De Punta Arenas à Torres del Paine




du 19/11 au 03/12/2017
15 jours - 685 kms



Le 19/11/17, après 2h30 de  traversée depuis Porvenir en Terre de Feu  sous un ciel chargé et avec un peu de vent, nous débarquons à Punta Arena. Nous avons rendez-vous avec les Briffaut Quest qui sont actuellement en ville, chez Victor un chilien qui a transformé son terrain en aire d’accueil pour voyageurs. Ce bivouac sera idéal pour nous, proche du centre-ville et surtout bien situé pour rayonner dans la région. Cela nous permettra aussi de passer de bons moments avec nos amis : balade en ville et visite du musée régional Maggiorino Borgatallo (même s'il ne nous laissera pas un souvenir impérissable) et surtout belles soirées à parler voyages et projets.



Vive le kiosko Roca et ses minisandwichs chorizo/queso !!!

La Casa Sara Braun Menéndez




Punta Arenas, grand port militaire et commercial, selon les guides touristiques, offre un interêt limité, celui de rejoindre la Terre de Feu ou encore  le Parc National Torres del Paine. Pour nous ce sera une escale très agréable. Nous avons beaucoup aimé déambuler dans ses rues, admirer  ses maisons « Magellanes » qui côtoient son architecture de la fin du XIXème s. Tout comme nous n’avons pas pu résister aux fameux minisandwichs au chorizo et quezo du Kiosko Roca. Ce lieu ne désemplit plus depuis que la Présidente du Chili a craqué pour cette spécialité de la maison.




 Chaque jour,  des  dizaines de touristes chiliens viennent Plaza de Armas Muñoz Gamero pour  toucher et embrasser le pied de l'Indien, qui soit disant porte chance.



Maison typique Magallanes

La Cathédrale de Punta Arenas

Hommage à Christophe Colomb




Il fait beau et nous décidons de partir au bout  de cette terre qui fut longtemps très convoitée par de nombreux explorateurs. Par une route agréable qui longe la côte, nous atteignons le Parque del Estrecho de Magallanes à  60km au sud de Punta Arenas.  Au sommet du mont Santa Anna, le Fuerte Bulnes, reconstitué à l'identique,  offre une jolie balade et un retour sur l’histoire de ces hommes et femmes qui ont essayé avec insuccès de vivre sur ces terres inhospitalières.






De nombreuses années auparavant, le navigateur Hernando de Magallanes  découvrit le passage entre les deux océans qui porte aujourd'hui son nom. Dès lors, des noms comme Drake, Cavendish, Sharp, Davis et Strong sont apparus, des personnages qui traversaient la région pour leur propre bénéfice et celui des couronnes royales pour lesquelles ils travaillaient.






L’histoire  indique qu'en 1584 le capitaine espagnol Sarmiento de Gamboa  fondat à cet endroit un bastion espagnol du nom de Puerto Hambre à la demande du Roi Don Felipe. Cette colonie eut une fin tragique,  en raison du manque d'eau et de nourriture et poussé par le climat inhospitalier, ses habitants sont  en grande partie morts de faim.





En mai 1843, une expédition qui avait navigué de l'île de Chiloé commandée par le capitaine Juan Williams arriva pour prendre possession du détroit de Magellan. En octobre de la même année, Williams fonda une fortification sur la colline rocheuse de Santa Ana et la nomma Bulnes, nom de famille du président du Chili qui avait demandé cette mission. Le bâtiment fut construit avec du bois provenant des forêts de l'endroit.  Son but était d'aliéner les étrangers qui estimaient avoir des droits sur cette terre. Malheureusement ces terres étaient toujours aussi « hostiles »  et face à la situation de misère dans laquelle ils vivaient,  en 1848  ses habitants migrèrent et créèrent l'actuelle Punta Arenas.







​Outre la visite du fort, un sentier longeant la côte, permet d'admirer les montagnes enneigées de la Terre de Feu et surtout de mieux comprendre l'isolement et la dureté du climat que devaient endurer les habitants de Fuerte Bulnes.





Avant de quitter Punta Arenas, il nous reste une visite « immanquable » selon les locaux !!! Aussi bizarre que cela puisse paraître, un des lieux les plus visités de la ville reste le Cementerio !!! Avec ses longues allées ombragées, ses mausolées de la grande bourgeoisie chilienne, ses tombes d’enfants très colorées, ce lieu est vraiment surprenant.

Le cimetière de Punta Arenas,  de son nom officiel Cementerio Municipal Sara Braun,  est le lieu de sépulture de nombreux personnages riches et célèbres de la ville. On y trouve également plusieurs tombes de marins et d'immigrants ayant marqué l'histoire locale. 





Fondé en 1894, le cimetière compte aujourd'hui diverses chapelles clôturées, des cryptes finement sculptées, de somptueux mausolées et de modestes pierres tombales. Le grand portail, offert en 1919 par Sara Braun, la riche femme du pionnier et éleveur de mouton José Nogueira reste aujourd’hui fermé et l'entrée du cimetière se fait par une porte située sur le côté. En effet, selon la légende, Mme Braun a exigé d'être la seule personne à passer par le portail après sa mort.​






Les tombes les plus célèbres appartiennent à des membres de l'aristocratie comme Sara Braun et l'homme d'affaires espagnol José Menéndez (mausolée noir sur la photo) ou des corporations de tous les pays comme celles des pompiers ou encore des sauveteurs en mer. Des derniers indiens Onas à Doña Sara Braun en passant par le monument de l’indien inconnu que des fidèles viennent par centaines honorer, sans nous en rendre compte, nous avons passé plus d’une heure à visiter ce lieu pourtant si insolite.




​Mais ce n'est pas le tout, le voyage continue !!! Et toujours plus vers le nord !!! Nous reprenons la route en direction d'une autre grande ville de cette belle région , Puerto Natales.

A la différence de Punta Arenas, elle ressemble plutôt à une grosse bourgade accueillant les randonneurs en escale avant ou après la visite du Parc National Torres del Paine.





Au bord du Canal Señoret, entre le Golfe Almirante Montt et le fjord Última Esperanza, le site fut découvert en 1557 par le navigateur espagnol Juan Ladrillero lors de son exploration vers le Détroit de Magellan. Il faudra attendre 1830 avant que le HMS Beagle, une frégate anglaise commandée par Robert Fitz Roy et sur laquelle se trouvait Charles Darwin, ne redécouvre les lieux.

Plusieurs expéditions scientifiques furent organisées, par la suite, jusqu'à ce que le Gouverneur de la région, Manuel Señoret, autorise la colonisation des lieux par des allemands en 1893, à la demande de l'explorateur Hermann Eberhardt. C'est d'ailleurs aux allemands Ernst von Heinz et Kurt Meyer que l'on doit le nom de la ville de Natales car les lieux furent aperçus le 24 décembre 1894 et baptisés "Natalis" lors d'une de leurs explorations.





Avant l'arrivée des colons les indiens Tehuelches vivaient sur ces terres où ils chassaient et pêchaient dans les canaux de Patagonie. Les nouveaux colonisateurs allaient y développer l'élevage ovin et bovin. En raison de sa situation stratégique, un décret fut signé en 1906 pour y créer une cité et Puerto Natales fut fondée officiellement le 31 mai 1911.


 des fresques murales racontent l'histoire des indiens Tehuelches




Aujourd'hui l'élevage, la pêche et la récolte des fruits de mer jouent toujours un grand rôle dans l'économie de Puerto Natales, mais grâce à sa proximité avec des sites magnifiques comme le Parc National Torres del Paine ou des curiosités naturelles comme la Grotte du Mylodon, la petite ville perdue au fond des fjords de la Patagonie chilienne est devenue un des hauts lieux du tourisme au Chili.






Pour notre part, la météo peu clémente pour la visite du Parc Torres del Paine, va nous amener à rester une semaine à Puerto Natales. Bien installés au camping Guino, lieu de rendez-vous des backpakers de tous horizons,, entre séances de cuisine, balades en ville et longues soirées entre "jeunes", nous n'allons pas voir le temps passer. Nous y retrouverons 3 jeunes Pontivyens - le monde est vraiment tout petit - partis se faire les mollets à vélo sur les routes sud-américaines. Et bien entendu, ce sera soirée crêpes et caramel au beurre salé, et cela tombe bien il nous reste une bouteille de cidre bouché!!!






Tout comme nous ferons la connaissance de Marine et Arnaud, partis en stop de la Guyanne depuis un an. Notre jeune baroudeuse bretonne - et oui encore une !!! - prendra même le temps de nous confectionner des bracelets et des colliers brésiliens. Une très belle rencontre qui nous le savons ne s'arrêtera pas là car nous retrouverons Marine en Bretagne à notre retour.







Le beau temps revient et il est temps pour nous d'aller faire un peu d'exercices !!! En route pour le Parque Nacional Torres del Paine !!! L'entrée sud du parc est située à 115km de Puerto Natales. Pas ou peu d'habitations, seul le village de Cerro Castillo permet une dernière halte avant d'entamer la piste qui y mène. Et là, le spectacle commence !!!



Vue sur le parc et le Lago Toro


D'une surface de 181 414 hectares (ou 242 242 ha selon les sources), le parc est créé le 13 mai 1959. Il est déclaré réserve de biosphère, le 28 avril 1978 par l'UNESCO. Sa principale fonction est la conservation des paysages, des écosystèmes, des espèces et de la diversité génétique du massif del Paine. Il tient son nom de trois formations granitiques emblématiques du massif del Paine : les Torres (Tours) del Paine. Avec ses montagnes, ses glaciers, ses vallées, ses étangs et se grands lacs, le parc est connu mondialement auprès des amateurs de randonnées et de grands espaces.

Plusieurs circuits permettent de faire de belles randonnées dans le parc. La plus célèbre est le circuit Paine W qui sur un trek de 4 à 5 jours mènent jusqu’au pied des Torres del Paine.  Cela demande une bonne condition physique et surtout une grosse préparation comme la réservation des refuges et surtout du matériel que nous n’avons pas. Cela ne va pas nous empêcher de passer une semaine dans le parc en faisant des randos à la journée ou  en profitant simplement de la beauté des lieux. Nous aurons même la surprise de voir arriver les Globe Trotters du Doubs, suivis de près par les Mamatoch !!! Belle balade aux Torres avec les uns et bonne soirée tous ensemble.



le Lago Grey


Le massif du Paine fait environ 24km de long sur 13 de large.  On peut admirer plusieurs glaciers dans le parc, Le plus grand est le Grey qui se déverse dans le lac du même nom. L’une des caractéristiques des sommets du massif est leur différence de couleur : clair au centre et foncée à la base et au sommet. Cette curiosité s’explique par la géomorphologie du Paine : il y a 12 millions d’années, une couche de magma s’est formée au cœur des couches sédimentaires.

Notre premier bivouac se fera au parking du Lago Grey, où nous pourrons apprécier la force du vent qui souffle dans le parc !!! Celui-ci n'aura pas faibli d'ailleurs lors de la balade jusqu'au mirador qui permet d'avoir une vue sur le glacier !!!



tout au fond le glacier Grey


Puis nous prendrons la route qui traverse le parc pour aller poser notre coquille à Puerto Pudeto au bord du Lago Pehoé. Ici un catamaran permet de rejoindre les bords du Lago Grey et de faire une rando jusqu'au pied du glacier. Trop cher à notre goût, surtout que le catamaran et en panne et que pour maintenir la traversée, tout le monde s'entasse sur un petit ferry pas plus grand qu'une coquille de noix !!! 

La piste qui mène à Puerto Pudeto serpente et joue aux montagnes russes en nous régalant de ses plus beaux panoramas. Chaque point de vue fait l'objet d'une halte et surtout d'une photo !!!


le Lago Pehoé



Nous allons rester deux jours sur notre parking, et ce sera l'occasion de faire la rando qui mène au bord du Lago Nordenskjöld et surtout au pied des Cuernos del Paine, si caractéristiques par leurs couleurs.



les Cuernos del Paine



Pour notre dernière étape dans le parc, nous choisissons d'aller au centre d'information du Torres situé à côté de l'hôtel Las Torres. Un grand parking permet de bivouaquer au plus près du sentier de randonnée et surtout d'avoir de l'eau et des toilettes. Nous faisons une petite balade d'échauffement et programmons notre rando aux Torres (4h) pour le lendemain. Et c'est là que nous voyons arriver un grand camping-car français d'où des têtes sortent en criant "ils sont là les Naya EBT !!!"  Nous n'avons pas revu les Globes Trotters du Doubs depuis le Paraguay, alors inutile de vous dire la joie des retrouvailles. 



Les Torres del Paine




Et c'est ainsi que le lendemain, ce ne sont pas quatre pieds mais 12 qui s'attaquent à la grimpette. Mais voilà, on parle beaucoup, le sentier est difficile surtout pour les petits pieds !!! Le temps se couvre et encapuchonne les Tours. On hésite, on pèse le pour et surtout le contre et on décide de rebrousser chemin. Ne dit-on pas que la sagesse est mère de la sureté !!!




C'est épuisés et contents surtout de l'exploit de nos petits chamois que nous retrouvons nos coquilles. Et que ne voit-on pas arrivés ??? Les Mamatoch !!! L'équipe est au complet : les enfants heureux de jouer ensemble, les parents de se raconter les dernières anecdotes... l'apéro peut commencer !!!



 et en prime, nous aurons droit à un magnifique coucher de soleil sur les Torres !!!

le Lago Sarmiento

vue sur le Parc et le Lago del Toro 


Le lendemain sonnera l'heure du départ et des séparations​, nos amis partant vers le sud et Ushuaia et nous plus au nord en Argentine et une autre merveille de la nature. Mais là c'est un autre chapitre de notre voyage qui s'ouvre et il va falloir attendre un peu pour en connaître l'histoire.





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