces publics et les jardins privés. Ici tout semble calme et paisible. Les enfants jouent le soir autour du zocalo, les hommes traversent tranquillement la ville à cheval. Les gens nous saluent gentiment et viennent voir si nous ne manquons de rien. Le bonheur simple !!!






Prochaine étape le site de El Tajin. Nous ne faisons qu'une brève escale déjeuner à Veracruz, trop agitée et trop bondée en cette période de vacances. Les plages sont sales et ne donnent même pas envie de mettre les pieds dans l'eau. Veracruz est située dans une vaste région agricole. Ici on cultive le café, mais aussi la canne à sucre, et les élevages de bovins sont importants. 




El Tajin


Nous voici près de la ville de Poza Rica et au nord du port et de la ville de Veracruz, dans les montagnes et les collines qui s’étendent de la Sierra Madre orientale à la côte du golfe du Mexique près de la rivière Tecolutla. 
El Tajin se caractérise par l'utilisation de niches décoratives et de béton sous des formes inconnues dans le reste de la Mésoamérique. Son monument le plus connu est la pyramide des Niches. La ville révèle une influence toltèque. Elle était contemporaine de Tula et Xochicalco dans le centre du Mexique et des sites mayas d'Uxmal et Chichén Itzá au Yucatan.






El Tajin est un des sites précolombiens les mieux conservés du Mexique. Tajin signifiant « Éclair », le temple d’El Tajin a été attribué au dieu du temps. Une autre version moins courante relate que Tajin fait référence, pour les Totonaques, à un groupe de 12 seigneurs, maitres du temps. On estime que la ville d’El Tajin a connu son apogée autour du 10ème siècle, où la ville comptait vraisemblablement environ 50 000 habitants.

Inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, elle a été bâtie par les Totonaques, un peuple amérindien de la côte du golfe du Mexique, qui joua un rôle clé auprès de Cortès dans la colonisation du Mexique. Le peuple Totonaque s’est développé entre le 5ème et le 12ème siècle avec pour centre névralgique la ville de El Tajin.





Voilà, il est temps pour nous de dire au-revoir au Mexique. Nous avons été conquis par ce pays et c'est avec regret que nous remontons vers la frontière et les Etats-Unis. Il nous reste encore tant à découvrir dans ce pays si accueillant. 

En deux jours nous allons avaler les kilomètres, nous qui roulons à la vitesse d'un escargot. Après la viste de El Tajin nous filons à Tuxpan au bord de la mer et trouvons un petit restaurant qui accepte que nous restions pour la nuit sur son parking. Puis nous allons longer la côte des merveilles, bien grise et sale,  destination favorite des touristes mexicains.






Nous ferons une dernière halte à Soto la Marinade et choisirons de passer la nuit sur le parking d'une station de service Pemex car ici les regards ont changés. C'est surtout la vie difficile des mexicains qui nous arrive de plein fouet depuis Tuxpan. Ce sera d'ailleurs la seule fois où nous serons dérangé par un homme tapant aux vitres du camping-car en criant "dollars, dollars !!!" Mais nous avions été prévenus par le gardien de la station que l'on risquait ce genre de désagréments et sur ses conseils nous avons fait la sourde oreille, décourageant ainsi notre malheureux !!!

Et c'est durant presque 200 kms, sur une route en travaux, identique à celle de notre entrée 4 mois 1/2 plus tôt que nous finirons notre périple mexicain !!!





​La suite c'est ici : ​​​LES ETATS-UNIS 2