La côte ouest et les parcs nationaux









Mercredi 9/10 commence pour nous une nouvelle étape de notre voyage. En fin de matinée, nous passons la frontière qui sépare le Canada des Etats-Unis.

Cela se passe très bien, tant au niveau des démarches administratives que pour la fouille très succincte du camion. Normalement nous ne devons pas passer de fruits et légumes frais mais devant notre malheureuse salade et notre oignon dans le bac à légumes du frigo, le douanier sourit et nous les laisse. La seule chose que nous ne pourrons pas passer c’est le sachet de riz Uncle’s Ben de production indienne. Nous craignions surtout d’avoir des problèmes pour importer Sylia, mais les douaniers n’ont même pas vérifié sa puce et contrairement au Canada, nous n’avons pas eu à payer de taxe d’importation.

Nous avions décidé initialement de visiter Seattle et d’ensuite partir vers Salt Lake City, mais avec le shutdown gouvernemental, tous les Parcs Nationaux sont fermés. Il y a trop de monde à notre goût à Seattle et  en attendant que la crise se débloque, nous partons nous installer sur les côtes de l’Oregon, qui possède plusieurs Parcs d’Etat qui eux ne sont pas touchés par les blocages du gouvernement. 

Cette semaine de battement sera aussi pour nous l'occasion de changer notre radiateur moteur qui présente quelques faiblesses depuis notre arrivée au canada. Après recherches, nous apprenons qu'il existe un spécialiste de ce genre de réparations, Doug Hart à Kelso dans l'Etat de Washington. Le nouveau radiateur est commandé en Angleterre et Doug nous le posera le 18/10. En attendant nous filons vers la côte pacifique pour profiter d'une semaine de soleil annoncée par la météo.




traversée de Seattle
couleurs d'automne à Raymond - WA




Nous faisons une première escale à Astoria, petite ville à l’embouchure de la Colombia River. En novembre 1805 deux explorateurs William Clark et Meriwether Lewis, membres du Corps of Discovery débouchèrent après une longue traversée dans une crique à 3 km de l’embouchure. Ils y installèrent leur campement, créant ainsi la première communauté de Blancs à l’ouest des Rocheuses. Tout au long de cette partie de la côte, on peut retrouver des témoignages de leur passage.

Astoria quant à elle fut fondée en 1811 par le premier multimillionnaire américain John Jacob Astor. Elle est dominée par l’Astoria-Megler Bridge, un pont de plus de 6 km qui relie l’Etat de Washington à celui de l’Oregon. Mais Astoria, pour nous qui avons des enfants, c’est surtout la ville des Goonies. D’ailleurs, ici les habitants en parlent en souriant et nous apprenons que les scènes tournées à l’extérieur de la ville, l’ont été à Cannon Beach et dans l’Ecola State Park.




anciennes pêcheries

la Columbia River
The Flavel House
l'Astoria Columm

The Liberty Theatre
emplacement du premier fort d'Astoria
Astoria-Megler Bridge




Cannon Beach, petite cité balnéaire possède une des plus belles plages de l'Oregon, dominée par d’immenses falaises de ballast d’où l’on a une vue des plus magnifiques sur le Pacifique et sur l’Haystack Rock, un rocher de 90 m planté dans la mer. Nous passerons une dizaine de jours fort agréables à randonner dans l’Ecola State Park ou à profiter du spectacle des oiseaux se réchauffant aux derniers rayons du soleil embrasant l’horizon.

C'est aussi ici que viennent nous retrouver nos amis Sylvie et Manu, de passage dans la région. Ensemble, nous irons nous balader sur les plages de Del Rey et visiter le Fort Stevens State Park. Ce sera aussi l'occasion de belles soirées à parler voyages.



Haystack Rock

depuis Ecola Park



Le 19/10 la situation politique se débloque et nous quittons notre petit coin de paradis pour filer au plus vite vers Salt Lake City. Il fait toujours très beau et nous espérons pouvoir remonter dans les Rocheuses afin d’aller visiter les Parcs Nationaux du Grand Teton et de Yellowstone. Nous avons presque 1400 kms à faire pour rejoindre Jackson petite ville du Wyoming qui se trouve en dessous du Parc national du Grand Teton. Cette longue virée va nous faire traverser l'Oregon et l'Idaho. La Highway 84 que nous empruntons pour cette longue traversée est en fait construite sur l'ancienne Road 30, route tracée par les premiers émigrants vers le Grand Ouest et le Pacifique. Beaucoup de bourgades tout au long de la Highway entretiennent le culte de cette migration et en racontent l'histoire.


à Baker City
bivouac à Pemberton

l'Outback
la Snake River




Pendant près de 300 kms nous allons longer la Colombia River, laissant peu à peu derrière nous les reliefs arborés qui bordent le Pacifique. Puis nous allons traverser l'Outback une vaste région, plus ou moins désertique occupant les deux tiers de l'Oregon, faite de hauts plateaux dont l'altitude dépasse le plus souvent les 1 000 m. C'est ici que nous allons découvrir la Snake River que nous n'allons plus quitter jusqu'à Jackson Hole. Seuls les abords de ce grand fleuve sont habités. Après la ville d'Ontario, nous laissons l'Etat de l'Oregon pour entrer dans celui de l'Idaho. Nous faisons une halte à Boise, capitale de l'Etat et partons bivouaquer en montagne au-dessus de la ville. Nous sommes ici à 900m d'altitude et même si les journées sont chaudes et ensoleillées, le thermomètre affiche un petit 0°C au lever du jour. A Gooding, nous délaissons la Highway pour l'ancienne Rd 30, et cela jusqu'à Twin Falls. Sur cette portion de route, la Snake river, nous offre un paysage de canyon et de cascades, malheureusement parfois légèrement à sec comme à Shoshone Falls.



le Capitol - Boise
au coeur de Boise

à Twin Falls
Shoshone Falls
Vietnam Mémorial - Idaho Falls




Après Idaho Falls, peu à peu, le paysage change. Les plateaux désertiques laissent la place à des reliefs plus escarpés et enneigés. Après 3 jours de route, nous arrivons à Jackson le vendredi en fin de matinée. Il est un peu tard pour monter au Grand Teton National Parc, et surtout, au Visitor Center, les rangers nous annoncent que les températures nocturnes chutent jusqu'à -10° et qu'il est préférable de rester au camping de la ville car le seul encore ouvert dans le Parc n'a pas l'électricité (utile pour le chauffage d'appoint!!!). Nous décidons donc de rester bivouaquer sur place - dans un camping offrant tout le "confort" - et de commencer la visite de Grand Teton et Yellowstone le lendemain. Nous n'avons que deux jours pour en profiter car la neige est annoncée pour la nuit du dimanche au lundi.



Palisades Reservoir

​Grand Teton





Pour rejoindre le Yellowstone NP, en arrivant par le sud, nous devons d'abord traverser le Grand Teton NP. Celui-ci s'étend sur 1256 KM2, et offre des paysages spectaculaires sur la chaîne montagneuse des Tetons qui se dresse à plus de 4200 m se reflétant dans les eaux glaciales de plusieurs lacs dont le grand Jackson.
 
Yellowstone est sans doute le plus célèbre des parcs nationaux, mais c’est avant tout le premier à avoir été créé. Nous sommes ici sur un haut plateau perché entre 2130 m et 2440 m d’altitude, cerné par des montagnes avoisinant les 4000 m. Ce parc a vu le jour en 1872 afin d’en préserver le patrimoine géologique unique au monde à savoir la plus grande concentration de geysers et de sources chaudes. Il a permis aussi de protéger les derniers troupeaux de bisons qui ont trouvé refuge à Yellowstone et  d’autres espèces en danger comme le loup gris ont été réintroduites.  

Nous allons passer deux jours sur une terre en ébullition, phénomène renforcé par les grands changements de température entre le jour (24°) et la nuit (-7°). Si nous n'avons pas pu aller observer les loups dans la partie nord-est du parc en raison des prévisions météo, nous avons pu à loisir observer des troupeaux de bisons paissant paisiblement au bord de la route, des cerfs mulets et surtout quand on ne l'attendait plus, un superbe grizzli venu faire son show à quelques mètres de nous.


Old Faithful Geyser

Grand Prismatic Spring
West Thumb geyser Basin

Mammoth Hot Springs

Artists Paintpots
le lac Yellostone et l'Absaroka Range



Après ces deux jours à en prendre plein les yeux et les narines à cause du souffre, il est temps pour nous de reprendre la route avant l'arrivée de la neige. Nous descendons rapidement en direction de Salt Lake City. Quand on a passé tant de jours loin du tumulte des grandes villes, il est difficile de se replonger dans la frénésie de leurs agglomérations et nous décidons de partir visiter l'Antelope Island State Park, situé sur le Grand Lac Salé. Nous envisagions de n'y passer que 24h mais comment résister à ce petit coin de paradis. 

Antelpoe Island est la plus grande île sur le Grand Lac Salé. Elle abrite des hardes de bisons, de mouflons d'Amérique, de cerfs mulets et d'antilopes d'Amérique (que nous observerons de loin). le ciel chargé donnera à chaque instant des couleurs magnifiques au paysage et le peu de visiteurs nous permettra d'observer les oiseaux et surtout les coyotes à volonté. 

Des recherches archéologiques ont mis à jour des artefacts révélant la présence sur l'île de peuples préhistoriques. Lors de l'émigration des Mormons dans la région, Fielding Garr établit la première résidence permanente sur l'île en y construisant un ranch qui resta occupé jusqu'en 1981. Ce dernier est devenu un musée et permet de voir les conditions de vie difficiles de l'époque et ce que le modernisme a apporté comme changements.




une visiteuse du matin 

grande découverte pour Sylia



Une fois de plus, l'annonce du mauvais temps, nous pousse à partir et c'est à regret que nous quittons l'île pour rejoindre Salt Lake City quelques 60 km plus loin. Si  son agglomération est très étendue, la capitale de l'Utah ressemble à une petite ville de province. Son histoire et sa fondation est intimement liée à l'arrivée des mormons dans la région. Si aujourd'hui les croyances se sont diversifiées, Salt Lake City est aux mormons ce que le Vatican est aux catholiques et il est difficile d'ignorer Temple Square, une place de 4 ha où s'élèvent les édifices de l'Eglise de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours.

Les mormons sont reconnus pour être d'une gentillesse désarmante et nous pourrons le constater tout au long de la journée. Nous assisterons à un récital d'orgue au Tabernacle, serons invités à profiter du panorama du haut du 47ème étage du bâtiment administratif et en prime nous serons conviés à faire des recherches généalogiques au Family History Library. Le centre-ville est doté d'une place piétonne de 8 Ha, le City Creek, financée entièrement par les mormons et où l'on peut trouver une multitude de restaurants, commerces de luxe tout cela agrémenté de fontaines et de verdure. 

L'Utah est devenu le 45 ème état des Etats-Unis en 1896, seulement après l'acceptation de certaines lois par les mormons, à commencer par l'abandon de la polygamie. Après cette visite des plus "religieuses", nous partons visiter le Capitol qui domine Temple Square, semblant rappeler qu'ici c'est tout de même la Constitution des Etats-Unis qui régit l'état. Tout comme lors de notre passage à Ottawa, nous aurons la possibilité de visiter les pièces principales du bâtiment, à savoir la chambre des députés et celle du sénat ainsi que la première cour suprême. 





Temple Square vu dpuis l'Office Building
Récital au Tabernacle

le Capitol

le grand hall du Capitol
City Creek
déjeuner très américain à City Creek



Pour beaucoup de voyageurs comme nous et pour la plupart des touristes, les Etats-Unis, c'est avant tout les grands espaces, les cowboys et les indiens, et les Parcs Nationaux du Middle-West. Pendant près d'un mois nous allons sillonner tous ces magnifiques endroits qui nous font tant rêver, passant tour à tour d'un Parc National tel qu'Arches ou le Grand Canyon, à un site archéologique retraçant la vie des premiers peuples de cette région, les Anasazi, premiers ancêtres des Navajo. Pour cela nous n'allons pas vous relater notre circuit jour après jour, mais simplement vous présenter ces merveilles que nous avons vues et espérer ainsi vous emporter un peu plus dans la magie des lieux. A cette étape de notre périple nord-américain, nous allons nous déplacer dans 4 Etats : l'Utah, le Colorado, le Nouveau Mexique et l'Arizona. 



Allez !!! A cheval les amis, c'est parti pour la grande chevauchée !!! 


Arches National Park




Situé à 8 kms au nord de Moab dans l'Utah, ce désert de 310 km2 abrite plus de 1700 arches naturelles. En fait, rien de complexe dans la formation de ces arches, tout ici est dû au sel. Celui-ci repose dans le sous-sol depuis environ 300 millions d'années, une fois que la mer se soit évaporée, laissant des dépôts de sel de plusieurs centaines de mètres d'épaisseur. Avec le temps, des débris rocheux se sont amassés dans le bassin emprisonnant le sel et le liquéfiant, l'obligeant à s'échapper vers l'ouest. Il y a rencontré d'anciennes lignes de failles qui l'ont obligé à remonter à la surface, brisant et fragilisant les différentes couches de sédiments, le tout conjugué aux assauts climatiques tel que l'eau, la neige et la glace. Les fissures se sont élargies créant ainsi toutes ces formes insolites et ces arches magnifiques.







​Les Navajo étroitement apparentés aux Apaches, même s'ils vivent dans des réserves, sont un état dans l'Etat. Ils ont leur propre gouvernement qui en réfère ensuite au Président des Etats-Unis. Ils  se divisent en plus de cinquante groupes, et leur mode de filiation est transmis par les femmes. Ils ne doivent ni se marier ni même sortir avec un membre de leur propre clan : cette obligation constitue un véritable tabou. L'unité sociale de base est une famille élargie dont les membres ont une gamme complète de responsabilités.

Bien qu'il existe des logements modernes dans la réserve, de nombreux Navajos continuent à construire les hogans traditionnels et à y vivre; les logements construits par l'État leur servent alors de « réserve ». Les hogans sont des maisons coniques faites d'une armature de bois et recouvertes de terre, pourvues d'un trou pour la fumée au sommet et d'un passage étroit et couvert servant d'entrée. Contrairement aux habitations en béton et fibrociment, elles ont comme principales qualités de rester fraîches en été et chaudes en hiver. Il nous arrive d'en voir des plus "modernes", faites seulement de bois et ressemblant plus des yourtes.




Monument Valley Navajo Tribal Park



Ce site naturel est situé à la frontière entre l'Utah et l'Arizona, et fait parti d'une des réserves des Navajo. Ils en ont nommé certains rochers dont la forme caractéristique représente un animal, une personne ou symbolise leur histoire. Ainsi on peut observer « le Grand Chef indien », « l'aigle impérial », « l'œil qui pleure », « les trois sœurs » et « la botte de cowboy ». Le site a servi de décor à de nombreux films et le Visitor Center rend hommage à John Wayne qui aimait paraît-il plus que tout cet endroit.

Aujourd'hui les Navajo gèrent certains parcs tels que Monument Valley ou Four corners (l'intersection cadastrale entre les quatre états). Ils en tirent profit par la mise en place de société d'excursions, la gestion d'hôtels ou encore le commerce d'artisanat navajo. Malheureusement, ils ne jouent pas toujours franc jeu et nous en faisons les frais à Monument Valley. Il faut d'abord payer un droit d'entrée sur le site. Là, une piste permet de circuler à travers les formations géologiques. Seulement voilà, les premiers 100 m sont impraticables et obligent les touristes à emprunter les guides et leurs 4x4, pour la "modique somme" de 75$ par personne pour seulement un tour de 15 kms. Pour notre part, ne voulant pas céder à l'arnaque, nous nous sommes contentés du magnifique paysage depuis le Visitor Center. De plus une superbe balade dans Valley of the Gods offre les même paysages, avec en prime la possibilité de bivouaquer sur place, en plein désert avec seuls les Rocs pour uniques gardiens.

​ 


Monument Valley

Mexican Hat

Valley of the Gods

un Hogan Navajo - Monument Valley
Four Corners
Prêt pour un marathon sur 4 Etats !!!


​Aztec Ruins National Monument



Aztec Ruins National Monument est un site archéologique qui s'étend sur 330 ha datant du XIe et XIIIe siècle. En fait nous ne sommes pas ici dans un lieu aztèque, mais les colons euro-américains qui en ont découvert l'existence pensaient que le peuple qui avaient construit ces villages étaient aztèques d'où le nom du village découvert et de la ville moderne Aztec qui s'est construite ensuite aux abords des ruines.

Les archéologues ont confirmé par la suite que les constructeurs de ces lieux étaient en fait les ancêtres des peuples vivant dans les Pueblos. Ils ont adopté et popularisé le nom Anasazi issu de la langue Navajo pour désigner le peuple ayant construit et habité ce village. Celui-ci est situé entre d'autres   identiques et semblerait être plus dédié aux évènements cérémoniels ou officiels. Les Anasazi vivaient essentiellement de la chasse et de l'agriculture. Ils cultivaient la patate sauvage, le maïs bleu et le yucca pour sa fibre textile.

Chaque village de forme rectangulaire était fait de plusieurs pièces attenantes sur plusieurs étages, voir souterraines. Certaines pièces étaient rectangulaires pour la vie de tous les jours, d'autres rondes pour les cérémonials. On y accédait souvent par le sommet grâce à des échelles de bois. De plus il était construit dans l'alignement du soleil au solstice d'été. Il avait la particularité de posséder une Grande Kiva, édifice circulaire dédié aux cérémonies et représentant l'ombilic de la Terre dont le peuple était sorti.

Au XIIIe siècle, tous ces villages ont été abandonnés sans que nul ne puissent en expliquer les raisons. Les archéologues avancent l'hypothèse de changements climatiques ayant poussé ces peuples à émigrer dans une autre région. Les Navajo pensent que l'homme est sorti du tréfond de la Terre vers la lumière et qu'à un moment donné leurs ancêtres ont suivi une nouvelle voie dans leur évolution.




maquette du village
reconstitution d'une Grande Kiva

l'intérieur de la Grande Kiva

poteries datant du XIIIe s.
des sandales en yuca
ruines du village côté solstice d'été


​Gallup



Depuis notre arrivée aux Etats-Unis, notre Nono enchaîne soucis sur soucis. Après le radiateur qu'il a fallu changer, voilà que le roulement avant gauche émet des signes de faiblesse. Pas question de continuer ainsi !!! Nous décidons donc de trouver un garagiste à Cortez, petite ville sur notre route, afin de voir s'il est possible de trouver la pièce. Malheureusement toujours le même problème : impossible d'en trouver une ici. il faudra une fois de plus la commander en France et ajouter une voir deux semaines d'attente pour la recevoir.

En attendant nous décidons de descendre un peu plus vers le sud, jusqu'à Gallup en espérant y trouver une température nocturne un peu plus clémente. Que nenni !!!! nous sommes ici à 2000 m d'altitude et malgré les belles journées ensoleillées où le thermomètre grimpe jusqu'à 25°C, les nuits voient la température chuter jusqu'à -5°C. Heureusement, nous trouvons un camping tout équipé, bon marché et encore ouvert (rare pour la saison), à Red Rock Park. Au programme finition du site internet, confitures (cf. autour de la marmite), randonnées et surtout repos. Après tout, les baroudeurs ont eux aussi droit à quelques vacances.

Red Rocks Park se situe à quelques kilomètres de la ville, au milieu de formations rocheuses qui dénotent avec le reste du paysage plutôt plat et désertique. Outre le fait, qu'on puisse y faire des randonnées, on y trouve aussi un musée Navajo, un trading post datant de 1888, un centre de convention et des arènes. Chaque année, ce parc accueille non seulement des rodéos mais aussi le grand Festival Pow Wow.​



Church Rock Formation

Pyramid Rock
au pied de Church Rock



Après 10 jours d'attente le roulement est arrivé et nous remontons à Cortez pour la réparation. Malheureusement au moment de sortir l'ancien roulement du porte fusée, l'opération s'avère impossible tant les alliages se sont soudés ensemble. La seule solution : commander un nouveau porte-fusée et le moyeu qui va avec. Et là recommence l'attente entre la commande, le dédouanement et la livraison des pièces, tout cela en pleine période de Thanksgiving, nous allons rester coincés 3 longues semaines à Cortez. Une vague de froid inhabituelle traverse le pays et nous amène la neige et le froid. Heureusement que nous pouvons nous installer dans un camping en centre-ville car il nous est impossible de rouler et les nuits voient la température descendre jusqu'à -10°. Autant dire que ces 3 semaines nous parurent des siècles et quand enfin nous avons pu faire réparer et quitter la ville nous n'avons pas demandé notre reste.



soirée Thanksgiving improvisée pour remonter le moral



Nous sommes fin novembre et le temps tarde à revenir au beau. Pour notre départ de Cortez, le brouillard a même décidé de nous accompagner un bout de route. En arrivant au Grand Canyon, nous apprenons par les Rangers qu'il n'y a aucune visibilité dans le canyon et qu'il serait même imprudent de prendre la route qui traverse le parc à cause du verglas et de la neige. Après une pause déjeuner dans la jolie petite bourgade de Williams sur la mythique Route 66, nous décidons donc de poursuivre notre route et d'aller directement à Las Vegas.



la traversée du pays Navajo sous la neige


​Las Vegas



Nous arrivons à Las Vegas dans le Nevada, en fin de journée et trouvons tout de suite une place de choix sur un grand parking gardé et gratuit juste derrière le Paris Las Vegas (encore un grand merci à Exploracy pour ce point GPS en or). Nous allons rester garés là 3 jours durant, juste à peine à 100m du Strip. En arrivant dans cette ville de folie, nous nous demandions ce que nous allions y faire, n'étant ni fêtards, ni joueurs, ni amateurs de grands hôtels. Mais c'est sans compter sur la magie des lieux.

Les journées se passent à visiter les grands hôtels-casinos et les galeries marchandes qui relient chaque complexe entre eux et qui ressemblent chacune à de petites villes. En peu de temps nous traversons des endroits comme Venise ou bien Paris. Chaque palace a aussi son spectacle nocturne qui toutes les heures attire les foules dehors : jeux d'eau et lumières au Bellagio, éruption volcanique au Mirage, ou encore carnaval de Venise et jongleurs au Venetian.  On mange une glace dans l'après-midi au Bellagio, on dîne Place San Marco au Venetian et on sirote un daïkiri  en jouant aux machines à sous pour finir la soirée au Paris Las Vegas. Entre temps on a eu le temps de voir les fans se déchaîner au passage de Britney Spears au Planet Hollywood ou de repérer un piano bar où il sera sympa de revenir le lendemain écouter de la bonne musique et chanter avec des américains qui aiment faire la fête.



en route vers la Californie



Après ces 3 jours de fête, nous décidons de rejoindre directement la côte pacifique et la Californie, sachant qu'il ne nous sera plus possible de faire les grands parcs nationaux à cause du mauvais temps. Et surtout, le soleil de Las Vegas ne nous donne plus envie de retourner dans le froid. Pourtant nous avons encore quelques jours à patienter car une fois de plus un vent violent se lève et refroidit d'un seul coup la région. Nous faisons tout de même une petite halte à Barstow notre première ville californienne, pour aller boire un café dans le très mythique Bagdad Café, situé sur la non moins mythique Route 66 qui sans nul doute est la destination favorite des français et surtout des bretons !!! Qui l'aurait cru ??? 



La Californie est un état tout en contraste entre montagnes, déserts et océan. Malheureusement là aussi nous éluderons les parcs nationaux tel que Yosemite, Sequoia ou encore Death Valley, à cause des conditions climatiques difficiles à cette époque de l'année. La route qui nous emmène plus vers le nord et la côte pacifique n'en finit pas. Nous traversons tout d'abord le désert de Mojave, puis les vignobles de Paso Robles, qui commencent à prendre le contre-pied des vignobles de Nappa et Sonoma. Viennent  ensuite les grandes plaines de cultures maraîchères jusqu'à Salinas.

C'est aussi ici en Californie que commence la route des anciennes missions, qui en comptent 21 et fondées par l'Espagne pour coloniser les terres. La première fut bâtie en 1769, à San Diego, par le prêtre Junipero Serra, pour convertir les indiens au christianisme. Nous n'allons certes pas toutes les visiter, mais certaines se trouvant sur notre route, nous en profiterons pour y faire une halte car elles sont au coeur de l'histoire de cette région, et surtout permettent de mieux comprendre la vie des différentes tribus indiennes et leurs rapports parfois difficiles avec le colon espagnol.

​Peu avant d'arriver à Salinas, nous faisons donc escale à la mission San Miguel (16e mission). les indiens qui peuplaient cette région à l'arrivée des missionnaires étaient des "Salinan". ils étaient sédentaires, vivant de la culture et de la chasse et habitaient dans des cabanes ovales faîtes en "tule" (roseau local). Les missionnaires franciscains les attiraient par des cadeaux et leur gentillesse. Un village indien spécial était édifié près de la mission pour ceux qui voulaient se convertir au christianisme. Ils y recevaient une éducation, apprenaient l'agriculture. Les indiens qui habitaient dans la mission apprenaient différents métiers comme ceux de maçon, menuisier ou ferronnier. Ils étaient aussi formés dans l'art de la confection de chaussures ou le tissage des vêtements et des couvertures. 






La longue remontée vers la côte nous mène à Monterey, où nous allons pouvoir enfin poser notre coquille au bord de la mer pour quelques jours. La baie de Monterey  est classée réserve maritime nationale depuis 1992. C'est le lieu de villégiature favori des lions de mers, des pélicans et autres échassiers. Mais c'est surtout là que vient hiverner un des plus beaux et des plus énigmatiques papillons d'Amérique du Nord : le monarque qui passe l'été au large de la Colombie Britannique et qui redescend l'hiver sur le littoral californien.

Le froid et le vent sont toujours présents, et nous commençons un peu à désespérer. Nous apprenons même qu'il n'a pas fait aussi froid dans la région depuis bientôt 15 ans. Serions-nous maudits !!! Même les papillons monarques, qui descendent ici passer l'hiver, sont tout transis et se tiennent bien serrés en grappe au sommet des eucalyptus. 

Que peuvent bien faire deux français frigorifiés pour se réchauffer ??? Ils se trouvent un bon troquet (entre autre !!!) le Paris Backery pour déguster un bon café et manger une bonne viennoiserie. Et quoi de mieux qu'un boulanger parisien installé en Californie pour vous remonter le moral ??? Hummm la bonne odeur de la baguette croustillante, après bientôt 7 mois de privation !!!




​Big Sur et la côte pacifique




"Anticipation" étant devenu notre let motiv depuis le Colorado, nous décidons de changer l'embrayage de Nono qui a 150.000 kms. Les pièces de rechange devant arriver mi-décembre chez nos amis californiens à Los Gatos dans la Silicon Valley, cela nous laissent plus d'une semaine pour visiter la région. Ne voulant pas remonter le week-end vers San Francisco, c'est tout naturellement que nous descendons nous balader le long de la côte, où en plus il fait nettement plus chaud. 

Nous sommes ici à Big Sur, une des parties les plus sauvages de la côte pacifique. Plus de feu de signalisation, d'hôtel ou de centre commercial, mais seulement la lune et les étoiles pour éclairer la route la nuit. Entre Carmel et Cambria, seuls les condors, les coyotes et les éléphants de mer sont là pour vous tenir compagnie et les seuls vaisseaux qui croisent au large sont les baleines qui descendent vers la Baja California pour hiverner. 






Après ce bon bol d'air pur, nous voilà frais et dispos pour partir à la conquête de la magique San Francisco. Nous faisons tout d'abord escale à Carmel afin d'y visiter la mission San Carlos Borromeo, certainement l'une des plus belles missions espagnoles et  la seule élevée au rang de Basilique par le pape Jean XXIII, suite à sa visite en 1961. 

La mission San Carlos Borromeo fut fondée le 3 juin 1770 par le père Junipero Serra et le gouverneur Gaspar de Portolà, sur le site du présidio de Monterey. Nommée en l’honneur de Saint Charles Borromée, elle est la deuxième mission fondée en Californie par les Franciscains. C'est aussi ici que le père Junipero Serra y établit son quartier général. Les amérindiens des peuples Esselen et Ohlone, qui vivaient aux alentours de la mission, sont évangélisés et employés comme laboureurs, bergers, forgerons et charpentiers ainsi qu’à la fabrication de l’adobe, des tuiles et des outils nécessaires à la construction de la mission et de son église. Le père Serra, décédé en 1784 est inhumé dans cette église.

Comme beaucoup d'autres missions, elle est laissée à l'abandon en 1834 et doit sa restauration à Harry Downie qui lui consacrera 50 ans de sa vie. Aujourd'hui, outre les édifices religieux, elle abrite une école privée et un musée.




San Francisco



C'est sous un soleil radieux que nous arrivons à San Francisco. Nous trouvons, grâce aux informations d'autres baroudeurs une place de choix pour poser notre coquille, à deux pas du Golden Bridge. Quel privilège de regarder le soleil se coucher sur la baie. Pendant trois jours, notre programme va être bien chargé : visite du Fisherman's Wharf et de son musée maritime, virée sur l'île d'Alcatraz, Chinatown, découverte de la ville grâce au Cable Cars qui permet d'escalader les collines tellement mortelles pour les moteurs (surtout celui d'un petit escargot breton!!!) sans oublier les bons petits restos. Nous sommes mi-décembre et on commence à ressentir l'effervescence de Noël.

Ville de culture et de tolérance, San Francisco représente depuis bien longtemps le rêve d'une vie meilleure pour bon nombre d'exclus de la société bien-pensante américaine. Même l'urbanisme ici se veut différent : là où ailleurs les gratte-ciel envahissent l'espace, on retrouve plutôt une architecture de style victorien, cela étant dû d'une part aux normes esthétiques drastiques exigées par la ville mais aussi au relief géographique très vallonné (43 collines).

La ville comporte beaucoup de monuments et de musées, mais le Golden Bridge est ici ce que la Tour Eiffel est à Paris ou encore la Statue de la Liberté à New York. Long de 2737 m, il fallut seulement 5 ans pour le réaliser et il fut mis en service en 1937. Chaque semaine, il ne faut pas moins de 25 peintres et de 2 t de minium pour entretenir ce monstre d'acier.




San Francisco - vue depuis le Présidio
le Golden Bridge

les Painted ladies
le Palais des Arts



​Ancien quartier de pêcheurs, le Fisherman's Wharf est devenu le haut lieu touristique du front de mer. Ici les gens se pressent et se bousculent pour déguster des sandwichs au crabe, aller voir les otaries du Pier 39 ou encore visiter les vieux grééments ancrés au Musée de la marine.




Le Fisherman's Wharf
les bruyants locataires du Fisherman's Wharf




Mais c'est surtout d'ici que partent les bateaux en direction du Rocher d'Alcatraz et son pénitencier, le plus célèbre des Etats-Unis. Au départ Alcatraz était une forteresse militaire ; elle devint un pénitencier fédéral en 1394 et ce jusqu'en 1963, quand Robert Kennedy décida de le fermer pour des raisons de vétusté. C'était la prison la plus redoutée et elle doit surtout sa célébrité depuis qu'elle accueillit en 1934 l'ennemi public numéro un "Al Capone". Aujourd'hui Alcatraz est devenu un Parc d'Etat. On peut y voir d'anciennes cellules, le réfectoire et les cours extérieures et les parties réservées aux gardiens. Cette visite est très intéressante car elle se fait à l'aide d'un audio-guide agrémenté de commentaires d'anciens détenus et gardiens nous racontent la vie quotidienne de la prison le tout sur fond de bruits de gamelles, de cris de détenus et de serrures qui grincent ou de portes qui claquent (un tantinet sinistre !!!).



le pénitentier d'Alcatraz




Impossible de visiter la "City by the Bay" sans emprunter les cable cars. Ici on s'assoit, on s'accroche et on se cramponne comme on peut pour grimper à l'assaut des hauteurs de la ville. A cette époque de l'année, les trolleys ont revêtu leurs habits de fête et les gens chantent Noël autour de nous. Ce transport ingénieux doit son invention en 1873, à Andrew Hallidie, un immigrant écossais, horrifié d'avoir vu un attelage à cheval dévaler une pente à reculons sans pouvoir s'arrêter. Situé sous le musée consacré aux cable cars, sur Mason Street, d'immenses roues entraînent sans interruption d'épais câbles déroulés le long des collines, tractant ainsi les trolleys dans les rues très pentues de la ville.



un Cable Car

le terminus du Cable Car

Avec ses 150.000 habitants, Chinatown est aujourd'hui la plus grande ville chinoise hors d'Asie après New York. Les marchands de fruits et légumes, les herboristes, les rôtisseries tout comme les lanternes suspendues ou encore les enseignes nous transportent en Chine.  La porte principale en forme de pagode, qui marque l'entrée du quartier chinois, a été offerte en 1969 par la République Populaire de Chine à la diaspora chinoise de la ville.

En 1882, la cohésion et les coutumes de cette "ville" au coeur de San Francisco, ont engendré un sentiment de méfiance et de grande hostilité de la part des américains. Ceci s'est traduit par des lois antichinoises comme le "Chinese Exclusion Act". Ces différentes lois ne commencèrent à être abrogées qu'après la Seconde Guerre Mondiale. 




Université de Stanford



Après ces trois jours intenses à arpenter les rues de la "plus belle ville du pays" dixit les californiens - et on ne va surtout pas leur donner tort - nous reprenons notre route pour cette fois-ci faire une visite bien différente. Mainte fois dans les films ou encore dans les séries américaines, nous entendons parler des grandes universités américaines. En passant dans la Silicone Valley, berceau de Google, Facebook, Yahoo et bien d'autres - c'est ici qu'ont vu le jour les premières grandes technologies grâce aux inventions de Packard et Hewlett (audio-oscillateur) - nous décidons d'aller visiter l'Université de Stanford.

Suite à la perte de leur fils unique en 1884, Leland Stanford, gouverneur de Californie, et sa femme Jane décident de consacrer leur immense fortune à l'édification d'une université. Leur devise devint : les enfants de Californie seront nos enfants. Ils achètent un immense domaine (3272 hectares) à un français exilé en Californie. L'université ouvre ses portes en 1891 avec des idées extrêmement en avance pour l'époque. Elle était mixte et laïque alors que la majorité des autres étaient privées et réservées exclusivement aux hommes. Sa vocation initiale est toujours restée la même : produire des citoyens cultivés et utiles à la société.

Accolée à la ville de Palo Alto, avec 65 disciplines enseignées dans sept écoles, une vingtaine de bibliothèques, un hôpital ultra-moderne, une usine électrique, quatre piscines, un stade de 50.000 places, un terrain de golf, quatorze courts de tennis pour 15.000 élèves à temps complet, Stanford est une ville dans la ville. Construite dans un style rappelant l'architecture hispanique des missions, elle comporte un bâtiment central (le plus ancien) abritant une chapelle à la mémoire de la famille Stanford, une tour de 85 m de haut, la "Hoover Tower" où se trouve la bibliothèque de l'institut Hoover et un musée d'arts "le Canto Arts Center", un théâtre et un immense jardin où on peut admirer des sculptures de Rodin.

Leland et Jane Stanford peuvent être fiers de "leurs enfants" car c'est ici qu'ont vu s'épanouir les plus grands cerveaux comme les créateurs de HP en 1930, ou encore Google, Yahoo ou Firefox ; dans un autre genre des célébrités comme John MacEnroe ou Sigourney Weaver ; côté professeurs ils ne sont pas en reste avec 19 Prix Nobel et 4 Prix Pulitzer. De plus la première liaison du réseau internet a eu lieu en 1969 entre des ordinateurs installés à Stanford et d'autres à l'UCLA de Los Angeles. Bon tout cela a un prix et il ne faut pas compter moins de 35.000 $ par an pour venir étudier ici.

Malgrè tout cela, il est rès facile et surtout très agréable de visiter cette université de prestige, il suffit ... d'avoir un vélo !!! Nous posons notre coquille au parking des bus et en avant pour une belle journée. Les parcs sont superbes, la cafèt' du campus sert des club-sandwichs bio à se damner, le musée est une pure merveille, il fait beau : les deux quinquas que nous sommes ont vraiment l'impression d'avoir 20 ans !!!



vue depuis la Hoover Tower
la Hoover Tower

le Penseur - Rodin 
les Portes de l'Enfer - Rodin

la Memorial Church
le Cantor Arts Center


​Pismo Beach




En quittant Stanford, nous décidons de rejoindre la côte, non seulement parce que la route est plus jolie, mais aussi pour passer à Pismo Beach. En effet c'est ici au bord de la plage que vient hiverner une autre colonie de papillons monarques. S'ils étaient peu nombreux à Monterey, ici se retrouvent pour l'hiver plus de 30.000 papillons. C'est tout simplement magique, surtout en fin de matinée quand le soleil vient réchauffer les grappes et qu'alors ces majestueux insectes ouvrent leurs ailes et illuminent le ciel de leurs teintes orangées. Pismo Beach c'est aussi une large plage de plus de 8 kms de sable et de dunes, rendez-vous des surfeurs mais abri très prisé de nombreux oiseaux migrateurs.



​De Pismo Beach à Santa Barbara



En descendant plus au sud, la route quitte le littoral pour s'enfoncer dans les terres, traversant des vignobles et des villages comme Lompoc où l'on peut admirer l'histoire de la région à travers de magnifiques fresques murales, ou encore Solvang, qui offre l'espace d'un moment l'impression d'être revenus en Europe au cœur du Danemark. Cette petite bourgade pleine de charme a été créée de toutes pièces en 1911, par une colonie de danois : maisons à colombages, moulins à vent, sans oublier la librairie consacrée à Hans Christian Andersen., même le père Noël habite à Solvang.






Lompoc
Lompoc


​Santa Barbara



Contrairement à ce que l'on pourrait penser, Santa Barbara n'est pas une ville surfaite et frimeuse. Le charme hispanique du centre-ville donne volontiers envie d'y poser ses valises. En parcourant State Street, la rue principale, une glace à la main, seuls les sapins de Noël nous rappellent que nous sommes le 24 décembre. La ville regorge de musées. Le soleil ne nous y incite pas, mais nous visiterons tout de même, la vieille mission et le County Courthouse.

La mission de Santa Barbara est la dixième mission franciscaine de Californie et fut construite en 1786 par Fermin Lasuen. Surnommée la Reine des missions, elle a subi deux terribles séismes en 1812 et 1925. Elle fut longtemps la paroisse des Indiens Chumashs et une école de théologie jusqu'en 1986. Elle abrite toujours une douzaine de missionnaires.

Le County Courthouse, d'inspiration hispano-mauresque, aujourd'hui transformé en palais de justice, fut bâti en 1929. Fresques murales, peintures d'époque, murs d'azulejos, jardins fleuris, rien ici ne nous donne l'impression d'être dans un tribunal de grande instance.




la mission de Santa Barbara
le County Courthouse
​ 
State Street
le Fisherman's Wharf


​Joyeux Noêl !!!



En fin de journée, nous partons à la recherche d'un bivouac sympa où poser notre coquille pour passer la nuit de Noël. En descendant plus au sud, nous découvrons sur les hauteurs de Ventura, Le Lac Casitas, une retenue d'eau permettant d'alimenter les villes alentours. La plupart des campings sont pleins et nous commençons à désespérer. Mais la chance nous sourit quand nous trouvons enfin notre bonheur au "Lac Casitas Rec Area". Peu de monde, emplacements spacieux, tables et barbecues, la fête peut commencer !!! Le lendemain matin, nous avons même droit à un joli spectacle : en effet, au petit jour, l'arrosage automatique s'est mis en route et avec les 0°C environnant, les arbres se sont recouverts de givre.



à la bonne vôtre !!!


​Malibu 27 miles de Scenic Road



Entre Santa Barbara et Los Angeles, nous empruntons la partie la plus célèbre et la plus huppée de la mythique Pacific coast HWY. Malibu et ses grandes plages de sable blanc, ses maisons sur pilotis, ses résidences de stars, ses postes de sauveteurs font rêver beaucoup de monde. Malheureusement la réalité est parfois tout autre, ne pas toujours se fier aux magazines et aux séries people !!! Les maisons sur pilotis sont là et les plages aussi, mais... la HWY aussi et parfois bien trop près de ses belles maisons de rêve. Comme quoi, on ne peut pas tout avoir !!! 



Los Angeles



Los Angeles pour beaucoup c'est Hollywood et le cinéma, Beverly Hills et le luxe. Mais pour les californiens, c'est surtout une grande métropole avec une circulation très dense et des quartiers dangereux avec ses homeless, ses dealers et ses gangs.

Pour nous LA, c'est calme, détente, quartier des affaires vide un samedi matin, facilité à se garer même sur Holywood Bd et encore mieux sur Rodéo Dr. Dès notre arrivée, nous montons sur les hauteurs de la ville au Griffith Park pour admirer le coucher de soleil sur la ville et le Pacifique. Nous trouvons ensuite une place de choix dans un quartier résidentiel proche du parc. Nous y resterons trois jours alors que nous y projetions de n'y faire qu'une halte d'une journée. Il ne nous reste qu'une dizaine de jours de visa et nous devons faire passer un examen de santé à Sylia avant le passage au Mexique. Le vétérinaire du quartier où nous bivouaquons accepte bien gentiment de s'occuper de Sylia. 


Le Griffith Parc est le rendez-vous très prisé des touristes durant la journée. On peut y visiter l'observatoire et la vue sur la ville est remarquable. Mais c'est indéniablement le soir que l'endroit prend vie avec tous les amoureux de coucher de soleil. Cet immense parc fut offert par Griffith Jr un emmigrant gallois qui fit fortune et s'installa au nord de la ville. Se souvenant qu'il avait été très pauvre, il mit une condition à son legs : que ses terres deviennent un lieu de loisirs pour la population. On peut apercevoir au sommet du parc, le mont Hollywood. Il y a toujours beaucoup de touristes sur Hollywood Bd, surtout devant le Grauman's Chinese Theater, où l'on peut admirer les empreintes de stars et les étoiles qui jalonnent le trottoir sur un mile. 


L'avenue la plus chère du monde se situe à Beverly Hills, sur Rodeo Dr. Ici tout respire le luxe, le superficiel et le surfait. Ici on s'affiche, on pavane, on frime. Pourtant les boutiques de luxe sont vides, les vigiles et les employés habillés en pingouins arpentent les rayons attendant l'hypothétique client. Plus haut de l'autre côté de Santa Monica Av, les maisons de stars et de riches propriétaires se cachent derrière de grandes allées arborées. Les nurses ne sont plus noires et ont été remplacées par de jeunes mexicaines poussant des landaus où dorment de gentils petits blondinets.


vue de LA depuis le Griffith Park

le Grauman's Chinese Theater

résidence de star sur North Rodeo Dr
Rodeo Dr



Le centre des affaires, si plein d'effervescence la semaine, se vide le week-end. Seul le Central Market respire encore un peu. L'Angel Flight Trolley, qui relie Hill St à California Plaza aux pieds des tours, semble lui aussi endormi pour le week-end. Cet antique trolley a été construit en 1901. Après une fermeture tragique en 2001, il a enfin rouvert ses portes pour le plus grand bonheur des bureaucrates qui descendent prendre un sandwich à l'heure du déjeuner au China Café du marché. Proche du quartier des affaires, on peut admirer le Walt Disney Concert Hall, construit et offert en hommage à Walt Disney par sa veuve. Il est le siège de l'orchestre philharmonique de LA.





le Walt Disney Concert Hall
le China Café, le samedi, devient bistro de quartier


​Palm Springs



Avant de rejoindre San Diego, nous retournons dans le désert afin d'aller voir Salton Sea, le plus grand lac salé de Californie. Nous faisons une petite halte à Palm Springs afin d'y trouver un garagiste, capable de changer notre embrayage. Et Viva El Mundo : notre embrayage français sera changé aux USA par un super garagiste péruvien. 

Palm Springs est ce que l'on appelle une ville sorite de nulle part. Nous sommes en plein désert sur les terres des Indiens Cahuillas. Lorsque la voie ferrée arriva dans cette oasis, les premiers pionniers n'imaginaient pas que dans les années 1920-1930, les stars d'Hollywood choisiraient de s'y établir, créant ainsi de toutes pièces une ville du jeu et du farniente. Il est encore possible de voir des maisons de stars comme celle de Frank Sinatra ou encore Elvis Presley. Aujourd'hui, se déroule ici le Festival International du Film, et tout comme à Hollywood, la belle Marilyn fait toujours la joie des objectifs.



la maison d'Elvis Presley
celle de Frank Sinatra


​Salton Sea



Au sud de Palm Springs, nous découvrons cet immense lac salé, créé en 1905 suite à une crue du fleuve Colorado. Si au début, Salton Sea était une destination touristique très prisée et le lieu de retraite de bon nombre de hippies, depuis 1980, c'est devenu un cauchemar écologique. En effet les cultures intensives (palmeraies, vergers et vignobles) utilisant des pesticides et des engrais chimiques à outrance, ont détruit progressivement la flore mais surtout la faune aquatique, provoquant chaque jour la mort de milliers de  poissons qui viennent s'échouer sur les berges.

la crise économique n'a rien arrangé et les villages "baba" tombent en ruines et peu à peu se désertifient. Nous pouvons tout de même traverser encore des villages communautaires comme Bilbao Beach ou encore Slab City où se dresse une curieuse oeuvre d'art la Salvation Mountain, une colline haute de 30 m recouverte de peintures colorées et d'inscriptions religieuses, vision d'un monde meilleur par Léonard Knight.





Nous sommes le 31 décembre et, alors qu'en France, notre famille fête la nouvelle année, il nous faut trouver une place où poser notre coquille et nous aussi saluer les 12 coups de minuit. Pas toujours simple de trouver un endroit de choix quand on est si loin de chez soi !!!Et bien pour nous l'endroit sera princier et en bonne compagnie. Si les rives nord du lac souffrent de la malveillance des hommes, il en est tout autre pour le sud, où se trouve un immense refuge ornithologique : le Sonny Bono Salton Sea. En principe nous n'avons pas le droit d'y rester la nuit, mais nous osons penser que les rangers auront mieux à faire de cette dernière nuit de 2013 que de venir déloger un gentil petit escargot comme Nono. Chose inattendue et inespérée, pour nous accueillir des milliers d'oies des neiges tournoient dans le ciel au soleil couchant et c'est avec elles que nous admireront le premier soleil de 2014. 



adieu 2013 ...
bonjour 2014 !!!

bonne et heureuse année à toutes et tous





Nous voici arrivés dans la dernière ligne droite de notre périple aux USA. En effet notre visa se termine dans 5 jours et quoi de mieux que San Diégo pour l'achever en beauté. Nous reprenons donc rapidement la route en ce premier jour de l'année, traversant encore de grandes zones désertiques où les californiens amoureux de vitesse, viennent enfourcher leurs chevaux d'acier à la recherche du grand frisson.





​San Diego




Avec une agglomération comptant plus de 3 millions d'habitants, San Diego pourrait en effrayer plus d'un. Et bien non, même pas peur et nous avons raison. Cette ville en bord de mer respire la douceur de vivre. Nous avons d'ailleurs un peu l'impression d'être au Mexique tant la population est hispanique. La ville est aussi une immense base navale et aérienne - souvenez-vous de Top Gun. Nous avons été surpris de croiser des militaires qui nous saluaient en voyant le drapeau français sur la casquette de Nono en souvenir sûrement d'interventions communes dans certains pays du Moyen-Orient.

Le centre-ville n'est pas très grand et superbement restauré, comme dans Gaslamp Quarter mettant en évidence son passé victorien. Si le bord de mer est agréablement avec son musée maritime et ses vieux gréements, c'est incontestablement dans Balboa Park que la population vient s'oxygéner. Ce parc luxuriant planté d'arbres magnifiques abrite des bâtiments de style colonial espagnol un tantinet baroque. 

Mais pour nous, ce  sera au Cabrillo National Monument, juste en face de San Diego que nous trouverons le calme.  Ce parc est dédié à l'explorateur portugais Juan Rodriguez Cabrillo qui fut le premier européen à découvrir la côte californienne en 1542, offre une vue imprenable sur la baie et la ville. La route qui mène au parc est bordée de chaque côté par le cimetière militaire de Fort Rosecrans et le coucher de soleil sur la mer et ces enfilades de pierres blanches est assez impressionnante.






Et voilà notre périple aux Etats-Unis se termine. Il est très difficile aujourd'hui de livrer nos impressions sur cet immense pays. Nous avons été surpris par beaucoup de paysages et aussi par le niveau de vie que nous y avons constaté. Nous n'aurions jamais pensé voir autant de désert et encore moins à une si haute altitude. Mais c'est surtout les conditions difficiles voir catastrophiques dans le centre du pays - du nord au sud -  qui nous ont surtout frappées de plein fouet. Les populations des réserves indiennes vivent à la limite de la précarité souvent sans eau ni électricité. Les terres sont incultes et le bétail peine à trouver de la nourriture. Les hivers dans cette partie du pays sont très rigoureux avec du vent et de la neige. La Côte Ouest, de l'Oregon à la Californie dénote vraiment avec ces cultures, ses richesses et son climat, tout en ayant ses laissés-pour-compte. Ici les mexicains sont venus chercher l'Eldorado, qui s'est achevé avec les crises économiques à répétition.

Depuis notre départ, c'est ici que nous aurons eu nos plus grands moments de doutes, avec nos pannes à répétition : cela vaut-il le coup de continuer ? Ne serions-nous pas mieux chez nous avec le Maroc pour destination l'hiver et les plages bretonnes avec nos petits-enfants l'été ? Fatigués de rouler !!! On rentre, on ne rentre pas ??? Et puis le soleil revient et on décide de rester et de continuer encore un peu... voir beaucoup !!! Alors aujourd'hui, on vous dit :





​La suite c'est ici : ​​​​​LE MEXIQUE