L'EST CANADIEN




​84 Jours - 9660 Kms
(8382 kms en camping-car et 1278 kms en Jeep pour rejoindre Halifax)




NOUVELLE-ECOSSE

ÎLE DU PRINCE EDOUARD

NOUVEAU-BRUNSWICK

QUEBEC




Le 24 avril 2013, nous quittons notre terre celte pour, comme le dit JP, faire la tournée des "popotes familiales" et dire ainsi, au-revoir à nos amis et proches. Cette petite virée va nous emmener de Vannes à Nantes, d'où nous descendrons dans le Lot avant de finir par la Savoie, jusqu'au 9 mai.

Le 10 mai, c'est le grand départ. Nous remontons en deux jours en Belgique, jusqu'au port d'Anvers, où nous déposons notre camping-car le 13 mai, pour une longue traversée de 15 jours jusqu'à Halifax. De notre côté, nous regagnons Paris CDG illico presto, afin de prendre l'avion le 14 mai en direction de Montréal. Nous avions peur que le voyage soit difficile pour notre bonne vieille Syllia, mais que nenni, tout c'est bien passé. Arrivés à bon port, nous dirons plutôt bon aéroport, nous prenons possession de notre "petite voiture de location", une superbe Jeep Sahara V-6 flambant neuve, pour nous rendre chez nos enfants à Repentigny sur la rive nord du Saint-Laurent. Durant deux semaines, nous allons nous frotter à la démesure de ce grand pays. Tout ici, est grand, énorme, gigantesque!!!! Mais ce qui est encore plus grand c'est l'incroyable gentillesse des gens!!!



à Vannes avec les Nonos de Tahiti

à Nantes avec Thérèse et Siegfried
un peu de couture pour Nono avec Marraine

anniversaires  de la tribu en Savoie

le Grand départ!!!





Arrivée au Québec




Durant notre séjour chez les enfants, nous allons progressivement nous imprégner de la vie de ce grand pays et surtout de cette grande banlieue de Montréal, tout n'est que hyper consommation, vie trépidante et pourtant dès que l'on se retrouve dans les quartiers résidentiels, c'est le calme plat, la sérénité, les écureuils qui courent sur les câbles électriques d'une maison à l'autre, les merles d'Amérique qui viennent presque vous picorer dans la main et les outardes qui flânent dans les parcs. Ici tout le monde se salue, se tutoie.

Nous sommes tout de même étonnés de la qualité des produits frais que l'on trouve dans les grandes surfaces. Les fruits et légumes sont d'excellente qualité et les étales superbement présentés. Par contre, le conditionnement des produits est digne d'un grand pays, tout y est en grande quantité!!! Nous trouvons beaucoup de restauration rapide et ici les gens mangent à tout heure. Certains magasins sont à la fois poste, banque, pharmacie, librairie et épicerie, et chaque station service fait "dépanneur" (petite épicerie") ou se voit lotie d'un fast food.

​Le temps n'est pas toujours au beau fixe, et nous profitons de quelques jours d'éclaircies pour visiter en famille le Jardin Botanique de Montréal et la petite bourgade de Terrebonne au bord du Saint-Laurent.













​Nous y découvrons aussi quelques spécialités culinaires comme le pâté chinois, sorte de hachis parmentier composé de purée, de maïs et de viande hachée. Ce plat n'a donc rien de chinois, il doit son nom au fait qu'il était servi aux employés asiatiques venu travailler clandestinement dans les caves au siècle dernier. Et d'autres qui finiraient par arrondir "légèrement" nos poignées d'amours, je ne citerais ici que la poutine (beurk!!! une fois mais pas deux) constituée de frites recouvertes de sauce au cheddar et de viande fumée ; la glace molle (sans modération!!!) une sorte de glace italienne trempée dans du chocolat chaud qui devient solide à son contact ; et le jell-o (indéfinissable!!!) une espèce de gélatine aromatisée qui fait le bonheur des enfants.







Le 27 mai, il est temps pour nous de quitter notre famille pour aller chercher Nono. 1300 kms nous séparent d'Halifax que nous allons faire en deux jours en prenant la transcanadienne, longue route interminable qui traverse le New Brunswick. Nous faisons une escale pour la nuit à Grand Falls dans un motel situé au dessus des cascades, qui nous offre une vue magnifique dès notre réveil. Durant ce trajet nous apercevrons notre premier ours mais aussi une biche, des ratons laveurs ou des castors, et cela juste au bord de la route. 

Arrivés à bon port, encore une nuit au motel avant une matinée de démarches administratives. En nous rendant en ville nous apercevons notre "coquille" au port. Patience!!! bientôt nous serons chez nous. questions démarches, c'est le bonheur. Tant chez ACL, le transitaire qu'aux services des douanes tout n'est que gentillesse et serviabilité. Au port, nous devons patienter jusqu'à 13h car il y a un grand nombre de camping-caristes (principalement des allemands) comme nous qui attendent. En effet il y a eu un feu qui a détruit le bateau précédent le nôtre au port de Hamburg et tous les véhicules ont dû attendre une semaine de plus avant d'embarquer. Après un bref contrôle de notre véhicule, arrivé en parfait état, nous pouvons enfin prendre la route...




les joies de la circulation à Québec
Grand Falls
Hartland Covert Bridge



Nous partons faire le plein et aussi rendre notre véhicule de location à l'aéroport. Puis commence les premières recherches habituelles de tous voyageurs comme nous, c'est-à-dire : eau, gaz et nourriture. Pour la nourriture, aucun soucis pour ce premier soir nous avions prévu des réserves. Pour l'eau nous décidons d'aller dormir pour notre première nuit dans un campground, et y faire le plein ; là nous constaterons que nous devrons changer la prise mâle de notre cordon électrique car il ne convient pas aux prises utilisées ici. Mais cela n'est pas urgent car nous ne comptons pas aller dans les camping ou tout du moins le moins possible.

​Et le gaz, nous direz-vous??? Là ça se complique un peu, beaucoup...énormément!!! Impossible de remplir nos bouteilles françaises dans les stations de remplissage comme celles que l'on trouve en Amérique. Nous nous adressons à un employé d'un Canadian Tire (nos M. Bricolage), qui pendant plus d'une heure va nous emmener d'un rayon à l'autre pour trouver une solution. Puis, nous enverra vers un atelier de mécanique hydraulique, qui à son tour nous dirigera vers un atelier de montage haute pression. Cette chaîne de solidarité portera ses fruits et après moultes sourires, charabia anglais pour Nadine, et 100kms au compteur, bingo!!! nous repartirons avec une adaptation des lyres aux besoins américains, de bouteilles canadiennes et en cadeau de superbes casquettes et...un gant grattoir pour la neige en Alaska!!! Enfin nous voici, nous voilà près pour le grand voyage.



dernière nuit à l'Hôtel à Halifax

Nono attend patiemment
Nous aussi !!!
chez HFC, avec le sourire
notre nouvel adapteur gaz




LA NOUVELLE ECOSSE




Nous entamons la visite de cette région par la côte sud-ouest. dès le départ, nous sommes séduit. La route passe au milieu d'une multitude de lacs tous aussi beaux les uns que les autres, où les maisons de bois semblent suspendues au dessus de l'eau. Le premier soir nous finissons au bout d'une petite route à Prospect Bay. Le village est si petit que seul le parking de l'église pourrait nous accueillir. Seulement voilà, c'est interdit. mais c'est sans compter une nouvelle fois sur la gentillesse des habitants qui vont se démener pour joindre le responsable de la paroisse afin que nous puissions passer la nuit sur place. Nous sommes ici dans le canton de South Shore. Notre route va se poursuivre le long de la côte de ville en village jusqu'au Parc National de Kejimkujik Bord de Mer.



Prospect Bay

Peggy's Cove




Peggy's Cove
est situé dans un parc naturel. Six pêcheurs sont à l'origine de ce village. En effet en 1811, le gouvernement de la Nouvelle-Ecosse leur accorda le droit de s'établir dans cette anse où ils pouvaient en toute quiétude décharger leur prise et se protéger du mauvais temps. Ce parc est aussi le lieu d'une tragédie plus récente. C'est en effet ici que s'est écrasé un avion de la Swiss Air. William Degarthe a immortalisé la rude vie de ces marins dans une fresque sculptée dans le granit. Il a commencé son oeuvre à l'âge de 70 ans et cela durant 10 ans. Il meurt en 1983 en laissant son travail inachevé. Son oeuvre demeure quand même un témoignage impressionnant de la force et de la détermination des gens qui vivent et travaillent dans ce petit port de pêche.



les trois églises de Mahone Bay
le Port de Lunenburg


maison typique de Lunenburg



Poursuivant notre route, nous traversons Mahone Bay et ses trois églises alignées au bord de l'eau ; Lunenburg berceau de la construction du célèbre ambassadeur à voile de la Nouvelle-Ecosse, le Bluenose II, ce magnifique gréement que l'on retrouve sur les pièces de 25 cents et sur les plaques d'immatriculation des voitures de Nova-Scotia. Nous tombons sous le charme de la petite ville de Liverpool où nous pouvons admirer ses maisons anciennes qui ont traversé le temps avec bonheur pour nos yeux et son phare Fort Point où des demoiselles en tenue d'époque nous accueillent chaleureusement. Le petit pont qui enjambe la rivière Mersey porte le nom de Brooklyn!!! On va finir par ne plus savoir dans quel pays on est!!!



petite pause
le pont de Brooklyn - Liverpool

le rêve américain !!!
le phare de Fort Point
Henry Farish's  house (1866)
The Former Liverpool Town Hall (1900)

Benjamin Parker's house (1895)
the Royal Bank Building (1850)
une fresque de M. Cupido (1994)




Kejimkujik Bord de Mer est un des nombreux Parcs Nationaux du Canada et doit sont à la tribu MicMacs. Situé sur un promontoire sculpté par les glaciers, ce parc de 381 km2, nous offre des paysages splendides de bout du monde. Arrivés en soirée, nous retrouvons sur le parking un couple suisse, Bruno et Rénata, que nous avons rencontré à Lunenburg et qui sillonnent les routes du monde depuis 13 ans à bord d'un énorme camion. Le lendemain, nous partons ensemble visiter le parc, une belle randonnée de 8.5km.

​Le parc abrite des élans - nous en apercevrons un - des ours noirs, et une colonie de phoques que nous verrons faire bronzette sur les rochers. Nous avons loupé deux ours, mais dans le fond nous ne souhaitions pas nous retrouver nez à nez avec ces gros plantigrades sauvages. Nous avons aussi pu voir plusieurs races d'oiseaux - trop vifs pour nos objectifs - hormis une perdrix qui en voulait à nos lacets - ainsi qu'une végétation sortant de sa longue torpeur hivernale - ici le vent souffle fort et il fait très frais.













Après ce grand bol d'air pur, nous partons à Pubnico, le plus ancien village acadien encore habité par les descendants des familles fondatrices. On trouve encore dans l'annuaire téléphonique près de 400 personnes du nom d'Entremont. Ils sont les descendants du Sieur Philippe Mius d'Entremont qui a fondé Pubnico en 1653. Les Acadiens furent déportés pendant le "Grand Dérangement" de 1756 à 1758 quand ils refusèrent de prêter allégeance au Royaume d'Angleterrre. Ils y sont revenus s'y installer 11 ans plus tard. Un village historique a été reconstitué, en déplaçant les maisons les plus anciennes sur le site, pour témoigner de la vie acadienne au 18ème siècle. Nous sommes dimanche et le site ouvre demain pour la saison estivale. Voyant des français arriver, les Acadiens nous accueillent à bras ouverts et nous invitent à bivouaquer sur le parking du village historique. Nous profiterons à fond de notre visite, étant les premiers sur place. Nous irons d'explications en apprentissage de la fabrication des bougies ou des filets de pêche, en passant par la construction des bateaux, des casiers à homards, de la conservation du poisson, sans oublier le travail de la forge. Mais surtout, nous auront droit aux recettes de grands-mères cuisinées à l'ancienne, avant de finir dans le petit restaurant de l'accueil devant un menu local : fricot de poulet et râpure et pour finir gâteau à la mélasse.




la maison la plus ancienne
la forge

la conserverie de poissons
la fabrication des casiers à homards
l'atelier de charpente marine

autour de la table




Malheureusement le temps, brumeux toute la journée, finit par virer à la pluie. Nous décidons donc de rejoindre le port de Yarmouth pour y passer la nuit. Le lendemain n'est guère meilleur au réveil et nous avons le droit à un "fog" digne du pays. Mais comme ici tout change très vite, le soleil apparaît généreusement vers 10h et c'est tout aussi radieux que lui que nous reprenons la route. Nous sommes toujours dans une région où la culture et la langue acadienne sont dominantes et s'affichent partout. Pour notre grand pêcheur à la mouche, le nom de Salmon-River agit comme un aimant et c'est tout naturellement là que nous nous arrêtons pour la pause déjeuner.

​Une petite route allant vers l'estuaire de la rivière nous attire particulièrement ; grand bien nous a prit, nous y rencontrons Léonard, Len pour les amis (comme il le dit si bien, c'est plus court!!!). C'est une figure emblématique du coin, mi philosophe, mi artiste, musicien à ses heures et surtout amoureux de son coin de verdure et de ses origines françaises. Il nous invite à s'installer chez lui et nous propose une petite soirée musicale rien que pour nous. Nous apprendrons plus tard sur notre route que Len a parcouru le monde (trop modeste pour en parler) avec un groupe de musiciens, et a écrit plusieurs disques. Len, comme d'autres avant lui et surtout bien d'autres à venir, laissera son empreinte dans l'histoire de notre voyage.



le plus vieux pont à bascule - Sandford
la Salmon River
le domaine de Len





​Nous quittons notre ami pour aller visiter un autre haut lieu de l'Acadie,
Pointe-de-l'Eglise. C'est ici que l'on peut admirer la plus grande église en bois de l'Amérique du Nord. Elle a été construite entre 1903 et 1905 selon les plans d'une église française. L'édifice mesure 58 m de long avec un transept de 41 m, et une hauteur de 56 m. Initialement plus haut lors de sa construction, le bâtiment a été touché par la foudre en 1914 et reconstruit. Pointe-de-l'Église est le siège du campus principal de l'Université Sainte-Anne. C'est la seule université de langue française en Nouvelle-Écosse et la première dans les maritimes devant l'Université de Moncton, au Nouveau-Brunswick. Elle dispense son enseignement par l'intermédiaire de ses cinq campus situés à Halifax, Petit-de-Grat, Pointe-de-l'Église, Saint-Joseph-du-Moine et Tusket.


L'Université abrite un musée où l'on peut mieux comprendre l'histoire des Acadiens ainsi que celle des Mi'kmaq qui furent les premiers à venir s'installer sur ces terres. Pointe-de-l'Église est située sur la rive sud de la baie Sainte-Marie. Une jolie balade à travers le petit bois du campus, nous emmène jusqu'à un phare et une plage de galets d'où l'on peut apercevoir Long Island et Brier Island qui nous séparent de la Baie de Fundy.





Si nous nous écoutions, nous resterions dans ce coin de Nouvelle-Ecosse tellement l'accueil y est chaleureux et les paysages comme on les aime. Il faut dire que cela nous rappelle notre chère Bretagne. Allez!!! en route mauvaise troupe, l'Amérique nous attend. Nous reprenons la route pour finir notre boucle de l'ouest de cette région. Nous nous arrêtons à Annapolis Royal pour y visiter le fort qui fut pris aux Français par les Britaniques.

Annapolis Royal est fréquemment appelée Port-Royal, en référence à la période historique entre sa fondation par les Français en 1605 et sa prise par les Britanniques en 1713. Le premier fort, "Fort-Anne" fut construit en 1636 en terre et fit partie des défenses de Port-Royal, nouvelle capitale de l'Acadie. Reconstruit en pierres en 1702, il est le premier exemple au Canada de fortification dite à la Vauban. Les Anglais capturèrent le fort en octobre 1710 qu'il renommèrent Annapolis-Royal.

En 1755, le commandant du fort dirigea la déportation des Acadiens de la région. Le fort perdit de son importance après la chute de Québec. Il servit ensuite à défendre la région contre les corsaires américains, en particulier durant la Révolution américaine et la Guerre de 1812. Le fort fut ensuite rebaptisé Fort Anne dans la première moitié du XIXe siècle. Il fut habité en permanence par les militaires anglais jusqu'en 1854. Le fort devint un lieu historique national en 1917, ce qui en fait le plus ancien au pays.






On ne peut quitter cette région sans passer à Grand-Pré. Après un bivouac au petit port d'Hampton, d'où nous nous pouvons profitez d'un magnifique coucher de soleil sur la Baie de Fundy, nous traversons la région viticole de la vallée d'Annapolis pour aller visiter le Mémorial de la déportation des Acadiens.

Grand-Pré, village fondé au début des années 1680, par des jeunes ménages venus de Port-Royal, devient le grenier de l'Acadie. Refusant de prêter allégeance à la couronne d'Angleterre, le 28 juillet 1755, 6000 Acadiens seront déportés de la Nouvelle-Ecosse et tous leurs biens saisis. En 1907, John Frédéric Herbin achète le terrain où l'on croit que l'église Saint-Charles des Mines était située. Il en fait un mémorial, dans un parc agréablement arboré, en souvenir des Acadiens déportés.






Après cette grande boucle, nous redescendons sur Halifax afin de pouvoir y racheter une deuxième bouteille de gaz. Puis nous reprenons la route en direction cette fois de l'est pour rejoindre l'Île de Cap Breton. Pendant presque 300 kms, nous allons longer la côte sous un ciel tout d'abord chargé. Puis nous aurons le droit au vent et à une pluie diluvienne qui nous forcera à remonter dans les terres jusqu'à Antigonish, où nous attendrons un temps plus clément pour reprendre la route. Cela ne nous empêchera pas de voir de magnifiques paysages, notamment lors d'une escale repas à Martinique Beach et dans le parc provincial Taylor Head, à Spry Bay. Nous y aurons le droit une fois de plus aux pitreries d'un écureuil et nous pourrons y apercevoir un porc-épic qui montera se cacher dans un arbre en nous voyant. Nous aurons aussi l'occasion à plusieurs reprises, d'apercevoir des phoques se nourrissant dans les petits estuaires des rivières. Un bivouac à Sheet Harbour, nous donnera l'occasion de rencontrer des pêcheurs de saumon à la mouche.





En cette fin de semaine, une pluie diluvienne s'abat sur nous et pour corser un peu le tout un vent violent se lève. Nous n'avons d'autre choix que de nous arrêter à Antigonish, où nous nous installons devant l'Office du tourisme. Par chance les lieux nous offrent une bonne connexion internet. Nous en profitons pour mettre à jour le site et joindre notre famille. Ce sera l'occasion aussi de ressortir les jeux de société et de se faire une bonne semoule au lait. Rien de tel que des produits bien consistants dans le ventre pour affronter le mauvais temps!!!





Dimanche, en fin de journée, le ciel finit par se dégager et nous décidons de partir sur l'Île du Cap-Breton, qui fait partie de la Nouvelle-Ecosse. Une digue construite en 1955, traverse le détroit de Canso et permet d'atteindre l'île en gardant les pieds - et les roues - au sec. Pour notre première nuit îlienne, nous décidons de nous rendre sur l'île Madame, située au sud de Cap-Breton. Seul un petit pont qui enjambe le "passage Lennox", la relie à sa grande soeur. Ici il y a tellement de lacs et de bras de mer, qu'on ne sait plus vraiment si l'eau que l'on voit est salée ou douce. Nous aurons la chance d'apercevoir des orignaux et deux pygargues à tête blanche, appelés aussi aigles pêcheurs. Nous aurons surtout la chance et le bonheur de trouver un petit coin de verdure, au bord de l'eau pour poser notre coquille. HA!!! ces bretons!!! loin de la mer, c'est pas possible!!!




ÎLE DU CAP-BRETON

la digue reliant Cap-Breton





Nous partons ensuite dans le centre de l'Île de Cap-Breton en longeant le Lac Bras d'Or afin de nous rendre à Louisbourg pour y visiter la Forteresse, lieu historique du Canada. Une fois de plus, nous traversons des paysages magnifiques, sans pourvoir malheureusement nous arrêter car il n'y a que peu d'endroits le permettant, tout étant privé. Arrivés à Sydney - si, si, nous sommes toujours au Canada!!! - nous décidons de passer par Glace Bay, afin d'y trouver un bivouac. Les routes secondaires ici, ressemblent plus à des pistes qu'autre chose et ceci est dû aux conditions climatiques difficiles une grande partie de l'année. Dans le centre de l'Île, qui culmine à moins de 100 mètres, les canadiens viennent s'adonner aux joies du ski. C'est à Mira, que nous trouverons notre petit coin de paradis, juste au bord d'une plage, bercés par le doux murmure des vagues.






La communauté Mi'kmaq - 25'000 hab. - est encore très présente sur toute l'île. Ils ont été les premiers habitants de la Nouvelle-Ecosse. Dès leur implantation dans cette région, ils ont donné le nom de Mi'kma'ki à ce territoire qu'ils divisèrent en 7 districts. Celui de Cap-Breton porte le nom d'Unama'ki. Au 17ème s., Ils étaient principalement nomades et vivaient de l'artisanat qu'ils fabriquaient et vendaient aux Acadiens.






Louisbourg
, port de pêche à la morue, est devenue la capitale de l'Île Royale (Cap-Breton) en 1718. En 1745, une force armée britannique venue de la Nouvelle-Angleterre la captura. Elle fut restituée à la France par le traité d'Aix-la-Chapelle en 1748, puis à nouveau reprise et entièrement détruite en 1758.

En 1920, le Canada décide de reconnaître la forteresse comme lieu historique. Dès 1961, des fouilles sont effectuées et la ville fortifiée est en partie reconstruite. Nous pouvons aujourd'hui, grâce à cet immense travail, nous imaginer la vie à cette époque. Lors de notre visite, nous n'avons pas pu voir les spectacles de rues qui d'ordinaire font le charme des lieux, ceux-ci ne commençant que fin juin.



devant l'ancienne gare de Louisbourg
la forteresse de Louisbourg

la caserne à l'intérieur de la forteresse
le village à l'interieur de la forteresse
le phare de Louisbourg
la porte de la mer




Nous rejoignons ensuite Sydney pour repartir vers le centre de l'île afin de prendre le Cabot Trail, cette longue route qui fait le tour de la partie Nord de l'île et traverse le Parc National des Hautes-Terres. Le Lac Bras d'Or est immense et comporte plusieurs bras qu'il faut franchir en emprutant un traversier. C'est le cas pour rejoindre Baddeck, depuis Little Narrow où nous avons bivouaqué. Baddeck, bourgade marquant le début du Cabot Trail nous accueille sous la pluie. Nous en profitons pour faire une halte service (lessive et plein d'eau et de gasoil) et de visiter le Musée Alexander Graham Bell. En nous promenant au bord du lac, nous assistons à une prise de bec entre un pygargue et deux corbeaux. On nous avait dit qu'il serait très difficile de voir ces magnifiques aigles pêcheurs, pourtant c'est le troisième que nous observons depuis notre arrivée sur l'île.


bivouac à Little Narrow
traversier du ST-Patrick Channel



Né en Ecosse, citoyen américain, charmé par les lieux, Alexander Graham Bell choisit Baddeck comme lieu de résidence. Enseignant pour malentendants, chercheur et inventeur, il est surtout renommé pour son invention du téléphone et de l'audiomètre. Il s'illustre aussi en médecine (poumon en acier), en aéronautique, en génie maritime et en génie électrique. Dans la seconde partie de sa vie, il débute les expériences de vol avec un cerf-volant tétraédrique. l'avion de Bell, le Sylver Dart, effectue le premier vol propulsé au Canada et dans l'Empire britannique. Tout au long de sa vie, Mabel, son épouse, a soutenu et financé ses recherches et a fondé l'Aerial Experiment Association, avec quatre jeunes chercheurs qu'elle avait engagés.







Après Baddeck, nous prenons la direction du Cabot Trail, cette longue route qui fait le tour du Parc des Hautes-Terres. Suivant les conseils très avisés des autochtones, nous décidons de faire le circuit dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, afin d'avoir une meilleure vue sur le paysage. L'entrée du parc est très réglementée et c'est à Igonish que nous devons payer un droit d'entrée et aussi payer pour nos bivouacs dans les campings et RV parcs qui jalonnent la route. En effet, il est interdit de faire du bivouac sauvage dans cette partie de l'île. Nous prenons donc un laisser-passé de 2 jours, largement suffisant, car le mauvais temps a rendu les randonnées impossibles en ce moment.



Cap North vu depuis Aspy bay
St-Lawrence Bay

Margaree River



Nous nous contenterons donc d'un tour par la route avec des spots dans les villages et les différentes baies comme celle de Saint-Lawrence, où nous achèterons du homard directement à l'arrivée du bateau, pour fêter notre premier mois de voyage. Ici le homard coûte moins cher que le pain éponge que nous mangeons tous les jours!!! Nous aurons la chance à Meat Cove de voir deux baleines et pourrons aussi observer une mère orignal et son petit, broutant tranquillement non loin de la route sur les hauts plateaux (465 m!!!). L'île n'est pas très haute et pourtant nous avons toujours l'impression, avec cette végétation dense d'être en altitude. A Chénicamps, nous découvrirons la fabrication du tapis hooké, spécialité de l'île. Avec Maggie, une acadienne pure souche, le cours sera fort sympathique mais guère concluant!!!




pâtisserie acadienne




En quittant Cap-Breton, nous décidons de nous arrêter à Antigonish, pour pouvoir visiter cette petite ville que nous n'avions vu que sous la pluie lors de notre premier passage. Puis nous partons en direction de Pictou, afin de pouvoir prendre le ferry qui va nous emmener sur l'Île du Prince Edouard, autre province du Canada. Le temps est superbe et la traversée qui dure 75 mn nous offre un bon moment de détente.



le centre administratif

l'Université


L'Île du Prince Edouard



En arrivant sur l'île, nous trouvons un bivouac au bord d'une petite plage. Le lendemain à notre réveil, nous apercevons des phoques qui se font une petite séance bronzette sur les rochers. Nous aurons l'occasion d'en voir plusieurs colonies le long de la côte. L'Île est constituée de trois parties bien distinctes : la pointe est, le centre et le cap nord. La capitale de province est Charlottetown. Si l'ensemble de l'île jouit d'un calme des plus anglais, c'est à la capitale que l'on retrouve toute l'effervescence d'une grande ville. Dans cette province, on cultive surtout la pomme de terre. Cela en est même culturel. Tout comme les lupins qui fleurissent les bords des routes On trouve aussi de grandes exploitations bovines et certaines fermes élèvent des alpagas, connus pour leur faculté à nettoyer les terrains , mais aussi pour la qualité de leur laine. L'autre grosse spécialité de l'île est la pêche, en particulier celle du homard. Tout au long des côtes, on peut assister au balai incessant des bateaux de pêche relevant les casiers.




bivouac à East Point



L'île a connu son essor économique à la fin du 19ème siècle, avec la construction de bateaux à voile et à vapeur. De partout on venait ici pour y trouver du travail. Beaucoup de familles sont venues s'installer ici et les touristes ont afflué, l'île devenant le lieu de villégiature très prisé de la haute bourgeoisie. Afin de faciliter les déplacements et le commerce, un chemin de fer a été construit reliant la partie nord à celle de l'est, traversant ainsi toute l'île. Malheureusement les chantiers navals n'ont pas survécu au modernisme et l'île a gravement souffert du chômage. Aujourd'hui, la voie de chemin de fer n'existe plus mais elle a été judicieusement remplacée par une piste cyclable de 374 kms, pour le plus grand plaisir des touristes qui affluent sur l'île pendant l'été.




rue Victoria - Charlottetown
the Province House - Charlottetown

en compagnie de Sir McDonald

​rue Water - Summerside
la basilique St Dunstan - Charlottetown

la marina - Summerside
l'ancienne gare terminus d'Elmira



Lors de notre passage, tout comme à Cap-Breton, nous n'avons pas pu faire grand chose à part nous promener de village en village et de plage en plage, toutes les activités et festivals ne démarrant qu'en juillet. Cela nous a permis de nous reposer un peu sans la pression touristique et de pouvoir observer tranquillement une multitude d'oiseaux comme les fous de bassan ou le bruant à gorge blanche (semblable à nos moineaux) et d'autres tout aussi fascinants dont nous ne connaissons pas les noms. Nous avons tout de même visité le Musée de la Patate à O'Leary et celui des énergies renouvelables à North Cape. Nous avons vécu une semaine des plus ocrées, car ici tout prend cette couleur, la terre est ocre, les routes sont ocre, les plages sont ocre et même les rivières et la mer deviennent ocre quand le temps change. Et surtout, Nono devient tout ocre avec toute cette poussière!!!! Nous quittons l'île en prenant cette fois le Pont de la Confédération, cet immense viaduc long de 13 kms qui la relie au continent. Et pour nous c'est une nouvelle région que nous allons découvrir : le New-Brunswick.




Cap Egmont

West-Point
Musée de la patate - O'Leary
les maisons de bouteilles - Cap Egmont


​Le Nouveau Brunswick




Nous arrivons à Moncton en fin de journée et allons directement au centre d'information situé au bord de la rivière Petitcodiac. Son nom signifie chocolat et cela veut tout dire quand on voit la couleur de l'eau. En fait cette rivière est secouée par la marée qui remonte dans les terres deux fois par jour en formant un mascaret.

Un groupe mi-rock mi-celtic donne un concert dans le parc près de nous mais malheureusement un violent orage met fin au spectacle et à la vue du mascaret aussi!!!! Nous attendons donc le lendemain matin pour y assister sous de meilleurs hospices. Le spectacle est saisissant. En quelques minutes une vague déferle devant nous, et les berges de la rivière sont soudain submergées. Nous partons ensuite nous promener dans le centre historique et en profitons pour aller faire un tour au marché fermier. Celui-ci n'est pas sans nous rappeler les souks marocain, sauf que l'odeur de la friture américano-asiatique remplace pour le plus grand désespoir de nos narines les savoureux parfums des épices à tajines.

​Pour finir en beauté notre passage à Moncton, nous partons tester la célèbre "Magnetic Hill". En fait grâce à une illusion d'optique, nous descendons en roue libre une route que nous croyons monter, comme si nous étions attirés par un aimant. Un bon moment de franche rigolade.




Les Rogues

juste avant l'orage
au marché fermier
à Magnétic hill




Notre route se poursuit vers le nord en longeant la côte. A Saint-Louis de Kent un drapeau acadien gigantesque flotte au dessus de la ville, en revendiquant ainsi l'origine. Il en va de même pour les devants de maison, les commerces et des banderoles au travers des rues. Ici celui qui n'est pas acadien a intérêt à faire profil bas. Nous aurions bien voulu faire une halte au Parc de Kouchibouguac mais on y apprend qu'il est interdit de laisser les chiens dans les véhicules durant la journée. Hors, on ne voit pas comment faire le tour du parc à vélo ou même à pied pendant toute la journée avec notre pauvre Sylia.

Nous poursuivons donc notre route et trouvons un joli petit village au bord de la mer, Pointe-Sapin, endroit idéal pour finir la soirée. Nous voilà donc installés au bord de la plage, quand un groupe de rock sous un chapiteau que l'on n'avait pas remarqué, commence à faire ses accords en vue d'un concert en soirée. Nous ne nous voyons pas passer la soirée avec un tel vacarme et décidons donc de reprendre la route. En longeant le littoral, nous avons tout de même la chance de bénéficier d'un magnifique coucher de soleil. C'est très tard que nous arrivons à Miramichi et choisissons de bivouaquer sur le parking du Walmart. C'est pas des plus bucoliques mais le magasin n'ouvrant qu'à midi le lendemain dimanche, cela nous laisse de quoi faire une bonne grasse matinée avant de reprendre la route. A notre réveil, la journée s'annonce magnifique - presque 30° - et nous décidons donc de rester nous balader en ville au bord de la rivière qui offre de jolies promenades.



le pont en bois de St-Louis de Kent
à Pointe-Sapin

à Baie Sainte-Anne
la rivière Miramichi vue depuis Chatham
une des plus vieilles demeures de Chatham




Nous ne voulons pas faire le tour de la Péninsule Acadienne, préférant privilégier la remontée sur la Gaspésie. Pourtant nous ne pouvons pas partir sans aller visiter les bassins ostréicoles de la maison Beau-Soleil à Néguac, village dont la majeur partie des habitants porte le nom de Savoie et décrétée "Capitale des Savoie".

​Les huîtres sont produites le long de la côte Atlantique, à la limite du territoire naturel de l'espèce. Elles sont élevées sous la surface de l'eau dans des poches flottantes. L'hiver, les poches reposent au fond de la mer sous plus d'un mètre de glace. Les ostréiculteurs perforent la couche de glace pour pouvoir atteindre les poches et les retourner. Il faut attendre trois ans pour obtenir une huître de bon calibre. Il existe deux sortes de tailles la "Cocktail" et la "French Kiss", surtout appréciée par les New-Yorkais. Pour clore la visite, Katherine, notre guide, nous offre une dégustation d'huîtres gratinées selon plusieurs recettes ; un petit régal.



le phare de l'Île-aux-Foins
Neguac

au port de Neguac
lever de soleil à Neguac
arrivage des huîtres
différentes méthodes d'élevage

calibrage des huîtres - Maison BeauSoleil
avec Katherine notre guide
cadeau d'un pêcheur




​Puis, sur les conseils de Roger un acadien de Neguac, nous faisons tout de même le tour de la péninsule en nous arrêtant à Tracadie-Sheila pour acheter du crabe des neige (dont on ne mange que les pâtes) que nous n'avons pas encore eu l'occasion de goûter. Et surtout car la saison de pêche se termine et que c'est notre seul chance de déguster la chaire fine de ce crustacé. Nous en profitons pour faire une halte déjeuner au port Caraquet. Plus au nord, nous finissons notre balade du New-Brunswick par un petit arrêt à Campbellton. C'est là que l'on peut traverser la Baie des chaleurs en empruntant le Pont Jacques Cartier qui va nous amener en Gaspésie, région de la province de Quebec.



Port de Caraquet

boulangerie française - Caraquet

crabe des neiges
à Caraquet
si fier d'être Acadien!!!

on ne s'en lasse pas!!!
le Pont Jacques Cartier
le saumon géant de Campbellton


Le Québec



La Gaspésie est une longue péninsule située entre l'estuaire du Saint-Laurent et la Baie des Chaleurs. Elle est très montagneuse et abrite plusieurs Parcs Nationaux, en particulier le Parc de Gaspésie, et plusieurs réserves fauniques dont la plus grande est celle des Chic-Choc. Nous allons surtout longer le littorale car nous ne pouvons pas aller dans les Parcs Nationaux du Québec avec Sylia. Cette région abrite aussi le Parc National de Miguasha, classé au Patrimoine Mondiale de l'UNESCO, qui préserve une falaise fossilifère découverte au 19ème siècle. Les poissons et les plantes fossiles témoignent d'un vie ayant existée depuis 380 millions d'années. Les études sur ces fossiles ont permis de comprendre le passage de la vie aquatique à la vie terrestre chez les vertébrés. Aujourd'hui encore, chaque année, on retrouve des fossiles dans la falaise et sur la plage.







​Après la visite du Parc nous décidons de rester dormir sur le parking du site, et nous y faisons la rencontre de Germain et Marie, un sympathique couple de "rattrapeurs d'horizons" comme ils aiment à se qualifier. Ils reviennent de plusieurs années sur le continent américain et s'apprêtent à rejoindre Halifax pour un retour vers la France. Souhaitons leur encore plein de beaux projets. Nous en profitons pour glaner de multiples renseignements et conseils pour la suite de notre voyage. A notre réveil, le temps ne s'est pas amélioré. Il ne fait que 11°, et c'est une fois de plus sous la pluie que nous repartons en direction cette fois de Percé, célèbre pour son rocher et parce que c'est de là que l'on prend le bateau pour aller visiter le Parc National de l'Île Bonaventure où nous attendent les Fous de Bassan. La route longe la côte et traverse de jolis villages touristiques, transits de froid où les touristes peinent à s'arrêter.






Sur le bateau qui nous mène à l'Île, nous faisons la connaissance de Gabrielle et de Pierre, un couple de français super sympas, avec qui nous allons passer une superbe journée qui se terminera devant un bon repas. L'île de Bonaventure n'abrite pas que des Fous de Bassan, mais aussi des guillemots à miroir, des petits pingouins, des phoques (des gris et des bruns) et une dizaine de couples de macareux que nous ne verrons pas. Actuellement plus de 120.000 Fous de Bassan nidifient sur l'île, et certains sont bagués afin de suivre leur migration et leur retour sur l'île. Nous avons pu d'ailleurs assister à une séance de bagage et de pesée d'une femelle.



petit pingouin
phoque gris
guillemot à miroir




​Nous avons eu beaucoup de chance de pouvoir aller sur l'île car à notre retour le temps se gâte, interdisant aux bateaux de sortir et cela pour plusieurs jours. Malheureusement cela va aussi changer le cours de notre passage en Gaspésie, nous obligeant à abandonner l'idée de visiter le Parc National de Forillon. Quant au Parc National de la Gaspésie, nous ne pouvons y aller car les chiens sont interdits. Nous décidons donc de rejoindre
Matane, ville où l'on peut voir des passes à saumon, sur la côte nord de la péninsule, en empruntant la route qui traverse la Réserve Faunique des Chic-Chocs, cette longue route de plus de 120 kms sans aucune habitation avant Murdochville, ancienne cité minière d'extraction de cuivre. Grâce à son gisement l'un des plus important du monde cette ville champignon a été classée capitale du cuivre. L'extraction a cessé en 1999 et la fonderie en 2002. Seuls subsistent les 120 kms de routes souterraines et le musée relatant la vie des mineurs.







Matane, sans grand intérêt touristique, est réputée pour sa rivière à saumon et la passe migratoire du barrage Mathieu-d'Amour. Une des échelles est équipée de vitres permettant d'observer les saumons lors de leur migration vers les lieux de fraies. De plus, tout le long de la rivière, jusqu'au barrage, nous pouvons nous balader et admirer les pêcheurs à la mouche, de quoi faire rêver jean-Paul. La route qui va nous emmener jusqu'à Québec est jalonnée de jolis petits villages. La Route 132, qui s'appellera tantôt "route des arts", puis "route des navigateurs", nous offrira de jolis petits coins de pauses et de superbes paysages sur la baie du saint-Laurent A Sainte-Flavie, nous quittons la Gaspésie pour entrer dans la région du Bas Saint-Laurent.



au pied du phare de La Martre
barrage Mathieu-d'Amour - Matane
à Sainte-Flavie

Sainte-Luce
Pointe-au-Père
Saint-René-de-Matane




Le Bas Saint-Laurent est une région fortement agricole, bordée d'un côté par le fleuve et de l'autre par des petites montagnes qui servent en même temps de frontières avec les USA. C'est la première fois depuis notre arrivée que nous voyons autant de vaches et de fermes. Nous savons enfin où est produit le lait québécois!!! A Rivière-du-Loup, nous ferons escale afin de voir les chutes, hautes de 33m, exploitées par Hydro-Québec afin d'alimenter une partie de la ville en électricité. Cette petite bourgade possède un charme indéniable qui en fera un de nos coups de coeur dans cette région du Québec. Nous devons rejoindre nos enfants à Montréal avant la fin de la semaine et nous décidons donc d'aller directement à Québec pour les quatre jours que nous avons devant nous.






Nono va en décider autrement. Arrivés à Lévis, quelques kilomètres avant Québec, il se met à tousser à qui mieux mieux. Nous avons la chance de trouver un garage spécialisé dans les véhicules d'importation européenne tenu par Pierre Roberge un allemand émigré au Québec, qui va tout faire pour nous dépanner. Nono est trop ancien pour son ordinateur de diagnostiques et Pierre nous promet de trouver rapidement une solution. Nous devrons donc passer la nuit sur le parking du Walmart proche, dans l'attente de la réparation. Le voyage va-t-il continuer ???

Le lendemain, nous retournons au garage, pour nous rendre compte qu'en fait aucune solution n'a été trouvée. Nous avons l'impression d'être menés en bateau. Une journée de plus à attendre au garage!!! Nous sommes vendredi et on commence à se demander si on ne se moque pas de nous!!! Et là, comme on le prévoyait, on nous demande de revenir le lundi. Nous décidons donc de trouver un camping proche du garage et c'est là que nous découvrons notre petit coin de paradis au bord de l'eau. Nous faisons la connaissance de Lyne, une charmante dame qui nous propose même de nous servir en eau chez elle. Nous allons donc passer un week-end paisible juste en face de Québec City. C'est l'occasion pour nous de visiter cette belle ville que nous rejoingnons en empruntant les bus et le traversier qui nous dépose aux pieds de la ville fortifiée.

Depuis le traversier, nous avons une vue magnifique sur le Château Frontenac, dominant le vieux port. La Vieille Ville est divisée en deux partie par le Cap Diamant, la Basse et la Haute-Ville. Le Vieux-Québec , affectueusement appelé ainsi par ses habitants, a des airs de place forte avec sa citadelle et ses remparts. Longtemps centre administratif, la Vieille-Ville abrite bon nombre de maisons bourgeoises et aristocratiques et s'est parée de lieux typiquement Belle Epoque comme on peut encore le voir le long de la terrasse Dufferin ou aux abords du Château Frontenac. Ce dernier est en fait un grand hôtel construit par la compagnie ferroviaire du Canadien Pacifique, qui décide d'implanter un réseau d'hôtels prestigieux à travers le Canada. Le premier a voir le jour est celui de Québec en l'honneur d'un des plus célèbres gouverneurs de Nouvelle-France, Louis de Buade, comte de Frontenac.

Samuel de Champlain







Nous tombons sous le charme du Vieux-Québec qui n'est pas sans nous rappeler nos cités portuaires comme La Rochelle ou encore Saint-Malo. Malgré la foule, il est agréable de s'y promener. De la citadelle, où nous visiterons la maison du gouverneur, au parlement en passant par les rues escarpées du vieux port, nous allons nous régaler. Au coin d'une rue, nous allons même faire un petit tour à la maison du père Noël, d'où nous en ressortirons, climatisation oblige, sans plus vraiment savoir quel mois nous sommes. Mais la chaleur nous rattrape vite et c'est avec délectation que nous trempons nos pieds dans la fontaine devant le Parlement.



​le Parlement






Comme convenu, nous retournons le lundi matin au garage, où nous nous entendons dire qu'il n'y a toujours pas de solutions et qu'il va falloir attendre des nouvelles d'Allemagne pour avoir un logiciel compatible à notre moteur. Pour nous il n'est pas question d'attendre plus longtemps car nos enfants et surtout nos petits enfants nous attendent pour les vacances. Nous décidons donc d'appeler notre garagiste à Pontivy.

"Mets le téléphone près du moteur, débranche et rebranche la connexion d'injecteur. Arrête et remet le moteur en route."

JP s'exécute sous les consignes de David qui se trouve de l'autre côté de l'Atlantique. Et, ho, miracle!!! Nono se remet à ronronner comme un bon gros chat que l'on gratte derrière l'oreille!!! Il y a de quoi rager, surtout quand le garagiste nous annonce une facture de 434 $CAD que nous allons payer afin de ne pas avoir de problèmes avec les autorités canadiennes. En tout cas nous avons compris la leçon et si par malheur Nono tombait encore en panne, nous sauterions d'abord sur le téléphone pour appeler la France!!! En colère mais tout de même rassurés, nous nous empressons de reprendre la route pour Repentigny où nous attend notre petite tribu. En effet nous les embarquons avec nous pour 3 semaines de balades de Québec au Lac Saint-Jean.



un de nos pique-niques sympas
vue depuis l'Île d'Orléans
décor du Cirque du Soleil




Durant la première semaine, nous allons vivre à 6 dans notre petite coquille : Stéphanie, Maty, Loé, nous deux et...Sylia. Autant dire qu'il faut une sacrée dose d'organisation!!! Heureusement il fait beau et nous pouvons déjeuner et même faire prendre les douches aux garçons à l'extérieur. Pour le couchage chacun s'installe à qui mieux mieux. La table devient lit pour Stéphanie, pendant que Maty dort sur les sièges avant tournés et recouverts de coussins. Quand à notre petit bougidoule qui dort sur une peau de mouton depuis tout bébé, il trouve sa place dans le petit couloir. Et Sylia nous direz-vous??? Indélogeable de sa place sous la table. Elle se faufile donc dans sa petite niche une fois tout le monde installé. Ce sera aussi pour nous le plaisir de visiter les abords de Québec ville avec un passage à l'aquarium et une balade sur l'Île d'Orléans, spécialisée dans la culture de la fraise, dont nous nous régalerons. Nous en profiterons aussi pour aller voir le spectacle du Cirque du Soleil qui a lieu tout l'été devant les anciens docs et que la ville de Québec offre gracieusement à toutes et tous. En fin de semaine papa Estévan viendra nous rejoindre et nous en profiterons pour refaire un petit tour au Vieux-Québec.



à Tadoussac
aux Escoumins




Au programme de ces vacances, découvrir la faune de cette région mais surtout voir les baleines et les bélugas. Nous remontons donc jusqu'à Tadoussac au bord du Saint-Laurent où malgré notre patience, ces gros cétacés ne daigneront montrer ne serait-ce qu'un tout petit jet d'eau. Il nous faudra donc aller encore plus loin jusqu'Aux Escoumins. Et là après plusieurs heures à fixer le fleuve aux jumelles, nous apercevrons des petits rorquals venus déjeuner à quelques centaines de mètres de nous. Nous ne pourrons malheureusement pas voir les bélugas car il ne nous est pas possible d'aller dans le Parc de la Baie Sainte-Marguerite avec Sylia ou du moins de la laisser pendant plusieurs heures dans le camping-car en plein soleil pendant que nous rejoignons le point de vue en sachant qu'il est parfois possible de ne rien voir.



à Métabetchouan
au Zoo de Saint-Félicien
 
au Parc des chutes - La Tuque
au Lac des Coudes
au Lac Edouard - Parc de la Mauricie


au Pont couvert de Ste Jeanne d'Arc
au moulin de Ste Jeanne d'Arc
les chutes de Ste Jeanne d'Arc
au moulin de Ste Jeanne d'Arc

au Lac Bouchette
rencontre de MacQueen et de Martin!!!





Le tour du lac Saint-Jean n'offre peu d'intérêt, si ce n'est celui de pouvoir se baigner et faire du vélo. La suite de ces deux semaines sera donc balades à vélos, baignades dans le lac mais aussi ceux des Lac Bouchette, Lac des Coudes et Lac Edouard, les rivières comme celle du Saguenay ou de Mistassini. Nous visiteons le zoo de Saint-Félicien - un des plus beaux que nous n'ayons jamais vu - et le musée du vieux moulin de Sainte-Jeanne d'Arc retraçant la vie des pionniers et nous clôturerons cette belle virée par une excursion en canoë dans le Parc de la Mauricie.



le bonheur de Maty !!!
rien ne vaut 4 mains pour frotter !!!
on s'occupe pendant la route

chambre avec vue sur lac
ça c'est plus drôle !!!

comme dirait Loé, c'est correc !!!
dure, dure la vie de baroudeurs!!!




Nous avons parcouru plus de 1700 kms sans que cela nous paraisse long ou fatiguant. Nous profitions à chaque fois des heures de sieste pour rouler et les garçons arrivaient aussi à s'occuper pendant les trajets en lisant ou dessinant. Ce fut aussi un bon moment de partage des taches et de la vie en communauté dans un espace réduit avec tout de même une sacrée grande terrasse. Lessive, vaisselle, corvée d'eau, tout se faisait dans la bonne humeur, quoique Maty et le torchon n'étaient pas toujours copains!!! Chaque jour nous trouvions une aire de jeux différente afin de pouvoir se défouler. Les lieus de bivouac se transformaient en terrain de foot pour des matchs improvisés et la nature nous a offert de beaux cadeaux avec ces huarts plongeurs qui hurlent comme des loups à la tombée de la nuit ou ces cerfs de Virginie qui nous regardent passer en vélo. Sans compter bon nombre d'écureuils et de marmottes. Mais pour nous vient le moment de reprendre la route et c'est tout naturellement vers Montréal que l'on s'en va afin de visiter enfin cette belle ville comme il se doit.



Montréal




Que dire de plus que wouah!!! et encore wouah!!! Le Mont Royal nous offre une vue imprenable sur le quartier des affaires et en plus nous procure l'occasion de faire une belle balade dans le parc autour du Lac des Castors qui l'hiver se transforme en patinoire pour le plaisir de tous. Au quartier des musées, nous avons pu admirer des oeuvres de Chihuly. et dans le Village autour de la rue Sainte-Catherine, des tags magnifiques exécutés pendant le Festival International du Tag qui se tient tous les ans en août. La semaine après notre passage, tous les murs allaient être peints en noir en vue du festival de cette année.
















Nous avons aimé déambuler dans le quartier chinois et ainsi dans la Petite Italie, où nous n'avons pu résister au plaisir de déguster un vrai cappuccino et d'aller au Marché Talon nous approvisionner en fruits et légumes frais. Nous avons aimé cette ville cosmopolite où chaque culture trouve sa place et où même les architectures très diverses se côtoient en parfaite harmonie, comme si les buildings se dressaient pour mieux protéger les monuments historiques de la ville.






Nous reprenons la route pour quitter la Province du Québec et nous diriger vers l'Ontario. Encore 300 kms et nous tournerons la page de l'Est Canadien. De Montréal à Gatineau, nous longeons la rivière de l'Outaouais et dont la région porte le nom. Quand à Gatineau c'est la ville à la campagne. En effet nous nous trouvons au coeur d'un Parc provincial avec de l'autre côté de la rivière la majestueuse ville d'Ottawa. D'un côté la Province du Québec et de l'autre celle de l'Ontario, les deux se partageant à la fois les sites historiques et le monde des affaires. Nous connaissons par d'autres voyageurs un point de bivouac, au coeur de la ville permettant ainsi d'être au plus près des lieux à visiter. Malheureusement l'endroit est réservé par une manifestation culturelle. Nous devons donc aller au Walmart situé 8 kms plus haut dans la banlieue, ce qui ne nous enchante guère.






Et bien il ne faut pas se fier aux apparences car en fait les emplacements réservés pour les "RV" (véhicules récréatifs) est en retrait du supermarché et ombragé ; de plus nous avons la wifi. Il s'avérera donc un excellent bivouac, très calme la nuit. JP en profitera pour changer les plaquette de freins AV et aussi une petite fuite sur un siphon de la salle-de-bain. Pour les visites de la capitale, nous avons trouvé le parking couvert d'une galerie marchande en centre ville de Gatineau, proche du réseau des bus. Nous pouvions donc laisser Sylia à l'ombre pendant les visites et revenir la voir le midi pour manger auprès d'elle. C'est simple, tout était si bien que nous avons passé une semaine à nous promener dans la capitale à pieds, en bus et même en vélo. Le Parc Jacques Cartier offre une vue magnifique sur le Parlement et les autres sites historiques de la ville, tout en pouvant observer marmottes, écureuils et outardes.








Une belle pause avant d'attaquer l'Ontario et la grande traversée vers l'Ouest Canadien. Mais un peu de patience, Ottawa étant en Ontario, il vous faudra attendre le prochain volet pour la découvrir en images!!!





​La suite c'est ici : ​​​​LE CENTRE CANADIEN