Le Monténégro et l'Albanie







Le Monténégro
du 28/05 au 01/06/2012
5 jours - 481 km

Superficie : 13 813 km2
Habitants : 661 807
Capitale : Podgorica
Langue : le monténégrin
Monnaie : l'euro
République indépendante depuis
le 3/06/2006.

L'Albanie
du 02/06 au 05/06/2012
4 jours - 591 kms

Superficie : 28 748 km2
Habitants : 2 831 741
Capitale : Tirana
Langue : l'albanais
Monnaie : le lek (ALL)
République Parlementaire




LE MONTENEGRO (CNRA GORA)



Après plusieurs kilomètres de route en travaux, nous parvenons à Debeli Brijeb, poste frontière qui sépare la Croatie du Monténégro. Les douaniers enregistrent nos passeports en quelques minutes et nous poursuivons notre route vers les Bouches du Kotor, un des plus beaux sites des Balkans. Pendant 5 jours, notre balade au Monténégro, va nous emmener de Kotor à Sukobin, à la frontière avec l'Albanie la plus au sud du pays, en passant par Cetinj, Ostrog, Podgorica, Bar et Ulcinj.
Le nom monténégrin ou serbo-croate du Monténégro, Crna Gora, peut se traduire littéralement par « montagne noire », en référence aux forêts sombres qui recouvraient autrefois les Alpes dinariques. Podgorica, la capitale, s'appelait Titograd, avant la déclaration d'indépendance.






 La Baie de Kotor



La baie de Kotor s'enfonce de 28 km dans les terres, formant un fjord aux multiples bras, cerné par de hautes falaises calcaires. L'Adriatique s'avance si profondément dans la chaîne montagneuse que la région bénéficie d'un microclimat. C'est un des lieux touristiques les plus fréquentés du Monténégro. Plusieurs petits ports s'étalent le long de la baie. Kotor, cité médiévale, bâtie entre le XIIe et le XIVe siècle, a été restauré après le tremblement de terre de 1979 et classé au patrimoine mondial de l'Unesco. Ses puissantes murailles abritent un dédale de ruelles et de placettes, où il fait bon déambuler, protégés du soleil et de la chaleur.


les Bouches de Kotor
les remparts de Kotor

Promenade dans Kotor









Cetinje


Après plusieurs kilomètres sur une route en lacets vraiment étroite qui serpente dans la montagne, nous atteignons le Parc National du Lovcen et Cetinje, ancienne capitale du Monténégro. Cette ville n'a plus aucune allure de capitale. Avec ses nombreux monuments, elle ressemble plus à une sorte de ville-musée. Nous arrivons en fin de journée et trouvons facilement à bivouaquer en centre ville. Nous constaterons pendant ces quelques jours au Monténégro, qu'il est très facile de trouver un endroit dans les villages pour passer la nuit et que les habitants sont même très hospitaliers. Cetinje est aussi un lieu de pèlerinage important au Monténégro où les gens viennent de tout le pays pour prier au grand monastère Saint-Petar.


le pavillon de billard du palais des rois
Ivan Crnovejic

l'Eglise Vlaska
le Monastère de saint-Petar

le centre administratif



​Après Cetinje, nous décidons de monter dans la partie la plus haute du Parc de Lovcen, à 1600m d'altitude, pour y voir le Mausolée de Njegos, consacré à Petar II, souverain monténégrin de 1813 à 1851. Malheureusement un gros orage éclate durant la montée au site et quand enfin nous atteignons le mausolée, celui ferme devant nous, car les plombs ont sauté. et nous ne pouvons pas gravir les 461 marches du tunnel dans l'obscurité pour atteindre la porte.
Pour en rajouter un peu, durant le retour dans la vallée, le GPS nous emmène sur une petite route de montagne qui finit en cul de sac dans un hameau. Après plusieurs manoeuvres et de belles frayeurs, nous reprenons notre route en direction de Niksic, pour aller visiter le Monastère d'Ostrog.






Le Monastère d'Ostrog


Nous arrivons en fin d'après-midi à Bogetici à quelques kilomètres du monastère, et décidons de nous arrêter là pour la nuit. Nous faisons la connaissance de Nicolas qui nous explique que nous ne pourrons jamais monter avec Nono jusqu'au lieu sacré. Les bus y parviennent mais ils ont l'habitude de la petite route en lacets qui y grimpe. Il se propose donc de nous y emmener le lendemain matin et nous invite à passer la nuit devant son magasin de souvenirs.
Comme convenu, à 10h le lendemain, nous partons à Ostrog avec Nicolas et effectivement, nous nous rendons vite compte qu'il aurait été impossible, vu l'état de la route de grimper là haut avec Nono. Notre "Sebastien Loeb" local connaît bien le chemin. A aucun moment, malgré l'étroitesse de la route, nous ne nous sommes sentis en danger.
Pour nous qui sommes athées et qui visitons ces endroits non par curiosité malsaine mais parce que cela fait partie intégrante du patrimoine culturel d'un pays, nous sommes étonnés de voir la dévotion sincère des habitants pour ce lieu sacré. Car, hormis la manne touristique qui fait vivre ce petit village et d'autres proches du site, c'est dans un esprit croyant que Nicolas nous a permis d'accéder au site et l'on sentait bien chez cet homme en arrivant au monastère qu'il y montait par dévotion sans aucune parade touristique. Nous ne ferons aucunes photos de l'intérieur du site. D'une part c'est interdit et d'autre part nous ne nous le permettrions pas, par respect des croyants et du lieu.





Le monastère est impressionnant par sa taille et surtout par l'endroit où il a été construit. De très loin, nous apercevons sa tache blanche. Il est emboîté dans la falaise faisant partie de la caverne naturelle. Les croyants viennent ici en pèlerinage du monde entier pour prier sur les reliques du Saint Vasilije d'Ostrog qui se trouve dans un reliquaire creusé dans la roche et gardé par les popes. Certains jours, la foule de pèlerins est tellement dense, que les gens restent dormir devant le monastère en attendant de passer devant le reliquaire. Des couvertures sont à leur disposition le long du muret qui surplombe la vallée. Nous avons pu entrer dans le reliquaire. Le pope gardien a bien voulu nous montrer les reliques et nous a invité à visiter la totalité du site. Lors de notre passage, l'esplanade du monastère était en réfection en vue du grand rassemblement qui aura lieu au mois d'août.







Podgorica



​Sur les conseils de Nicolas et devant un nouvel orage qui menace sur la région, nous décidons de ne pas poursuivre notre balade dans le pays plus vers le nord et les montagnes, dont les routes sont réputées pour être les plus accidentées d'Europe. Nous reprenons donc la route de Podgorica et de l'Albanie.
Podgorica est devenue depuis l'indépendance du Monténégro, la capitale du pays. C'est une ville assez surprenante. En arrivant, nous sommes frappés par le contraste entre l'architecture ultra moderne du centre ville et les immeubles anciens, ternes et de style "brutalistes" typique des villes du bloc de l'Est. Cette diversité des styles architecturaux reflète bien l'histoire mouvementée de la ville et du pays. On sent bien, ici aussi, l'influence de notre "Société de consommation" et le désir de cette population de combler des années de privation : boutiques de luxe, publicité pour les séries américaines et la téléphonie mobile. Cela contraste avec les petits villages de montagnes où nous sommes passés et qui sont encore bien loin de tout cela comme par exemple d'avoir internet à la maison.





Laissant Podgorica derrière nous, nous regagnons la côte adriatique en passant par les montagnes qui surplombent le Lac de Skardar qui sépare le Monténégro de l'Albanie. Une fois de plus cela grimpe sec mais les paysages sont magnifiques et l'on comprend bien pourquoi ce pays porte ce nom de "montagne noire". Nous décidons de nous arrêter après Ulcinj, au bord de la mer. Nous posons notre bivouac sur une plage dans la région la plus au sud du pays.





Les carrelets de Ulcinj
 


Pendant quelques jours nous allons vivre de farniente, de balades au bord de l'eau et de.... travaux ménagers sur Nono et d'alimentation du site internet. Sur la grande plage longue de plusieurs kilomètres, les préparations vont bon train pour monter les paillotes en vue de la saison estivale qui approche à grand pas. Les ouvriers travaillent parfois même la nuit car la chaleur y est plus supportable.





Les anciens qui se rendent de bonne heure sur la plage pour profiter de la fraîcheur matinale, se font un plaisir de venir nous dire quelques mots en français et nous demander pourquoi nous avons choisi leur pays comme destination car cela n'est pas encore très courant surtout en camping-car. Nous pouvons même nous approvisionner en eau auprès des paillotes et profiter de leur infrastructure. Ils sont aussi étonnés de nous voir avec un chien et les enfants demandent à caresser Sylia. Il est vrai que le chien de compagnie n'est pas encore rentré dans les moeurs dans cette région de l'Europe.







Notre balade monténégrine s'achève. Nous remontons vers le lac Skoder et la frontière albane. Le Monténégro est à ce jour notre coup de coeur des Balkans. C'est un pays qui mérite que l'on s'y attarde pour la beauté de ses paysages, la gentillesse de son peuple et parce qu'il ne subit pas encore la pression touristique de masse. malheureusement l'état des routes et surtout la configuration géographique et montagneuse du pays ne permet pas de le visiter avec un camping-car comme le nôtre. Il serait plus facile de sillonner l'arrière pays avec un petit fourgon ou un 4x4 qui permettrait de mieux se rendre dans les villages isolés de montagne où l'on pourrait ainsi rencontrer les gens qui font la beauté de ce pays.





L'ALBANIE


La différence avec le Monténégro se fait sentir dès notre passage de la frontière. A Shkodêr, nous constatons déjà que l'Albanie est un pays en retard économiquement et socialement sur les autres pays de l'Ex-Yougoslavie, certainement à cause de son héritage communiste et surtout de son isolement pendant plusieurs siècles. On sent aussi un certain laxisme de la population vis-à-vis de leur condition de vie. La propreté du pays ne semble pas être une priorité!!!! Et même si cela peut paraître "exotique au Maroc", cela ne l'est pas du tout ici. Par contre, un peu partout les maisons et les nouveaux complexes immobiliers se parent de couleurs très fantaisistes, sûrement pour combler la grisaille des années "rouges". C'est un pays qui gagne à être connu et ouvert au tourisme, mais malheureusement dans l'état actuel des choses, aucune agence touristique ne se risquerait à en faire la promotion. Pendant quatre jours, nous allons traverser le pays pour rejoindre la Grèce et nous y ferons de belles rencontres et nous pourrons constater qu'individuellement, les albanais ont un coeur immense et que c'est un peuple qui à lui seul mérite que l'on fasse abstraction de l'environnement négligé.






Shëngjin


Après un bref passage à Shkodër, qui ne nous a pas donné plus envie de nous y arrêter, nous partons bivouaquer au bord de la mer. Le coin est magnifique mais malheureusement l'état de la plage ne nous incite pas à la baignade. Beaucoup de chiens sauvages et de poubelles éclatées sur le sable, au milieu des parasols et des chaises longues. Au bout de la plage, un grand complexe hôtelier aux couleurs vives, sort de terre. Durant notre passage en Albanie, nous serons étonnés par le nombre d'hôtels, de stations-services et de lavages de voitures qu'il y a tout au long des routes et dans les coins les plus reculés. Au loin, le soleil se couche sur la plage d'Ulcinj que nous avons quittée le matin même.





Durrës


Plusieurs kilomètres avant d'arriver à Durrës, nous entrons dans une immense agglomération formant un triangle Kruje-Durrës-Tirana. Ce ne sont qu'imposantes boutiques, panneaux publicitaires jusque sur les collines, un appel à la surconsommation à l'américaine!!! Le centre de Durrës en paraît presque provincial avec ses ruelles calmes, malgré quelques immeubles modernes qui bordent le front de mer et la grande avenue. Les femmes s'abritent du soleil sous des ombrelles japonaises en papier. Cela est amusant, pour nous qui ne les connaissons qu'en miniatures au sommet de nos coupes glacées.







Durant notre passage dans cette ville, nous ferons notre première expérience des "plaques d'égouts manquantes"!!! En effet, il n'est pas rare, voir même courant, de trouver les bouches d'égouts béantes au milieu de la chaussée. On nous avait prévenu, on a vu!!! Pour ne pas déroger à nos habitudes, c'est au bord de la mer que nous posons les roues de Nono pour la nuit, avec encore un magnifique coucher de soleil. Les gens sur la plage nous font toujours un accueil des plus sympathiques et proposent leurs services pour trouver de l'eau ou vider la cassette.



Nous décidons d'aller voir la lagune de karavasta. Nous quittons la folie de Durrës pour nous enfoncer dans la campagne. Pendant plusieurs kilomètres nous roulons sur une route qui n'a de route que le nom et qui sera peut-être un jour une autoroute comme il est indiqué sur les panneaux et les cartes routières!!!! A Rrogozhinë, nous trouvons enfin la route pour la lagune et traversons des villages où la vie campagnarde est aux antipodes de celle de Tiranë et sa banlieue. Les charrettes ont remplacé les Mercédès et les gens cultivent les champs à la charrue. Nous avons l'impression de faire un bon en arrière dans le temps de plusieurs décennies. Les anciens nous regardent avec de grands yeux ébahis, les autres sont totalement indifférents. Quand à la lagune, nous l'apercevrons de très loin, car aucun accès carrossable ne permet de s'en approcher. Nous profitons de ce passage en campagne, pour faire le plein de fruits et légumes dans un des nombreux petits étals qui jalonnent notre route de retour vers Tiranë. Là une fois de plus nous longeons de grandes décharges à ciel ouvert où oiseaux et enfants se disputent quelques hypothétiques trésors.






Tiranë



Après avoir traversé la grande agglomération de Tiranë, où tout n'est que publicité et surconsommation, nous arrivons, non sans peine et sans accrochage dans les vieux quartiers de la ville. Ici c'est chacun pour soi et seule la loi du klaxon est la plus forte!!!!Difficile pour JP qui a horreur d'en user!!!!! Nous pensions, après notre séjour au Maroc être blindés contre les conditions de vie difficiles dans certains pays. Nous savons qu'en Inde, en autre, nous verrons des choses choquantes pour nous petits européens bien pensants. Mais là, c'est une fois de plus le grand choc!!!! Où sont les normes de sécurité et celles concernant l'hygiène!!!! Ha oui, nous avons oublié!!!!! ce sont nous, qui les régissons bien loin là-bas, dans nos contrées "modernes". Seulement ici, c'est la débrouille et on se moque bien de la sécurité!!! Chacun prend ce dont il a besoin là où il le trouve!!!






Ne souhaitant pas nous attarder plus que cela à Tiranë, nous décidons de rejoindre Elbasan pour la nuit afin de pouvoir dès le lendemain passer la frontière avec la Macédoine. La route qui relie ces deux villes traverse une région montagneuse et nous offre des paysages époustouflants sur les sommets. Des femmes sont assises au bord de la route et vendent les cerises qu'elles ont récoltées dans leur jardin. La plaine d'Elbasan s'étend le long du fleuve Shkumbin. C'est une zone métallurgique importante. Avant 1960, c'était une région agricole prospère. Mais les émissions de polluants dangereux rendirent impropre à la culture une grande partie de la zone agricole.




C'est sous une pluie battante que nous reprenons la route le lendemain. Malgré la pluie, les laveurs de voitures attendent des clients potentiels. Il faut dire qu'en Albanie, une arrivée d'eau, un tuyau et une éponge, alors.....c'est une station de lavage. Ici on est "restaurateur hôtelier pompiste laveur de voiture". Parfois la "super station de lavage" possède une lance haute pression!!!!





L'Albanie a encore un long chemin à parcourir avant de pouvoir vivre de son patrimoine touristique. Nous avons vu quelques touristes italiens à Durrës qui avaient fait la traversée depuis Bari. Malheureusement l'état actuel du littoral et des plages ne donnent pas envie de s'y attarder. C'est bien dommage, car les albanais sont très accueillants et surtout ils se mettent en quatre pour rendre service sans rien attendre en retour. Nous avons pu le constater lors de notre crevaison. Le jeune "gomiste" qui a réparé notre pneu n'a pas voulu être payé et durant notre attente de la réparation, la personne qui nous avait guidés jusqu'au garage, nous a offert des abricots.
Nous traversons la frontière avec la Macédoine et là encore nous avons un accueil des plus sympathiques de la part des douaniers. Afin de rejoindre la Grèce, nous traversons les villes de Ohrid et Bitola. Là aussi, nous souffrons du mauvais état de la chaussée. Nous commençons à nous frotter au changement d'écriture des panneaux indicateurs!!!










INFORMATIONS PRATIQUES

Monténégro
Albanie
Décalage horaireaucun avec la France​aucun avec la France
Monnaiel'eurole Lek (ALL) -  1 € = 138 All
Coût de la vielégèrement inférieur à la France - viande très bon marchéidem 
Languele monténégrin (version locale de l'es serbo-croate)l'albanais                                                                    
Visala carte d'identité suffitidem
Douane entréeDebeli Brijeb - frontière avec la CroatieMuriqan - frontière avec le Monténégro
Douane sortieSukobin - frontière avec l'AlbanieCafasan - frontière avec la Macédoine (FYROM)
Asurance CCassurance française (pays de la carte verte)idem
Bivouacslibres partout - rares campings entre Bar et Ulcinjlibre partout - pas ou peu de campings
Diésel1.30 €/L - prix fixe dans tout le paysen moyenne 183 All/L soit 1.32 €/L
Eaufontaines publiques et stations de carburantstations de carburant
Electricité220V - prises européennesidem
Gazpas eu besoinidem
Internetquelques cyber dans le sud (Ulcinj) cafés avec wifi (Podgarica)cyber dans les grandes villes
Laveriesle bon vieux savon de Marseille a suffitidem
Réseau routierprincipal en bon état - secondaire très étroit et accidentétrès mauvais état 
Guides de voyageguide touristique du Monténégro (Intersystem Kartographija)aucun
Cartes RoutièresRoad Montenegro (Intersystem Kartographija) achetée à Kotor)Michelin 736 : Nord de l'Albanie

Points GPS et appréciations des bivouacs en cliquant ici


​​LES BIVOUACS




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