de Arenillas à Guayaquil




du  11/01 au 27/01/19 
17 jours - 1330 km

Le 11/01/19, nous quittons le Pérou et entrons en Equateur. Le passage de la frontière se fait en une heure. Est-ce dû à nos cheveux blancs et à notre statut de « mayores », mais on nous offre des sièges pour patienter et nous passons même avant tout le monde !!! Une fois la douane passée, nous sommes agréablement surpris par l’état de la route et surtout la propreté environnante !!! Plus de détritus au bord des routes !!!

Nous arrivons à Arenillas et décidons de voir s’il est possible de changer notre embrayage. Nous devions déjà le faire au Pérou, mais la pièce était introuvable. Ici pas de problème, le premier garage que nous trouvons se propose même de nous le faire dans l’après-midi. Nous en profitons pour aller faire quelques emplettes en ville, toujours aussi surpris par la gentillesse des gens que nous rencontrons. Le soir venu, nous nous installons près de l’église avec la bénédiction des gens du quartier.






Le lendemain, nous prenons la direction de Puyango. Nous sommes ici dans la région El Oro, entre vastes plantations de bananiers et collines verdoyantes. Cela nous change du désert que nous avons traversé pendant presque un mois !!!






Le principal attrait de Puyango est sa situation au cœur de El Bosque Petrificado, une forêt pétrifiée de 2659 hectares, probablement la plus vaste d’Equateur. Des troncs fossilisés d’araucarias, vieux de plusieurs millions d’années ont été découverts, parfois enfouis sous 8 couches de sédiments. Certains atteignent 11m de long et 1.60m de diamètre. 






​Un circuit bien balisé, offre une belle promenade au milieu des troncs fossilisés et des Petrino Gigante, ces arbres géants pouvant atteindre 45m de haut pour 2.50m de diamètre. Leur tronc est fait d’anneaux circulaires espacés d’un à deux mètres. Chacun d’entre eux représentant 10 ans de croissance. Un petit musée clôture la visite.






Il est encore tôt et nous ne souhaitons pas rester en plein soleil tout l’après-midi et surtout payer 4 $US/pers pour dormir sur un parking. Nous reprenons donc la route en direction de Loja. Rapidement nous prenons de l’altitude, la route serpente et le brouillard fait son apparition. Nous pensions faire escale à Catamayo, mais la nuit arrivant, le petit parking de l’église de Velacruz fera l’affaire pour un repos bien mérité. 

Le lendemain matin, nous arrivons pour le déjeuner à Catamayo, petite ville sans grand intérêt. Après un tour autour de la place centrale, nous décidons de pousser jusqu’à Loja. 




Loja, capitale de la province du même nom, est une grosse bourgade située à 2100m ; elle fut fondée en 1548, ce qui en fait une des plus anciennes villes du pays. Nous sommes dimanche et le centre historique est désert !!! Nous flânons dans les ruelles, arrivons au Parque central et visitons le Musée de la Culture où l’on peut admirer des œuvres contemporaines. Après avoir tourné en rond dans le centre pour trouver une place pour la nuit, nous allons voir la police municipale, toute contente de nous accueillir ; un policier déplacera même sa voiture afin que nous soyons stationnés sous les caméras de surveillance. Bon, ce ne sera pas la nuit la plus calme car la rue est très passante, mais au moins nous dormirons tranquilles !!!





Allez, direction le nord !!! La route grimpe sec et nous voici à plus de 3500m au dessus des nuages. Nous visitons le petit village de Saraguro à 2560m d’altitude, réputé pour son artisanat de perles.  A l’origine les Saraguros vivaient au bord du lac Titicaca. Ils furent déplacés dans les montagnes de cette région d’Equateur en 1470 selon le système inca des mitimaes (déplacements forcés). Au siècle dernier, ils migrèrent de leur plein gré à des altitudes beaucoup moins élevées et s’installèrent souvent aux côtés de communautés shuar d’Amazonie équatorienne. 





Ici les femmes portent des chapeaux blancs à larges bords, de longues jupes noires et arborent des fibules ouvragées appelées tupus et de grands colliers de perles de toute beauté appelés chakiras. Les hommes portent des pantalons noirs courts, des panchos noirs et des chapeaux en feutres et les cheveux longs. 






Nous poussons jusqu’au petit village de San Felipe de Oña à 2400m d’altitude. Une petite place arborée, flanquée de maisons en adobe,quelques boutiques, une petite comida et autour une campagne verdoyante où chantent les cascades. Après un déjeuner de poulet, riz et frijoles, nous partons nous balader sur les hauteurs du village. Tout ici invite à la flânerie, ce sera notre halte du jour !!!






Nous ne sommes plus qu’à 110 km de Cuenca. Nous y arrivons en fin de matinée et là commence la recherche d’un bivouac. Toujours problématique ces bivouacs dans les grandes villes !!! Pour une fois les points IOverlander ne nous plaisent pas. Nous finissons par trouver notre bonheur dans une petite ruelle calme non loin du Parque San Sebastian. Ici Frankiz est en sécurité et nous pouvons visiter la ville en toute quiétude. 






Cuenca est la troisième ville d’Equateur par sa population. Située à 2500 m d’altitude, cette grande métropole jouit d’une situation privilégiée, arrosée par les rios Tomebamba , Tarqui, Yanunkay et Marchagara. De plus, son architecture lui confère un certain charme. Le rio Tomebamba divise la ville en deux parties avec au nord du fleuve la ville coloniale et au sud la ville nouvelle. Le centre historique est classé au Patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco.  





Une voie piétonne et cyclable longe la rive nord du rio Tomebamba, permettant d’admirer les édifices coloniaux qui surplombent les rives, comme suspendus au-dessus d’une falaise, d’où le nom du quartier El Barranco. Des « escalinatas » aux larges marches de pierre, permettent de rejoindre le centre historique. Notre balade va nous emmener au Parque Calderón, lieu névralgique de la vie Cuencaña. Nous pouvons y admirer la Cathédrale ainsi que de beaux édifices coloniaux.


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Puis nous partons visiter le Musée du Paja Toquilla, où nous apprenons tout de la confection du fameux  « Montecristi ». Depuis plus d’un siècle, ce fameux couvre-chef porte par erreur, le nom d’un autre pays. En effet, il connut son apogée au moment de la construction du canal de Panamá, quand les ouvriers portèrent ces chapeaux légers et résistants pour se protéger du soleil tropical, les associant alors à ce pays d’Amérique centrale.

Pour tout équatorien, le panama est un sombrero de paja toquilla, fabriqué avec les fibres du palmier toquilla, qui pousse dans l’arrière-pays aride de la côte centrale équatorienne, notamment autour de Montecristi et Jipiapa. 






La réalisation de ces chapeaux demande un long travail. On récolte d’abord les pousses du palmier juste avant qu’elles deviennent des feuilles. Celles-ci sont ensuite battues, ouvertes à la main puis bouillies et finalement séchées au soleil durant 3 jours. Ces fibres sont ensuite achetées par des tisserands, principalement des femmes qui vont réaliser des chapeaux bruts. Ceux-ci sont ensuite tapés pour affiner la fibre,  mis en forme grâce à des moules dans des presses à vapeur. Puis garnis de galons. Plus le tissage est fin, plus le chapeau est de qualité. Le prix bien suit !!! Durant la visite, Nous pouvons voir la façon dont étaient travaillés les chapeaux au siècle dernier et la comparer aux méthodes actuelles.




Quartier San Sebastian​



Á l’époque préhispanique, Cuenca, alors appelée Guapondelic,  était habitée par les indiens Cañari. Un site archéologique, du nom inca Tomebamba,  a été mis à jour au bord du rio. Il semblerait que Tomebamba signifie Guapondelic en quechua.  La base des édifices a été reconstituée. Afin de protéger ce site, il a été intégré au Muséo del Banco Central. Ainsi, on peut y admirer les poteries qui y furent découvertes. Le musée comprend aussi une section ethnographique expliquant la vie des habitants de chaque région d’Equateur et leur habitat en taille réelle. Ce musée dépendant del Banco Central, nous pouvons aussi y découvrir une section numismatique, rapportant l’évolution des monnaies au cours des siècles passés. Malheureusement, impossible – comme toujours !!! – de faire des photos de l’intérieur, merci internet !!!






​Le musée se trouvant à deux kilomètres de notre bivouac, nous avons besoin d'une petite pause avant d'entamer le retour. Et quoi de mieux qu'un bon sandwich et d'un succulent jus d'orange pour reprendre des forces, surtout quand le pain est fait au levain !!! Nous reviendrons même avec de sérieuses munitions !!!






La région de Cuenca regorge de petits villages riches en artisanat. Nous avions entendu parler de Choreleg, réputé pour ses bijoux en filigrane. Ce village était déjà un important centre de bijouterie avant l'arrivée des Incas, et est aussi connu pour ses sculptures sur bois, ses poteries, ses textiles et panamas.

Quelle déception !!! Ce ne sont que des boutiques de bijoux tape-à-l’œil, pas toujours de bon goût et de qualité !!! Quand aux autres artisanats c'est tout made in china !!! La place est en rénovation, difficile de trouver où se garer. Nous partons sans succès, à la recherche d'artisants pouvant nous montrer leur travail. Nous trouvons tout de même, dans les locaux de la municipalité, un petit musée exposant quelques belles pièces dignes d'un vrai travail d'orfèvre dont il faudra nous contenter. Bref, après une balade dans les ruelles, nous décidons de pousser jusqu’à Sigsig.







Nous arrivons juste à la tombée de la nuit et nous installons au bord du rio Santa Barbara, en contre bas du village. Après une bonne nuit de sommeil, nous grimpons les ruelles escarpées jusqu'au centre ville. Situé à 2400 m d'altitude, Sigsig est construit sur les vestiges d'un village indien de l'époque colonial. Une jolie place centrale, un mercado bien achalandé, et surtout des gens adorables qui nous saluent le sourire aux lèvres. Nous allons jusqu’à l’office du tourisme et y apprenons qu’il existe une association de femmes travaillant à la confection des chapeaux en paje toquilla et que l’on peut voir leur travail. 





Une feria a lieu durant le week end et ce sera pour nous l’occasion de goûter au cochon grillé et même de repartir avec des munitions pour plusieurs jours. Ici on peut acheter son plat et l’emporter  pour le manger chez soi. C’est parfois assez épique à transporter car l’assiette est simplement emballée dans un sac en plastique. Alors imaginez nous,  portant notre déjeuner durant 2 km !!! Et si en plus il pleut et que le chemin devient boueux !!! Le midi les étudiants mangent sur le pouce dans les petites comidas autour du mercado central. Nous ferons donc comme eux, nous régalant de bolones de verde (plat à base de banane plantain bouillie et écrasée) et de maduro con queso. 




Avant de quitter Sigsig, nous allons donc visiter l’association de paje toquilla. Un immense chapeau fait au crochet trône dans le patio. Cette association emploie 175 femmes travaillant principalement chez elles, quand ce n'est pas en marchant dans la rue ou encore en tenant leur étal au marché. 

Durant la visite, nous pourrons assister à la finition des chapeaux et tout comme à Cuenca, nous aurons droit aux explications concernant le processus de leur mise en forme. 





Puis nous poussons par une piste caillouteuse,  jusqu’au site archéologique de Chobshi. Ce site est certainement un des plus anciens sites d'occupation des chasseurs cueilleurs d'Equateur. En effet, les vestiges retrouvés dans la Cueva Negra dateraient de plus 15000 ans.

Juste à côté de la grotte, nous pouvons voir les fondations d'un ancien temple Cañari " le château de Duma" datant de 1450. Cet espace archéologique est constitué d'une structure rectangulaire de 110m de long par 22m de large. Le chateau fut construit par Cuñari Custania, en charge à l'époque de la Cacique Dumas.

Une grotte, quelques murs en pierre, un petit musée malheureusement fermé. Rien d’extraordinaire, mais la campagne est belle et domine un joli canyon. Le temps se dégrade et nous préférons filer plus au nord jusqu’à Inguapirca.





Situé dans la province de Cañar,  à 80 km au nord de Cuenca et 3200 m  d’altitude, le petit village d’Ingapirca abrite le principal site archéologique du pays. Il semblerait, vu son style architectural, qu’il fut construit par les Cañaris et les Incas entre l’an 500 et 1532. Sur plus de 20 Ha, on peut y découvrir les fondations des demeures, ateliers et bains cérémoniaux, ainsi que le Temple du Soleil très bien restauré.






​Ce site était à l’origine un observatoire pour les Cañaris. Au XVs, les Incas s’emparèrent de ce lieu stratégique et le transformèrent en bastion militaire. Malheureusement, comme partout en Amérique du Sud, les espagnols utilisèrent les pierres  d’Ingapirqua pour construire les villes voisines. Le site revêt toujours une grande importance pour les Cañaris qui sont chargés de la gestion des ruines et du musée.






​Le Templo del Sol qui servait jadis de centre de cérémonies mais aussi d’observatoire, domine tout le site. Nous découvrons aussi les bains cérémoniaux, un monolithe vertical représentant la tombe d’une femme, certainement de haut rang, et des réservoirs de vivre circulaires appelés collcas.






Un musée vient compléter la visite et une jolie balade dans la campagne environnante mène jusqu’à la Cara de l’Inca, ce visage gigantesque créé par l'érosion et devenu symbole pour les incas qui l'ont appelé IntiHualco. Durant notre promenade, nous pourrons aussi observer diverses pierres cérémoniales sculptées, toutes en rapport avec l’eau qui pour les Cañaris avait une grande importance.






Nous quittons la Sierra du Sud pour remonter toujours plus vers le nord. Après avoir posé nos roues pour une nuit tranquille au bord du Rio Guasuntos, nous faisons escale à San Pedro d’Alausí, ou simplement Alausí. 






Perché à 2600 m au bord d’une gorge vertigineuse surplombant le Rio Chanchán, ce village est le point de départ du train touristique pour la Nariz del Diablo, un trajet entre Alausí et Sibambe, dont la particularité est le passage d’une section en épingles à cheveux pour traverser une falaise de 765m de hauteur.






Le voyage est hors de prix et nous nous contenterons de visiter le village : des maisons en adobe ornées de balcons en bois, la vieille gare et ses wagons hors du temps, et sa monumentale statue de Saint Pierre. Un vieux pont construit selon les plans de Gustave Eiffel enjambe le rio. C'est là que nous ferons la connaissance de Mario Rodrigo Marinofrias, jeune artiste peintre en charge de la décoration des murs de la ville.






Tous les guides vantent le charme authentique de Guamote, de sa communauté indienne et surtout de son marché du jeudi, haut en couleur, quand toutes les familles du campos viennent faire leurs courses mais aussi vendre leurs produits. Mercredi soir, nous voilà garés place de l’église, prêts pour le spectacle du lendemain. Et quel spectacle !!! Nous n’avons pas l’habitude de prendre les gens en photo, comme cela à la sauvette, mais là c’est bien trop tentant et on ne s’en prive pas. Que de vie, de couleurs, de charme ; les odeurs, le bruit tout nous séduit !!!






La route qui remonte vers Riobamba est toujours aussi belle. Dommage que les nuages nous cachent la vue sur le Chimborazo !!! Nous serons arrêtés un moment par un accident, un camion couché sur la chaussée en pleine ligne droite, heureusement sans gravité pour le chauffeur !!!  Le lieu de l'accident est délimité par des pneus, un autre camion essaie de le sortir sans succès, tout le monde s'en mêle !!! Cela nous a bien amusés !!!





Riobamba n'était prévu dans notre programme que pour faire le plein des placards et aussi les lessives. Nous avions lu sur IOverlander qu'il y a une laverie automatique digne de celles que l'on trouve aux USA. Notre rêve depuis plus d'un an : laver notre couette !!!

Mais voilà après ce pur moment de bonheur, nous n'aurions pas dû traverser la ville pour aller au supermarché !!! Nous  tombons sous son charme. Allez, on part faire les courses et on trouve un bivouac pour pouvoir visiter la ville le lendemain !!!






Perchée à 2750 m d’altitude, sur le vieux chemin impérial des incas reliant Cusco à Quito, Riobamba fut conquise par les espagnols en 1534. Cette ancienne cité indienne se trouvait en réalité à l’emplacement actuel de Cajabamba.  Mais, à la fin du 18ème siècle, un grand séisme ravagea la ville forçant les habitants à migrer sur l’actuelle Riobamba.

Située dans un cadre magnifique, entourée de montagnes, la ville doit son nom à la combinaison du mot espagnol « rio » pour rivière et du mot quechua « bamba » pour vallée. Riche de son architecture coloniale, mais aussi de sa culture indigène, elle sait cultiver l’art du bien vivre.



Parque Maldonado



Notre commençons la visite par le Parque Maldonado : de beaux bâtiments à arcades dont celui de la municipalité où nous pouvons admirer les patios fleuris, ainsi que la cathédrale.  Nous y visitons aussi le Museo de la Ciudad présentant des vieilles photos de la ville, des artefacts de la période coloniale ainsi que des œuvres contemporaines. 


Museo de la Ciudad



Parque Sucre, nous avons l'autorisation de pénétrer dans le bâtiment du Colegio Nacional Maldonado. C'est dans ce grand édifice que fut rédigée la première constitution du pays en 1830.



Parque Sucre et Colegio Nacional Maldonado



Après toutes ses visites, nos estomacs commencent à se manifester !!! Oui on vous entend !!! Encore devant une assiette !!! Cette fois-ci, nous déclinons le cochon grillé, salle bruyante et petites portions surtout remplies de maïs !!!  Nous préférons goûter aux llapingachos, plat de saucisse, purée, salade et œuf. Que du léger, le tout servi avec un grand verre d'agua de coco !!!



Mercado de la Merced



​Le retour se fera gentiment à pied (2km), en passant par le quartier de la gare et de la Plaza de Toros. Une bien belle journée, où une fois de plus nous aurons apprécié la gentillesse des équatoriens.



Autour de la gare



Mais il faut bien l’avouer, après ce bain de foule et de bruits de circulation, nous avons besoin de retrouver le calme de la nature. Et quoi de mieux qu’un bivouac au pied du majestueux Chimborazo pour cela. Nous quittons Riobamba vers 16h ayant constaté depuis plusieurs jours que si le temps est couvert le matin, cela se dégage en fin de journée. Pourvu que cela s’avère juste !!! Au fur et à mesure que nous prenons de l’altitude, nous scrutons l’horizon, afin d’apercevoir le géant. Et soudain, le voici droit devant nous !!! 






​Une réserve faunique  a été créée pour protéger la sierra environnante. Des vigognes qui avaient étés chassées jusqu’à  extinction, ont été réintroduites depuis la Bolivie et le chili dans les années 80. Il existe dans la réserve deux refuges pour randonneurs, un  situé à 4400m à l’entrée et un autre à 5000m. Nous nous contenterons de poser nos roues au premier, sachant les désagréments que nous cause l’altitude.






Appelé « Taita » par les Indigenas de la région, le volcan Chimborazo avec ses 6310m est le point le plus culminant du pays. Situé sur le renflement équatorial de la planète, ce géant coiffé d’un énorme glacier est à la fois le point le plus éloigné du centre de la terre et le plus proche du soleil.



Une fois le soleil couché



Au coucher du soleil la Pachamama nous gratifiera d’un spectacle à couper le peu de souffle que nous avons.  La nuit sera comme toujours à cette altitude un peu difficile. Au matin le thermomètre  affichera un petit 2° extérieur. Mais, encore une fois quel spectacle !!!




à 6h du matin !!!



Plusieurs voyageurs nous ont parlé de Salinas de Bolivar et de ses fameux fromages. Situé à une soixantaine de kilomètres au nord du Chimborazo, nous ne pouvions absolument pas rater cette étape !!!

Salinas de los Tomabelas, de son vrai nom avant l’arrivée des espagnols, est une petite bourgade située à 3500m d’altitude, niché au pied d’un promontoire abrupt. Tomabela est le nom d’un groupe ethnique de l’époque précolombienne dont les populations étaient concentrées autour des provinces de Chimborazo, Bolívar et surtout Tungurahua. C’est d’ailleurs dans cette dernière province que vit encore la plus grande colonie de Tomabelas. Malgré la colonisation espagnole durant 300 ans, il n’y a eu aucun métissage et tous les habitants de la région sont de purs autochtones.





Jusque dans les années 70, on ne vivait ici que de l’exploitation des mines de sel, dont on peut encore en voir les vestiges. Le commerce du sel ne se faisait, sur les marchés environnants, que sous forme de troc, et servait de monnaie d’échange contre des vivres ou des textiles. 




En 1971, le missionnaire  italien Antonio Polo découvrit le village, composé à l’époque que de quelques chozas (huttes au toit de chaume) et des Salineritos vivant dans une misère extrême, incapables de vendre leurs produits laitiers, leurs légumes et textiles à un prix décent. Il aida les campesinos (paysans) à contracter des crédits collectifs afin d’acheter les équipements nécessaire à une meilleure production. Une coopérative a donc vu le jour, ouvrant plus de 20 queserias (fromageries) dans la région, en mettant l’accent sur la fraîcheur et les hauts standards sanitaires.






Il est possible de visiter les fromageries autour du village. Cela tombe bien, nous en avons une, juste à côté de notre bivouac. Nous pourrons, ainsi  assister au balai sans fin des paysans apportant  leur lait le matin et aussi apercevoir les locaux de production. Et surtout,  nous pourrons faire le plein de fromages et de charcuterie.

Aujourd’hui, Salinas est un modèle de développement rural. De nouvelles coopératives ont vu le jour, produisant du chocolat, des champignons séchés, du saucisson et des vêtements en laine.


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C’est par une jolie route  que nous quittons ce village bucolique pour rejoindre la côte. Nous allons passer dans la journée de 3500m au niveau de la mer. Malheureusement, après Guaranda, le temps se dégrade !!! Arrivés à 2500m, le brouillard et la pluie s’invitent au voyage, rendant la conduite difficile et fatigante pour le chauffeur. On n’est pas trop de 4 yeux pour scruter la route.


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​Nous n'allons faire qu'une brève escale dodo à Guayaquil. Non loin de notre bivouac, il y a un petit parc où des iguanes ont élu domicile. Il y en a partout, des trottoirs aux abords du parc jusque dans les arbres !!! Le lendemain en quittant la ville nous aurons droit à un gros orage. Aurions-nous fait une erreur en venant sur la côte pacifique ??? 





Alors rendez-vous à la playa  !!!