L'OUEST CANADIEN




​du 23/08 au 08/10/2013
47 jours - 4327 kms





ALBERTA

ALASKA

COLOMBIE BRITANIQUE


​L'ALBERTA




​Quand on vient en Alberta, c'est surtout pour y découvrir les fameuses Rocheuses, réunissant les plus hauts sommets du Canada, de gigantesques glaciers et des lacs aux eaux turquoises. C'est le haut lieu de randonnées, mondialement connus. L'alberta, c'est aussi le sanctuaire des dinosaures et nous décidons de nous rendre sur leurs traces dans le Parc Provincial des Dinosaures et plus précisément dans la région des Badlands (mauvaises terres). Malheureusement, la saison estivale se terminant, tous les parcs sont pris d'assaut et les campings (obligatoires) aussi. Nous sommes donc obligé de retourner à Brooks pour bivouaquer. Ne voulant pas faire deux fois la même route pour visiter le parc, nous décidons donc de nous satisfaire du panorama depuis la route qui y conduit.



Les BadsLands

enfin les Rocheuses




Le lendemain, nous filons jusqu'à Calgary pour y faire le plein de provisions afin de ne manquer de rien dans les Rocheuses, car il n'est pas possible de s'y ravitailler, du fait qu'elles se trouvent dans deux Parcs Nationaux : Banff et Jasper. Qui dit Calgary, dit "JO d'hiver de 1988". En sortant des Prairies on a du mal à y croire. Mais en regardant bien notre GPS, on se rend compte que l'on est déjà à 1000m d'altitude. Et c'est en sortant de la ville en direction de Banff, que les montagnes tant attendues se dressent peu à peu devant nous, majestueuses dans le soleil couchant. Nous décidons de nous installer pour la nuit à Cannmore, une cinquantaine de kilomètre avant Banff, afin de récolter le maximum de renseignements sur les Parcs, surtout au niveau de la sécurité car il y a en ce moment des ours qui descendent des montagnes pour se gaver de baies avant l'hiver.



Banff et Jasper National Parks




​Puis nous nous arrêtons à Banff, village touristique qui marque l'entrée du Parc, Avec ses boutiques, ses hôtels de luxe et ses nombreux cars de japonais, on se croirait presque à Chamonix ou à Verbier. Les alentours offrent de belles randonnées autour de la rivière Bow, qui traverse les lieux et se jette en cascades aux pieds de l'Hôtel Fairmont Banff Springs.








Les deux Parcs Nationaux se suivent dans un long panorama qui fait plus de 300kms. Ils offrent tous deux l'occasion de faire de superbes balades allant de quelques heures à plusieurs jours. Nous n'avons pas fait de randonnées depuis bien longtemps et pour une reprise en douceur, nous choisissons un circuit facile au bord du Lac Louise, une pure merveille dans un écrin de roches et de glaciers. Puis nous sentant bien en jambes, et profitant du beau temps et de l'absence des ours dans le secteur, nous partons à la découverte des chutes du glacier Bow, là où commence la rivière du même nom. Une magnifique balade de 5h, commençant au bord du Lac Bow va nous emmener aux pieds des chutes qui jaillissent du glacier.



Le Lac Louise

Le Lac Peyto
Le Lac Bow





Pour nos bivouacs, bien que nous n'aimions pas cela, nous décidons de nous rendre dans les campings rustiques, qui jalonnent le parc. Pourtant bien équipés de nos grelots anti ours, de nos bombes au poivre, et bien à l'abri dans Nono, nous avons préféré respecter les consignes de sécurité des rangers. De plus ces endroits permettent de rencontrer d'autres randonneurs et de papoter autour des feux de camps. Après notre premier exploit sportif (lol!!!), nous préférons, nous payer une journée de repos et rouler simplement en regardant le paysage. Mais justement le paysage va en décider autrement. C'est comme faire du lèche-vitrine et ne pas rentrer dans la boutique pour voir les articles de plus près!!! Et c'est reparti pour une deuxième rando - de 4h seulement - celle du Chainon Parker qui cette fois-ci va nous emmener admirer le superbe glacier Saskatchewan. Au sommet, nous y découvrons des fossiles de poissons qui nous laissent une fois de plus à penser que la mer était présente ici, il y a bien longtemps.


le Glacier Saskatchewan


A la différence du parc de Banff, Jasper offre un paysage moins accidenté avec des rivières plus larges aux eaux laiteuses. Les cascades y sont moins hautes mais beaucoup plus larges et tumultueuses. Le temps s'éclaircit un peu et nous décidons d'aller voir le Lac Maligne et le Lac Médicine. Ce dernier, étrangement se comporte comme un siphon, se vidant en été. Nous pouvons y voir clairement la rivière qui le traverse.


au pied du Glacier Colombia

les chutes Attabaska
au Lac Médicine 




​Banff et Jasper n'offrent pas seulement de beaux panoramas, ils nous ont permis d'y voir des oiseaux comme le mésangeai, le huart plongeur, des casses-noix (trop rapides pour les objectifs) ou encore des aigles plongeurs. Depuis notre arrivée au Canada, nous n'avions pas encore vu de papillons et nous sommes étonnés d'en voir soudain plusieurs ici à cette altitude et surtout en cette fin du mois d'août. Nous n'avons malheureusement pas eu la chance de croiser des ours, des chèvres de montagnes ou des caribous, mais nous avons pu observer à loisir une biche (cerf mulet) se rassasiant de feuillus, sans oublier ces malicieux spermophiles.

un Huart Plongeur
un Mésangeai

un Spermophile du Canada
un Spermophile à mante dorée




LA COLOMBIE BRITANIQUE




​En continuant notre route encore plus vers le nord-est, nous quittons le parc de Jasper et la province de l'Alberta. Etant un peu en retard sur notre programme initial, nous avions décidé de ne plus monter en Alaska et de redescendre vers les Etats-Unis en passant par les parcs de Kootenay et Yoho, en Colombie Britannique. Mais voilà, nous sommes terribles car nous n'arrivons jamais à suivre notre programme!!! Il fait un temps superbe et l'Alaska n'est pas si loin. La décision est prise, on y va!!! la route Highway 16 va nous faire traverser la Colombie Britannique vers le nord-ouest, en traversant le magnifique parc du Mont-Robson, plus haut sommet des Rocheuses canadiennes. Ce gros caillou de 3954 m d'altitude domine la route et nous offre une belle étape. C'est Labor Day au Canada et beaucoup de monde profite d'un long week-end pour venir randonner et passer ces quelques derniers longs jours ensoleillés entre amis.




La route Highway 16 va nous faire traverser la Colombie Britannique vers le nord-ouest, en traversant le magnifique parc provincial du Mont-Robson, plus haut sommet des Rocheuses canadiennes. Ce gros caillou de 3954 m d'altitude domine la route et nous offre une belle étape. Nous sommes samedi et les canadiens disposent d'un week-end prolongé car lundi c'est le Labor Day au Canada ; et beaucoup de monde profite de ce long week-end pour venir randonner et passer ces quelques derniers longs jours ensoleillés entre amis ou en famille.

Il nous reste encore 950 kms pour rejoindre Hyder en Alaska. Nous pensions faire une halte à Prince-Georges, mais la ville n'a rien d'attirant et nous continuons la route dans l'espoir de trouver un petit coin sympa afin d'y rester jusqu'à mardi pour nous reposer et avancer le site. Et c'est ainsi que nous posons notre coquille auprès du lac Kwitzil bien caché, loin de la route. Seul quelques habitués sont là pour pêcher. Ce sera coiffeur maison pour les deux, trempette pour madame (la plus courageuse!!!) et nettoyage extérieur de Nono pour monsieur (le plus fort!!!) et surtout bronzette!!!


le Lac Kwitzil




Mais ce n'est pas le tout, il faut penser à reprendre la route. Juste avant d'arriver à Vanderhoff, nous avons enfin la chance de voir une femelle orignal de toute beauté qui broute paisiblement, sans se soucier des véhicules qui passent sur la Highway. Nous sommes début septembre et pourtant une chaleur étouffante nous accompagne toute cette journée de route. à Vanderhoff, nous décidons de faire une pause café et par curiosité, nous sortons le thermomètre. Constat : 42.8°!!! C'est sur qu'il peut faire chaud!!! Et on nous fait croire qu'on est proche des esquimaux!!! Par contre, l'été indien au Canada, ça c'est sûr maintenant on y croit.

Mais ce n'est pas le tout, il nous reste encore de la route. Au fur et à mesure que nous remontons vers le nord, le paysage devient plus sauvage. et les lacs font place aux rivières larges et bouillonnantes, paradis des saumons du pacifique qui viennent ici pour frayer puis mourir. Nous sommes dans le pays des K'sans, première nation dans cette région du pays. Des Totems sont là pour nous le rappeler.







L'ALASKA




Stewart marque notre arrivée aux portes de l'Alaska. Nous sommes ici au dans l'estuaire du Canal Portland. Ce village a su garder son allure grand ouest de l'époque des pionniers et des premiers chercheurs d'or. Il en est tout autre de sa soeur jumelle, Hyder située du côté américain, qui est devenue une ville fantôme. Pourtant beaucoup de monde passe la frontière chaque jour, pour aller voir les ours se gaver de saumons qui remontent jusqu'ici pour se reproduire, et aussi pour rejoindre la piste qui au bout de 35 kms permet de rejoindre le Glacier Salmon, qui s'étire sur plusieurs kilomètres, à seulement 900m d'altitude. Nous monterons l'admirer, et cela nous permettra entre autre de tester notre brave Nono dans des conditions proches de l'Amérique du Sud.



le Glacier Salmon




Comme espéré, il s'en sortira vaillamment. Ce court passage en Alaska, nous donnera l'occasion de voir de près ours noirs, grizzlis et loups. Ville fantôme, mais bien organisée, Hyder a créé un centre d'observation, d'où l'on peut voir depuis une passerelle, les ursidés venir se nourrir au bord de la rivière. Par contre, il est difficilement supportable de voir tous ces saumons dans la frénésie de la reproduction, finir lamentablement sur les berges, déchiquetés par des goélands voraces. Sans parler de l'odeur nauséabonde qu'il s'en dégage. Malheureusement, c'est la dure loi de la nature que l'on doit laisser faire sans intervenir. Durant nos trois jours en Alaska, nous rencontrerons beaucoup de voyageurs comme nous venus d'un peu partout. Nous ferons la connaissance d'un couple fort sympathique Danielle et Daniel qui après avoir sillonné les mers à bord de leur voilier "Pihoré", ont décidé de parcourir le monde à bord de leur camping-car. Nous passerons de très bons moments ensemble à parler voyages et photos, la grande passion de Daniel.






Le canal Portland

à Stewart - BC



​Après ce court passage en Alaska, nous prenons la direction de Prince Rupert, ville située au bord du Pacifique. Nous devons y prendre le ferry qui va, en traversant les fjords, nous permettre de rejoindre l'Île de Vancouver. Nous avons rendez-vous là-bas avec d'autres baroudeurs français Sylvie et Manu. Nous avons la chance en refaisant le chemin inverse en direction de Hazelton de pouvoir admirer les montagnes qui lors de notre précédent passage étaient dans les nuages et la pluie.

Comme nous repassons dans le pays K'san, nous décidons de faire escale pour la soirée à Kitselas Canyon. Le site reconstitue à travers une balade en forêt, la vie selon la culture Gitxsan, il y a plus de 5000 ans. Plusieurs villages étaient établis dans ce canyon, vivant de pêche et de chasse. Chaque village étaient constitués de quatre clans : les aigles, les loups, les corbeaux et les tueurs de baleines. Chaque clan avait un chef qui dépendait lui-même du chef de village.  Il y avait enfin un chef des villages. A bien y regarder, cela n'est pas sans nous rappeler notre propre système de gouvernement.







La route va se poursuivre en longeant la rivière Skeena, tantôt étroite et tumultueuse, tantôt large et calme. Nous nous rendons bien compte que cela n'est qu'un calme apparant quand on voit la quantité de troncs d'arbres échoués sur ses berges. Entre Terrasse et Prince Ruppert, nous roulerons sur une mince bande asphaltée, coincés entre la rivière et la montagne.

En arrivant à Prince Ruppert, nous filons directement à la compagnie BC Ferrys afin d'y réserver notre place sur le bateau du lendemain matin. mais là c'est la déconvenue!!! Nous avions longuement hésité à faire cette traversée entamant largement notre budget. Mais bon une fois n'est pas coutûme et nous ne sommes pas près de revenir dans le coin. Seulement là le prix demandé ne correspond pas à celui que l'on nous avait donné dans un office du tourisme sur la route. Et voilà notre porte-monnaie qui se met à hurler de douleur au fond de notre poche!!!!! Il faut se faire plaisir mais pas à n'importe quel prix et la route est longue jusqu'à Ushuaïa.

​En parlant de route, nos amis nous attendent dans deux jours à Camplbell River et il nous reste encore ....1400 kms à parcourir !!!! Nous prenons tout de même le temps d'aller jusqu'à Port Edward pour voir les anciennes conserveries de poissons. Et là encore une déconvenue, le site est fermé!!! C'est vraiement pas notre jour. En rebroussant chemin, nous rencontrons un jeune homme qui rammase des baies. Il n'en faut pas moins pour attiser notre curiosité et surtout notre gourmandise. Nous découvrons la saveur acidulée du cassis sauvage et nous ne résistons pas au plaisir d'en rammaser un peu. En fait, ce peu sera un kilo dont nous ferons plusieurs pots de confiture.

En repassant le long de la rivière, nous constatons que le niveau de la Skeena a sensiblement augmenté et nous découvrons même la marée qui remonte très loin le cours de la rivière. La nuit commence à tomber quand nous arrivons à Hazelton, et nous décidons de retourner dormir au bord de la rivière, comme lors de notre premier passage dans ce village.





Notre route pour rejoindre le Port de Horseshoe Bay juste au dessus de Vancouver, va nous faire emprunter à partir de Prince Georges la fameuse Cariboo Hightway. C'est cette route qu'empruntèrent les prospecteurs canadiens et américains en quette de fortune, durant la ruée vers l'or vers 1850. Les premiers chercheurs d'or traversèrent les monts Cariboo à cheval. Puis vinrent les chariots et les dilligences. La route était jalonnée d'auberges permettant à tout ce petit monde de se restaurer et de reposer les chevaux. Puis des villes se sont construites autour de ces haltes routières. On retrouve ainsi des villes portant le nom de 100 Mile House, 75 Mile House, etc...

Jusqu'à Lilooet, nous allons traverser un large plateau où se concentre l'élevage bovin de la province, avec ses cow-boys et ses rodéos. Puis nous allons traverser une zone très montagneuse et surtout très escarpée, passant dans le Canyon Fraser. Cette route est mortelle pour les freins avec des pentes à plus de 18 %. Nous en ferons d'ailleurs les frais, obligés à passer la nuit dans le canyon au bord de la route à cause d'une surchauffe des freins. Nous mettrons 3 jours à parcourir les 1400 kms et prendrons tout de même le temps de faire une petite balade à Whistler, capitale des JO de 2010.

A la fin de ce troisième jour de route nous arrivons à l'embarcadère d'Horseshoe Bay pour prendre le ferry et ainsi rejoindre l'Île de Vancouver. Avant d'embarquer, nous décidons d'aller aux infos. Mais nous voilà pris dans une mauvaise file et nous nous retrouvons à prendre notre billet pour monter dans le ferry. Nous savons qu'il y a souvent de l'attente, mais bon nous sommes jeudi 12/09 et il est 16h30 ; nous nous rassurons en nous disant que ce ne sera pas long!!! Que nenni!!! Nous embarquerons à 21h30!!! Viendra ensuite une traversée d'1h30. Il sera bien tard quand nous accosterons à Nanaimo et nous n'aurons rien vu du paysage durant la traversée. 








ÎLE DE VANCOUVER



Notre visite de l'Île va nous emmener vers le nord jusqu'à Campbell River, puis nous traverserons la forêt pluviale pour aller à Toffino et Ucluelet voir l'Océan Pacifique. Nous rebrousserons ensuite chemin, pour descendre jusqu'à Victoria puis Sidney d'où nous quitterons l'Île pour aller à Vancouver. 

L'île enregistre une pluviométrie de plus de 300 jours par an. Le climat est très changeant même au cours d'une seule journée, alternant entre soleil brouillard et ...pluie. Cela est assez déroutant surtout quand on veut prévoir une balade. l'île possède une faune très présente et nous pouvons déjà le constater en admirant quantité de cerfs et de biches couchés le soir sur les pelouses devant les maisons. Mais ce n'est pas tant cette faune-là que nous sommes venus voir ici. L'île compte la plus grande population d'ours noirs et de grizzlis de tout le Canada et nous comptons bien en voir quelques-uns. 

Après avoir fait le plein de provisions et papoté avec notre famille via skype, nous prenons la route de Campbell River afin de rejoindre nos amis Sylvie et Manu qui nous y attendent. En arrivant à destination, nous allons directement chercher des renseignements à l'office du tourisme et c'est là que nous faisons la connaissance d'un couple de français, Gérard et Sabine, en voyage sur le continent américain depuis déjà 4 ans. Nous sympatisons immédiatement et décidons d'aller visiter le port ensemble. En fait il faut plutôt dire que nos français nous emmènent visiter le port, car ils sont coincés en ville depuis déjà deux semaines à cause d'une panne de moteur sur leur camion. C'est dire qu'ils ont eu le temps de sillonner à pieds la ville et ses environs. Informés de notre désir de voir des ours, et sachant où les trouver, ils nous emmenent ensuite au bord d'une rivière et c'est là que par hasard nous retrouvons nos aigles voyageurs Sylvie et Manu. Et voilà comment on forme une fine équipe!!! 

Nous allons donc passer quatre jours super sympas ensemble, entre visite de l'écloserie de saumons, balade en forêt et ....pas d'ours pour nous deux!!!!  Chaque fois que nous sommes au bord de la rivière où ils viennent manger, ils n'y sont pas!!! 




un ours est passé par là!!!

un cèdre rouge géant

du haut de Elk Falls
avec Sabine et Gérard


Nous apprenons qu'il y a une autre écloserie à Ucluelet et décidons de quitter le groupe afin d'aller voir cela de plus près. Peut-être aurons-nous plus de chance là-bas??? 

Après avoir traversée la forêt pluviale du centre de l'Île, nous faisons halte à Toffino pour aller voir l'Océan Pacifique. Le Paysage est magnifique avec ses pins géants qui bordent la côte escarpée. Par contre, nous trouvons un air des plus surfaits à Toffino et décidons d'aller directement à l'écloserie à l'entrée du petit port d'Ucluelet. Si à Campbell River, elle était située le long de la rivière, ici nous la trouvons à l'entrée d'une petite baie. Des centaines de saumons énormes remontent le courant pour venir ici frayer et se reproduire. La survie de ces espèces étant menacée. Afin d'y remédier, l'état procède à des fécondations en bassins. Pour cela à des dates biens précises, des employés capturent, tuent et prélèvent les oeufs des femelles, prélèvent la laitance des mâles et procèdent à une fécondation artificielle en bassin. Cela peut paraître barbare, mais il faut savoir que ces saumons ne remonte qu'une seule fois pour frayer et meurent très rapidement une fois la fraie naturelle effectuée. 

L'ours noir est le premier prédateur des saumons qui représentent une nourriture facile et abondante pour lui. Malgré cela, l'écloserie n'empêche aucunement ces gros nounours de venir se nourrir. A notre arrivée nous avons tout de suite la chance de voir une maman et ses deux petits venir se rassasier à quelques mètres de nous. Puis ce sera le tour de plusieurs gros males.  Nous décidons de rester dormir devant l'écloserie et durant toute la nuit, nous entendrons ces grosses peluches tourner autour de Nono. mais bon pas question de les prendre dans le lit!!!! Nous aurons même du mal à sortir Sylia de sa coquille,  d'une part parceque l'odeur des ours l'effraie un peu et d'autre part ,les regarder manger des saumons c'est bien mais les voir dévorer notre mascotte, non, pas question!!!

Nous sommes mercredi soir et nous apprenons par les employés des lieux qu'un prélèvement est programmé pour samedi. En attendant, nous partons nous installer à Ucluelet. Nous en profitons pour faire la rando du Wild Pacific trail, une balade de plus de 12 kms qui va nous emmener sur un chemin surplombant le Pacifique. Le temps est magnifique et la vue superbe. Malheureusement dans la nuit le temps se gâte et vire à une pluie diluvienne tout le vendredi. La piste qui descend à l'écloserie est difficile et nous décidons de jouer la prudence et de ne pas y retourner. 








Bien nous en a pris car sur la route du retour vers Port Alberni, Nono se met à toussoter de plus en plus fort. Les derniers 60 kms sont un vrai calvaire. Tous les 2, voir 5 km, nous sommes obligés de nous arrêter. En fait, seuls 3 injecteurs sur 4 fonctionnent. Nous parvenons tant bien que mal à Port Alberni et allons directement au Canadian Tire, qui ne pouvant rien faire nous envoie vers un magasin de RV (camping-car). Nous savons déjà que le problème vient de la connexion d'injecteur n°4 mais là aussi on ne peut rien pour nous. De plus n'oublions pas que nous sommes samedi!!! Malgré cela, le magasin nous envoie en dernier recours dans un garage spécialisé dans les moteurs diésel. C'est là que nous rencontrerons Joe, un super diéséliste qui essaie de bricoler le connecteur afin de nous permettre de rejoindre le continent. Malheureusement, comme nous le prévoyions cela ne tient pas et nous devons changer la pièce.

Le lundi nous appelons SUPER DAVID, à Pontivy qui confirme le diagnostique. Et c'est là que l'opération DEPANNAGE va démarrer. David nous fabrique non pas un mais quatre connecteurs (on ne sait jamais!!!), nous les expédie via TNT, et sur place SUPER JOE receptionne le colis et nous répare notre coquille. Jusqu'ici tout se passe mieux qu'espéré et surtout mieux que pour nos amis coincés depuis 3 semaines à Campbell River!!! Et bien non pour nous ce sera tout de même 2 semaines, entre le transporteur qui perd la facture et les douanes françaises qui traînent à débloquer le colis.

Deux semaines c'est long quand on ne peut pas rouler et surtout quand il pleut pratiquement 24h sur 24. Au début, nous partons nous installer près du Canadian Tire, afin d'être le plus près possible des commerces et des bus. Mais au bout de quelques jours de pluie, le panneau solaire n'arrive plus à assurer notre besoin en énergie. Les rhumes font leur apparition et nous décidons d'aller nous instraller au camping le plus proche. Ce serait presque le paradis : électricité, douches chaudes, machines à laver et internet!!! Mais croyez nous, quand enfin la pièce est arrivée et que Nono a été réparé, on n'a pas demandé notre reste et on a filé direction Victoria!!!




Harbour Quai - Port Alberni
l'horloge d'Harbour Quai - Campbell River

Harbour Quai - Campbell River
Nono entre les mains de Joe
pour les véhicules Canadiens c'est tout autre !

notre bivouac au Canadian Tire
le Mont Arrowsmith



Quand enfin sur la route du littoral qui descend à Victoria, nous retrouvons le soleil, c'est comme une grande bouffée d'air pur. On avait presque oublié les couleurs de la nature tellement nous avions vécu dans la grisaille pendant deux semaines. Nous faisons une halte bivouac dans la petite ville de Chemainus et les fresques murales qui en ornent la plupart des maisons de la vieille ville finissent par nous redonner le morale et la pêche.

Afin de redonner vie à ce village de bûcherons, situé dans le détroit de Géorgie, les vieux bâtiments ont été restaurés et l'histoire des lieux peinte sur les murs. Aujourd'hui, une quarantaine de fresques réalisées par des artistes nord-américains, sont éparpillées dans tout le village racontant ainsi des scènes de la vie locale et industrielle passée.

Le lendemain nous faisons encore une halte à Duncan pour aller voir les totems qui agrémentent cette fois-ci les rues de cette petite bourgade. Comme pour la visite de Chemainus, il est difficile de ne pas trouver tous ces emblêmes, il suffit de suivre les pas peints sur les trottoirs pour nous guider.









Victoria, capitale de la Colombie Britanique, aux allures très british nous donne un peu l'impression d'être retourner en Nouvelle-Ecosse, à Lunenburg. Elle est un peu comme du champagne grand cru, à la fois très classe et guindée avec ces retraités aisés qui se promènent le long de la marina, mais aussi très pétillante et luffoque avec ses jeunes extravertis et ses aristes de tous genres qui animent les rues et les quais. Même l'architecture jous dans les extrèmes avec d'un côté la l'austérité des façades de son Parlement, le chic victorien de son Fairmont Empress Hôtel et l'ambiance décontractée de son Fisherman's wharf, pittoresque petit village de "houseboats". 

Il fait un temps superbe à Victoria et inutile de préciser que c'est ce dernier lieu que nous avons préféré, surout après deux semaines enfermés dans Nono!!! Ce quai comporte une trentaine de maisons flottantes toutes habitées à l'année , ainsi que plusieurs Fish & chips servant du poissons frais. L'ambiance décontractée et pour en rajouter les phoques qui viennent mendier des restes de poissons pour la plus grande joies des enfants, font que la plupart des touristes passent plus de temps ici qu'autour des momuments historiques de la ville.





le Parlement

le Fairmont Empress Hôtel



à Fisherman's Wharf



Lors de notre passage sur l'île, nous nous étions comportés comme des bleus pour prendre le ferry et nous n'avons pas l'intention de repasser 4h à attendre d'embarquer pour le retour sur le continent. Nous passons donc à l'office du tourisme de Victoria, afin de réserver notre place pour le lendemain matin 11h au départ de Schawrs Bay à la pointe de Sidney. L'embarquement se faisant une heure plus tôt, nous passerons notre dernière nuit sur l'île là-bas afin de ne pas avoir trop de route à faire le matin. La traversée se fera sous le soleil et nous pourrons enfin profiter du paysage à travers le détroit de Georgia.

Il ne faut qu'1h30 pour traverser le golf et arriver à Tsawassen,  à 60kms en dessous de Vancouver. Mais voilà en atteignant le centre ville de Vancouver, le mauvais temps fait son apparition. Nous décidons de traverser la ville sans nous y arrêter afin d'aller profiter un peu du Parc Stanley sans trop de pluie. 







Le Parc Stanley, véritable poumon aux abords de la ville, s'étend sur 400 ha. Il abrite une forêt de pins géants et une faune sauvage que l'on peut apercevoir en empruntant des sentiers de randonnées. On y trouve aussi l'aquarium de Vancouver et un lieu dédié aux amérindiens avec des sculptures et des totems. Mais surtout il offre un superbe panorama sur le centre ville et ses buildings, mais aussi sur le Lion's Gate Bridge et la Baie. Tout est fait ici pour parcourir les lieux à pieds ou à vélo et cela doit être fort agréable. Mais vu le temps pluvieux qui nous accompage, nous n'auront d'autrre choix de le faire bien à l'abri dans notre coquille.

Le soir nous partons nous installer à North Vancouver de l'autre côté de la baie afin de pouvoir profiter les couleurs de la ville qui s'illumine pour la nuit. Vancouver est très bien desservie en transports en communs, avec son métro, ses lignes de bus mais aussi son Seabus, service de navettes maritimes qui permet de joindre les deux rives en quelques minutes. Pour nous c'est l'idéal. Après une balade "chien" le long des berges, nous pouvons laisser Nono et Sylia ( pas faite pour la foule!!!) à l'embarcadère pour aller visiter la ville. Nous avons décidé de surtout concentrer notre visite sur les quartiers de Chinatown et de Gastown, lieu de naissance de Vancouver, il y a 130 ans.





Vancouver vu depuis le Parc Stanley

vancouver vu depuis le Parc Stanley
Vancouver vu depuis le Parc Stanley
Vancouver by night

Arrivée à Vancouver par le SeaBus




Nous sentons bien que l'automne est définitivement installé. Les arbres ont revêtu leurs couleurs d'Haloween et malgré le beau temps enfin revenu, le temps reste frisquet. Le soleil a du mal à descendre aux pieds des monstres de verre et pour gagner un peu de chaleur, nous débutons notre visite par le quartier de Chinatown. D'emblée, nous sommes conquis par  son Parc du Dr Sun Yat-Sen,  reconstitution fidèle d'un jardin de la dynastie Min, mais aussi ses échopes de produits chinois, et ses restaurants auxquels nous ne pourrons résister.







Pour rejoindre le Quartier de Gastown, nous n'avons d'autre choix que de traverser East Hastings Street, surnommée Skid Row (les bas fonds), un quartier sordide où les toxicos et autres dépendants errent commes des fantômes. Après chinatown, c'est la douche glaciale et le quartier porte bien son nom. Ce qui nous frappe surtout c'est que ce fléau touche une population de plus en plus jeune. mais cette misère ne s'arrête pas qu'à ces quelques rues et nous verrons durant notre passage dans d'autre lieux de Vancouver, un nombre inqiétant de sans abris couchés au pieds des buildings et es grands magasins de luxe.

Gastown est le lieu de naissance de Vancouver. Ce quartier tire son nom d'un cabaretier anglais "Gassy" Jack Deighton, qui compris très vite l'intérêt d'ouvrir un bar à proximité des docks. N'ayant pas un sou en poche, il passe un accord avec les ouvriers de la scierie voisine : ils construisent son établissement en échange de tout le whisky qu'ils réussissent à ingurgiter en une seule journée. son surnom Gassy Jack, "le bavard" vient du fait qu'il était très doué pour entortiller son interlocuteur.

C'était avant 1970 un quartier d'entrepôts au bord de la destruction. Un programme de réhabilitation lui a redonné vie d'une manière plus ou moins cossue mais surtout très artificielle à notre goût. Pris entre Chinatown, la mer et le quartier des affaires, Gastown abrite maintenant des restos branchés et des magasins de luxe, où se retrouve la "bonne société".





les anciens entrepots de Gastown

​l'horloge à vapeur de Gastown
Harbour Centre Tower




​Puis dans un élan de courage, nous décidons de traverser la ville à pied pour ensuite récupérer un bus qui va nous emmener à Jericho Beach au sud de Vancouver. De là nous avons une autre superbe vue sur la ville, le parc Stanley et la péninsule. En fin de journée nous reprenons le bateau afin de retrouver à North Vancouver notre coquille et surtou Sylia qui nous y attend patiemment. 

Nous avons beaucoup aimé Vancouver, à la fois très conservatrice et très jeune. Nous y avons découvert des extrêmes auxquels nous n'étions pas habitués de la sorte, surtout au Canada. Si les contrées reculées du pays semblent avoir apparemment un bon niveau de vie, il en est tout autre dans les grandes métropoles surtout sur la côte ouest. 






l'Hôtel Fairmont
Vancouver depuis Jericho Beach
North Vancouver depuis le SeaBus




C'est ici que s'achève notre virée au Canada. Nous avons aimé ce pays tout en contraste, pour ses lacs, ses espaces vierges et sauvages, sa faune très préente, mais aussi pour ses grandes métropoles toutes aussi différentes les unes des autres, sachant lier le passé et le présent. Même s'il a un passé très récent, pour nous européens venant d'un continent au patrimoine historique très riche et très ancien, ce pays sait mettre en valeur avec respect ses racines acadiennes à l'est et amérindiennes au centre et à l'ouest. 

Nous y avons toujours rencontré un accueil chaleureux, souvent curieux de notre aventure. Nous regrettons cependant de n'avoir pas pu approfondir les contacts, sûrement parce que nous ne restions pas assez longtemps au même endroit. Nous avons beaucoup apprécié la courtoisie exemplaire des conducteurs canadiens qui nous ont même envoyé des mails pour nous signaler gentiment nos petites erreurs de conduite en ville afin d'éviter des amendes. Et surtout, nous ne remercierons jamais assez ces commerçants et artisans qui nous ont aidés tout au long de ce périple canadien en particulier lors de notre panne à Port Alberni.



Nous fermons ici notre volet canadien pour en ouvrir un autre tou aussi riche...







​La suite c'est ici : ​​​​LES ETATS-UNIS